24.06.2009
Mots de l’année 3 - Mots de novembre

Joseph Mallord William Turner
Le 4 novembre
Les six premiers mois passèrent très vite.
Pour se familiariser avec la maison, Arthur
commençait un travail assez opérationnel
qui était l’organisation quotidienne
du planning des cours et formations.
C’était le nerf de la guerre et Arthur
avait ainsi des contacts très fréquents
avec les équipes pédagogiques.
Le centre existait depuis très peu de temps
et avait grandi très vite.
Il était passé en cinq ans d’une vingtaine
à presque cent salariés.
Ce qui introduisait une dichotomie entre l’état
d’esprit des membres de la direction, qui
donnaient l’impression de travailler en famille,
et celui du personnel.
Les membres du personnel
se considéraient comme des salariés,
avec beaucoup de droits
et un minimum de devoirs.
Le 12 novembre
Arthur se passionna rapidement pour le travail
qui était fait dans la maison.
Mais il comprit aussi très rapidement que les
enseignants n’admettraient en aucune façon
que les administratifs mettent le nez,
dans le contenu de leur travail.
La prise de conscience de ce racisme
professionnel le chagrina profondément,
et à partir de ce moment là, il passa
d’avantage de temps dans son bureau,
à travailler sur des dossiers administratifs.
Le 18 novembre
Arthur était content de lui,
il avait l’impression d’avoir fait du bon travail.
Notamment sur l’épineux problème
de la modification du temps de travail.
Ca n’avait pas été simple du tout de faire
comprendre aux professeurs travaillant vint
cinq heures par semaine qu’ils n’étaient pas
des ouvriers travaillant en usine,
leurs quarante-deux ou quarante-trois heures.
De plus, les réunions avec le Directeur
étaient assez comiques.
Un jour, avant une Assemblée Générale du
Personnel, Arthur et lui, s’étaient mis d’accord
sur la marche à suivre et avaient ajusté leur position au poil près.
Le lendemain, devant tout le personnel,
le Directeur dit exactement le contraire,
cédant à la pression des salariés.
Et, le surlendemain, le même directeur,
était capable de soutenir
qu’il n’avait jamais dit des choses pareilles.
Arthur trouvait ça remarquable,
d’autant plus que dans la plupart des cas,
ça marchait.
Pas sérieux, mais efficace !
22:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots d'octobre

Le 27 octobre
Comme Arthur avait une bonne formation
et qu’il possédait bien le droit du travail,
il n’eut pas de peine à trouver
immédiatement un autre job.
Le 1er novembre, il se retrouva Directeur
du personnel d’un centre de formation
professionnelle. Au premier abord,
le boulot promettait d’être intéressant.
L’organisme comprenait cent salariés,
donc restait à une échelle très humaine
et puis, il s’était toujours intéressé
aux problèmes éducatifs, pédagogiques
et de formation en général.
Géographiquement, ce n’était pas l’aventure,
puisqu’il était parti du quartier de la Bourse,
pour se retrouver aux Halles.
Arthur aimait bien le changement
et il était content de découvrir
un nouveau quartier de Paris.
Encore une fois,
Arthur était plein d’espoir.
Il allait travailler avec des gens
intelligents et cultivés,
ce qui allait le changer.
Dès son premier entretien
avec le directeur du Centre,
il avait réussi à parler des Surréalistes,
ce qui pour Arthur était un test essentiel.
10.5.05 10:13 3 Commentaires
Eole (12.5.05 15:24)
Arthur a eu de la chance de tomber sur un esprit ouvert!
LPSP (12.5.05 16:27)
Oui et c'est un luxe aujourd'hui de tester ses futurs employeurs pour les sélectionner!
Et toi, tu leur a mis le feu aux entreteneurs (cherche pas, c'est nouveau).
Ciao, ciao.
Eole (13.5.05 09:59)
Oui, la communication ça marche dans les deux sens, et j'adore découvrir les nouveaux entreteneurs, comme tu dis, et éprouver de quel bois ils se chauffent, ha ha.
21:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots de septembre

Une sculpture dans une galerie à Bruges, en aout 2007
Le 1er septembre
En septembre, Arthur regretta
de ne pas avoir pris de vacances,
sa lassitude était extrême,
et, il acquis la certitude
qu’il allait bientôt quitter son job.
Il avait espéré que l’absence du Chef
lui aurait permis de se mettre en valeur
mais il n’était pas assez reptile,
ne sachant ni ramper, ni siffler,
pour arriver à ses fins.
Avant de partir, il joua quand même
un bon tour au Chef.
Peu après son engagement,
celui-ci lui avait désigné un ennemi à abattre,
une femme d’une cinquantaine d’années,
cadre, qu’Arthur devait enfoncer
et reléguer dans les bas fonds.
Elle était soi-disant nuisible.
Arthur avait bien essayé au début,
mais le cœur n’y était pas et ça le dégoûtait.
Aussi, après une période de paix relative,
il en était même arrivé,
à trouver des terrains d’entente avec elle
et, à la fin, ils étaient devenus inséparables.
Le Chef grinçait des dents quand il les voyait ensemble.
Le 15 septembre
Arthur résolut de donner sa démission
en Décembre.
Les derniers mois furent très pénibles,
d’autant plus que, parmi le nombreux
personnel féminin,
une dingue s’était amourachée de lui.
Elle le faisait chanter,
en menaçant à tout bout de champ,
de faire du scandale.
Pour Arthur qui était Chef du Personnel,
la situation était on ne peut plus critique.
Il rasait les murs et s’enfermait
dans son bureau, dès qu’il pouvait.
Enfin, le jour tant attendu arriva,
il échappa au pot de départ
et au traditionnel cadeau.
Il fit des adieux chaleureux au coursier,
la seule personne qu’il trouvait respectable
dans cette maison.
Il avait rangé ses affaires et finissait ses adieux
à une des vipères de la Direction,
quand le téléphone sonna.
La vieille fille lui passa le combiné
en lui jetant un regard noir :
« C’est pour vous !
- Merci » dit Arthur distraitement.
Au début, il ne comprit pas tout de suite
qui c’était, mais quand il reconnut la voix
de la dingue, il bafouilla :
« Non, vous faites erreur, Madame. »
Il raccrocha précipitamment,
tout en transpirant à grosses gouttes.
Là-dessus, il partit sur les chapeaux de roue,
dévala l’escalier,
et commença à apprécier sa liberté,
dans le métro qui le ramenait à la maison.
19:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots de juin

Mélancolie par Mikio Watanabe
Le 5 juin
Arthur était descendu.
Il avait trouvé une petite gare,
un peu désuète.
Il avait trouvé une route
avec quatre ou cinq maisons
et un café.
Des mésanges chantaient,
à moins que ce ne soient des moineaux
des champs.
Arthur ressentit une agréable
et pleine sensation de solitude.
Il faisait beau,
Il se sentait bien.
Il traversa la route
et alla prendre un café
dans l’établissement unique.
Il attendit un quart d’heure,
puis Agathe arriva, rayonnante,
conduisant une grosse Jeep blanche.
Elle était heureuse de pouvoir rassembler
tous ses hommes.
Le 6 juin
Le week end passa.
Arthur se montra très serviable,
très coopératif, à son habitude.
Il se sentait un peu chez lui,
et n’avait aucune peine
à s’isoler dans la campagne
pour bouquiner et observer la nature
qui l’hypnotisait toujours.
L’été finissait en douceur.
Arthur s’habitua à passer
des week ends solitaires,
dans le petit studio.
Parfois, une amie le rejoignait,
mais souvent il écartait les importuns.
Il préservait son domaine.
Il aimait bien parler tout seul.
Toutes les filles qu’il fréquentait
avaient une idée fixe,
qu’il se sépare d’Agathe.
Elles n’avaient rien compris, se disait Arthur.
Le plus souvent,
c’étaient des week ends de mélancolie,
de vide, de projets et de travail ménager.
18:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots de mai

Yellow Scarf par Saul Leiter en 1956
Le 2 mai
Dans une période où le chômage devenait une constante,
le personnel de la société serrait les fesses.
Quand Arthur parla du Comité d’entreprise,
il ne reçut que des réponses très évasives à ses questions.
Et puis, il comprit que le règne de la terreur
avait fini par conduire ces bonnes brebis
à s’autocensurer et à renoncer
à toute élection de représentant du personnel.
Le pire moment de la journée devint rapidement
l’heure du repas qui était pris dans un réfectoire
où la Direction trônait sur une grande table
sans qu’il puisse y avoir d’échange avec le personnel.
Arthur avait compris tout de suite
qu’il eut été indécent
de prendre ses repas à l’extérieur
et il se sentait ainsi, réquisitionné, tous les jours.
Le 7 mai
Dans les débuts, Arthur travaillait beaucoup
et il pensait qu’il faisait du bon boulot.
Cependant, tous les rapports, toutes les études
qu’il présentait, n’étaient pas appréciées par son Directeur
qui avait la haute main sur tout le courrier
qui ne sortait jamais de l’entreprise
sans avoir été corrigé deux ou trois fois de sa main.
Le printemps passa ainsi,
avec des feuilles et du soleil sur les trottoirs.
Les terrasses des cafés étaient aussi pleines,
mais Arthur se posait sérieusement des questions.
Dans sa tête s’opposaient le oui et le non,
le pour et le contre,
la question primordiale était :
combien de temps ?
Tenir, durer, raccourcir la présence par autre chose, ailleurs.
Justement, le point faible c’est qu’il n’y avait plus d’ailleurs.
Arthur n’écrivait plus, il sortait
presque tous les soirs avec Agathe et des copains.
De la fatigue artificielle,
pour nourrir un corps sans dessein.
Cette année là,
Agathe prit ses vacances en Août.
Pedro avait une maison de campagne
qui était un bungalow au bord d’un lac,
à une vingtaine de kilomètres de Paris
et Agathe y passait le plus clair de son temps.
Parfois, en fin de semaine,
Arthur partait la rejoindre.
En fait, il changeait d’air,
accompagné de sa mélancolie
qui lui paressait bien douce
à côté de son univers de travail sordide.
16:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots d'avril

Felix Valloton 1865 - 1925
Le 4 avril
Moins d’une semaine plus tard,
Arthur fut convoqué de nouveau
par le même cabinet de recrutement,
il eut droit aux tests et à l’entretien.
Quelques jours passèrent
et il apprit que sa candidature était retenue.
Dans cette même période,
Arthur venait de se voir proposer
une place tout aussi intéressante,
dans une société d’informatique.
Mais, comme il avait été introduit par piston,
cela lui déplaisait un peu,
aussi, il accepta l’invitation du Directeur de la Caisse
à un rendez-vous dans ses murs.
Le jour dit, Arthur se trouva en présence d’un homme,
assez corpulent, presque chauve, la cinquantaine aimable
mais le sourire de l’homme était forcé,
ce qu’Arthur mis sur le compte d’une certaine timidité.
Ils parlèrent de gros sous
et Arthur était finalement assez content,
il s’en sortait assez bien.
Ensuite, le Directeur lui annonça qu’il allait rencontrer
les cadres de l’entreprise.
Arthur suivit son Directeur à travers des couloirs,
ils changèrent d’étage.
Et, Arthur lors de cette première prise de contact
ne remarqua rien de singulier,
à ce détail près, que le chef
ne saluait pas les employés qu’ils rencontraient.
Ils arrivèrent dans une grande salle,
pompeusement arrangée
et s’assirent sagement,
comme de bonnes sardines sans huile.
Là, Arthur éprouva son premier choc.
Pour lui, un cadre, c’était quelque chose qui se tenait,
mais là, il était cerné par une majorité de femmes
dont le style allait de la marchande de poissons
à la vieille fille desséchée.
Arthur enregistra et absorba tout cela,
comme tout ce qui suivit.
C’était son premier poste important,
son premier vrai travail avec des responsabilités
et il avait à cœur de mériter
le bon salaire qui lui était versé.
Le 6 avril
Jour après jour,
il s’installait dans un cauchemard quotidien.
Il était dans un panier de crabes
où se jouaient des parties de cache cache
qui ne l’intéressaient guère.
Mais, cette médiocrité au ras de la moquette,
commençait à lui peser singulièrement.
La personnalité du chef était assez complexe,
c’était à priori un bon gestionnaire
mais il était d’une dureté extraordinaire
avec son personnel, d’ailleurs essentiellement féminin.
Arthur découvrit ainsi
que le travail au rendement
existait toujours
et dans le secteur tertiaire en plus !
15:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots de mars

Angie aux yeux d'or
Le 3 mars
Les recherches d’emploi d’Arthur
étaient encore une fois sur le point d’aboutir.
Cette souffrance perpétuelle,
cette impression de courir dans le vide,
après quoi ?
On ne sait plus très bien.
Il avait appris à rédiger un C. V.
et répondu à des centaines d’annonces.
Plusieurs fois, il avait été tout près d’aboutir.
Mais à chaque fois,
il y avait un petit quelque chose qui clochait.
Ou bien, il s’endormait le soir plein d’espoir
et, le lendemain matin, un télégramme annulait tout.
Le 6 mars
On était au tout début du mois de mars
et une fois de plus ;
Arthur était convoqué par un Cabinet de recrutement.
Cette fois ci, ce n’était pour passer des tests,
non, il avait l’honneur d’être convié
à une réunion d’information sur une caisse de retraite,
en présence du Directeur de celle-ci.
Ils étaient douze dans la même situation que lui.
La mécanique était parfaitement rodée,
présentation du directeur de la société
par une conseillère du cabinet.
Présentation de la société par le directeur,
puis questions aussi idiotes que possibles
des douze invités sauf un,
puisque Arthur ne posa pas de question,
ce qui fut remarqué.
En sortant de là, Arthur était aussi désemparé
que deux heures auparavant.
Il était écoeuré de ce style de réunion :
silence, absorption, question.
Le matin même, une compagnie pétrolière
en laquelle il avait porté beaucoup d’espoir
avait tiré un trait définitif sur sa candidature
et lui avait renvoyé son portrait.
Le 9 mars
Voilà sa vie, costume, cravate, photos ;
costume, cravate, entretiens…
Et ça n’en finissait pas.
En rentrant chez lui,
Arthur pestait :
quel clown, quel travail
et quel métier de clown.
A midi, en prenant rituellement le métro,
il retrouva la femme aux yeux d’or
et puis il replongea à quatorze heures,
dans le silence de l’écriture, véhiculé par le 86.
13:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 3 - Mots de février

Le 23 février
Pedro était sculpteur et chilien.
Arthur et Agathe l’admiraient profondément,
mais Agathe l’admirait encore plus.
Il travaillait actuellement sur une
sculpture monumentale
que Beaubourg lui avait demandé.
C’était arrivé tout bêtement,
il était en train de finir les tracés de la base,
quand, à la suite d’un faux mouvement,
le monument avait basculé,
Pedro était dessous.
Arthur n’avait pas demandé d’avantage d’explications à Agathe,
il avait pris les clefs de la voiture et appelé l’ascenseur.
Il déposa Agathe devant le vieil immeuble,
où se tenait l’atelier de Pedro,
rue du Chemin vert.
Arthur repartit immédiatement,
il était tout bizarre.
Il se demandait un peu,
quel rôle il jouait, là-dedans ?
Il rentra chez lui, un peu désorienté.
Alluma la télévision et machinalement,
se prépara un risible dîner,
sans envie, sans plaisir.
Fanny était en vacances,
il était presque soulagé
d’être seul.
Le 25 février
Agathe lui donnait des nouvelles tous les jours,
avec empressement.
Elle jouait à merveille son rôle de garde blessé,
elle qui, pourtant, était si sèche et acide avec Arthur
dont elle ne supportait aucune faiblesse.
On était à la fin de février,
Agathe revint à la maison au bout de quelques jours,
le grand blessé souffrait d’une petite luxation de l’épaule.
Le moral d’Arthur était au plus bas.
12:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 2 - Mots de décembre

Balise tribord
Le 7 décembre
Le vent, les embruns sont absents.
C’est si bon la mer, sensations élémentaires.
On a froid, on se couvre,
on est mouillé par des averses salées et poivrées,
l’écume blanche, l’odeur du fuel.
L’odeur des ports, pouassante et enivrante.
Je veux la mer, le clapotis et le vent,
le ciel bleu et nuagé,
les cormorans et les piquets de parc,
insignes noirs plantés dans la beauté.
La mer est folle,
élément bleu, froid, contraste.
Le soleil joue avec les rochers immergés,
lichen noirâtre, reflets étincelants.
Le 12 décembre
Ca sent bon.
Dans quinze jours, j’espère que nous partirons
avec l’œil neuf de nos mentalités de photopathes.
Il faudrait remettre en état le magnéto portable,
pour ramener un peu des brisants,
goélands, cormorans, hérons
et la poule faisane qui nous attend.
Vie fantastique de poule,
fermière sur une île en Bretagne,
elle est apparue avant le tournage du film.
Cela devait l’intéresser,
elle a pondu dans un petit chemin
et elle est restée.
Il faudrait lui amener un copain,
à moins qu’un cousin,
canard ou marcassin,
un voisin quoi !
Poule de mer,
oiseau amphibie,
à force de regarder la mer,
elle deviendra peut être intelligente
Le 17 décembre
Nuit d’été lourde et oppressante.
La fille, tout à l’heure,
qui cligne de l’œil et me demande
si je viens, chéri ?
Elle croit que je suis payé pour quoi,
Pour visiter les étages de la rue Saint Denis.
Le 21 décembre
J’ai envie de vivre, moi
et oui, ça doit vous faire tout drôle, ça.
On pourrait élever des cochons,
pour les manger bien sûr,
pas pour leurs oreilles.
Bientôt les papillons reviendront,
des oiseaux avec leurs paroles,
leurs moucherons,
le garde manger.
Si les oiseaux avaient des congélateurs,
quelle bonne idée,
dans le tronc de chaque marronnier,
un congélateur collectif pour moineaux.
Depuis le 10 mai, quel changement,
quel appétit surtout.
Bandes bleues et roses qui pendent
en face de ma fenêtre,
qui se sont échappées d’une autre fenêtre,
en face, accrochée au balcon,
c’est trop beau, couleurs, photo.
10:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 2 - Mots de novembre

Jean-Jacques Henner : Portrait de Madame Kessler
Le 6 novembre
Même si je cherche un appartement,
Ce n’est pas une raison.
Je suis payé pour être là,
là, je suis et là, j’écris.
Quel enchaînement,
quelle coulée de logique,
balistique,
fer forgé.
Le 10 novembre
J’ai toujours faim.
Si j’étais argenté (goéland argenté,
pardessus noir et chaussettes blanches),
je crois que je courrais manger
un hamburger double ou triple,
avec plein de crème - sauce, c’est si bon,
de s’engouffrer dans un plaisir doux et plein.
Oreillers, couettes, humidité, vieille maison,
belles maisons, rues et paysages,
tout est beau, mais on ne peut pas toucher,
simplement se coucher et grelotter.
C’est le printemps, criaient les otaries dans ma tête,
dans ma nuit de fils rouges.
Je vis avec une magicienne, qui cherche.
Je la suis de loin, car je ne suis pas magicien.
Le 16 novembre
La neige est froide d’accord,
mais on mange bien à la montagne,
une bonne raclette fumante,
à moins qu’une choucroute...
Il est un peu tôt quand même,
10h30 et je suis à peine réveillé,
encore courbaturé, ensommeillé.
Si ce n’était la faim,
je ne sortirais pas de ce bureau
qui n’est pas mien,
je ne veux pas, je n’y tiens pas.
Un lundi sans courage,
comme un autre.
Je souhaite qu’il n’y en ait pas beaucoup d’autres.
Le 20 novembre
Merlin, au roi Arthur :
Soit, je t’y emmènerai
et tu connaîtras le monde
et la femme qui est plus que le monde.
09:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 2 - Mots d'octobre
A Beaubourg, un jour
Le 5 octobre
Ecriture, photo, language, même langage.
Tristesse, remuer le sable des rues.
Bouche de métro,
sort dans rue pavée grise, mouillée,
ensoleillée par le coin coin d’un canard blanc et sale.
Tellement sale, mais tant attendu, ce cri du ciel.
Une soirée à comparer Barcelone et Paris.
Barcelone est lumière, Paris est grise,
cela ferait un beau mariage.
Paris est asexuée, Barcelone est une femme.
Le 9 octobre
Je suis entre le rêve et la terre.
Le soir, la nuit, le week end,
je suis bien, presque bien.
Je suis ailleurs, dans la pureté,
dans le regard, dans les images, les sons, la matière.
S. remue tout, pour moi, témoin,
elle fait tout vivre,
elle est la vie.
Le 15 octobre
Ce roman qui me tient,
quand le finirais-je ?
Il faut que je le pousse devant moi.
Lui est prêt, mais c’est moi le traînard.
Je sais que c’est dur.
Mais je dois être.
Froid blanc, froid dur, cristallisé, frissonnant.
Paris manque de bleu,
le vert on s’en fout,
c’est sale et ça tache la chlorophylle.
Ecriture au dessus de tout soupçon,
à moins qu’un vice de construction,
fasse jouer la garantie décennale.
Ecriture tous risques,
stylo à quatre billes motrices.
Le 19 octobre
J’ai faim.
Je crois qu’il faut être tout maigre pour bien écrire,
amaigri par la vie,
ratatiné par les trottoirs sales, glissants.
Il faut aimer les feuilles mortes,
avec ou sans hamburgers,
mais avec de la mayonnaise, douce et suave.
29.4.05 02:46 8 Commentaires
Moreta / Site web (29.4.05 07:38)
Et le 3 octobre, alors? Pas de pensée?
C'est l'anniversaire de Moreta,
Une rose comme il se doit ;-)
Giovanna (29.4.05 09:46)
..j'vais te pousser au cul moi tu vas voir pour ton roman, ça va pas traîner
trois mails par jour jusqu'à ce que tu rendes l'âme ...
Bjr J.
LPSP (29.4.05 10:32)
Oui, bonjour, Service des réclamations du blog, que puis-je pour vous gente dame Moreta.
Ah, c'est pour une histoire de date.
Si je comprends bien (familier, le chose !) tu veux une rose pour une date qui existe pas dans les pensées de mots du monsieur des portes, tout ça parce que c'est ton anniv' (ou annif') dans six mois! Et pour Noël, c'est pareil, tu veux déjà ton cadeau de Noël!
Bon, t'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas gagné, c'est avec un enthousiasme délirant et surtout très spontané que le responsable du SAV t'offre cette magnifique @}>~~>~~
de chez Picard.
Ciao, Merci, Gute Nacht.
LPSP (29.4.05 10:38)
Ciao Bella,
Alors tu es tombée dans l'escalier de ton blog ?
C'est bizarre, tu as disparu comme ça d'un coup.
Ca doit être un secret d'Etat, un truc en rapport avec le Kominterm.
Si, tu sais, comme le débile de curé polonais qui transmettait des informations confidentielles à un monsieur habillé d'un chapeau et d'une gabardine, il ne savait pas que c'était un espion, il croyait que c'était un sondage pour le panel Nielsen !
J'espère que tu vas bien.
Je t'embrasse
Antiope (29.4.05 12:59)
Toujours aussi belle, cette rubrique !
LPSP (29.4.05 14:23)
Antiope,
Toujours aussi élégante et gentille.
Tes notes nous manquent, tu sais ?
Je vais déguster ta douceur avec un plaisir exquis.
Comment tu as deviné que j'aimais les bonbons ?
Pour revenir aux choses de l'âme je suis ravi que tu ais distingué ce texte là, car c'est mon préféré.
Merci.
Ciao, ciao.
Moreta / Site web (29.4.05 14:41)
Hé, Giovanna, tu l'auras voulu! Je m' y remets.
LPSP (29.4.05 14:58)
C'est bizarre, on dirait qu'il y a un peu de friture sur la ligne:
On entend mal le juge arbitre : Ah un point de pénalité pour Giovanna (Ah, ces italiennes) qui a jeté sa raquette sur le juge arbitre, habillé en Kilt, oui celui de l'autre jour qui a un espèce de Levier, ça doit être pour décapsuler les bouteilles de Scotch, non ?
Il est tout rouge, il a pris la raquette dans les ...
Eh, oui ça fait mal!
Bon revenons au match :
15 - 30 ; Giovanna au service...
Soyez sages les filles, on ne tire pas les cheveux, non...
07:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 2 - Mots de septembre

Leonberg rencontré à Bruges
Le 4 septembre
Routine, entretien, verdure.
Tout cela est si loin.
Cette impression blanche de vide,
d’être là, inutile, en dehors de tout, absent.
Etouffante inaction, épuisante pesanteur,
ne rien pouvoir faire,
quand tout est à faire,
à dynamiter, à ressusciter.
Pourquoi moi ?
Pourquoi ici ?
Je ne sais plus.
Le dur apprentissage de la vie, ce doit être ça.
Le 8 septembre
Imposture du vide.
Qui fait quoi ?
Pour qui ?
Pour lui. Toujours. Sinon…
Délégués du personnel, syndicaux,
comité d’entreprise, de direction, de merde.
Salariés au rabais,
comptables de leur temps et de leur vie.
Travail bloqué, Assemblée Générale,
grève et encore mieux,
menace de grève.
Angoisse, stress et puis ras le bol.
Ce n’est plus mon problème, c’est le leur.
Pour une fois qu’ils se passionnent pour quelque chose,
qu’ils espèrent et qu’ils attendent.
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23.06.2009
Mots de l’année 1 - Mots d'octobre

Diane Lane
Le 18 octobre
Alice se réveilla paresseusement,
doucement.
Elle croisa et décroisa les jambes,
se retourna, remonta les draps.
Après un dernier sursaut,
elle sortit du lit, légère, féline.
Il faisait chaud, le mois d’août,
Paris, la fenêtre était ouverte,
une brise tiède montait
jusqu’au 6ème étage de la résidence.
Elle commençait à se sentir vivre,
elle sentait la chaleur monter en elle.
Elle avait envie
d’aller dans la salle de bains.
Mais elle attendait, pour profiter encore un peu
de la chaleur blanche de sa chambre.
Et puis, Carola était là.
Carola très polie, un peu froide.
Avec dans les yeux, une certaine interrogation
qui était peut être de l’impertinence ou du mépris
pour Alice, jeune femme de cadre supérieur,
absent sept mois par an de chez lui.
Alice faisait garder sa fille par Carola.
Au début, elle espérait un peu,
sans trop y croire
qu’elles seraient non pas amies, mais complices.
Alice avait vingt neuf ans, Carola dix sept.
Alice était blonde et vive,
Carola était brune et pure,
ses grands yeux bleus étaient pleins de tendresse
pour Sophie et ses six ans.
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Mots de l’année 1 - Mots d'Août

Graines 1959 par Saul Leiter
Le 21 août
Cinq mois après,
oui et non,
pour et contre,
Combien de temps.
Tenir, durer, raccourcir la présence
par autre chose,
ailleurs.
Le 24 août
Arthur, économiste,
chômeur.
A travaillé dans une entreprise de nettoyage,
pendant sa préparation de thèse.
Y retourne plusieurs fois.
Attend,
espère,
déception.
- C. F. P.
- Total.
Projet de création avorté,
Prêt à accepter n’importe quoi.
Se retrouve dans une affaire familiale.
Complètement bloqué.
- Se lance dans le conseil.
Agathe travaille dans une petite maison d’édition.
C’est le bras droit du patron.
Dimanche 6 septembre
Arthur aimait bien parler tout seul.
Week end de mélancolie, de vide, de projets,
de travail……ménager
22:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Mots de juin

Croisée au Louvre
Le 1er juin
A la fois dur, boudeur et prêt à pleurer.
Il semble éperdument perdu,
dépassé, dans un train qui l’emmène,
sans qu’il puisse rien dire.
Sait-il où il va ?
Ce qu’il va faire ?
Pourquoi, une tristesse si profonde ?
Même dans les petites gares de banlieue,
les femmes sont nues,
sur les affiches de cinéma.
Il doit y avoir une raison.
Les hommes aiment ça,
et Arthur n’est pas le dernier.
Mais les femmes aussi,
doivent aimer ça.
Ca doit les faire fantasmer dur,
de voir toutes ces femmes,
nues, abandonnées, soumises, pillées.
C’est excitant, non ?
Bientôt, il faut descendre.
La gorge qui se sert un peu.
Toujours.
C’est idiot.
Mais cela fait partie du voyage.
Ce soubresaut d’intérêt et d’excitation, avant la descente.
La sortie.
21:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Encore des mots de mai
Le 29 mai
Le train appelait chez lui
le souvenir d’un autre voyage.
Celui qu’il avait fait à travers
La modification de Michel Butor.
Drôle de livre acheté chez un bouquiniste,
a une couverture désopilante de jeu de cartes.
Mais le contenu, quelle lumière,
quelle puissance dans l’écriture de la vie, d’une vie.
Epinay Sur Orge,
un peu plus la campagne,
un peu moins la banlieue.
Des grenouilles dans le ventre,
tu es bien assez gros pensait Arthur
qui était agacé par cette espèce de ballonnement.
Sainte Geneviève des Bois,
quel beau nom pour une mer de poubelles.
Arthur, sans femme en ce moment,
sans envie de femme,
ou si, mais à côté, autour de lui,
et lui, à l’intérieur de ce cercle magique
de la tendresse et de la pensée.
Pas de femme dans ce train.
Mais des gens détendus, vivants.
Des jeunes et des vieux,
bien dans leur train.
Contents de rentrer chez eux,
ou d’aller ailleurs.
De plus en plus d’arbres.
Arthur seul sur sa banquette.
Il aimait ça.
Il se sentait alors plus proche des gens
que quand il les sentait trop près.
Un couple d’africains, sur la banquette
de l’autre côté du passage central.
Une femme et un enfant,
elle bleue, lui blanc,
merveilleux de naturel, d’aisance.
Ils sont toujours en Afrique.
Lui, en face de sa femme, est vêtu à l’européenne,
tristement, marron et gris.
Sa tête aussi, a une couleur terne,
d’Européen banlieusard.
Il a une expression d’enfant sur le visage.
19:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Mots de mai

Le 4 mai
Arthur se dit : Je suis le fauve,
qu’on va mettre à mort,
mais je suis déjà mort.
Alors, quelle importance ?......
Le 24 mai
Réunion Mutuelle.
Silence, absorption, question.
Quelle mécanique parfaite.
Total tire un trait et me renvoie mon portrait.
Costume, cravate, photos.
Quel clown, quel travail et quel métier de clown.
Dans le métro, la femme aux yeux d’or.
Le 86.
Silence de l’écriture.
Le 28 mai
Arthur aimait de plus en plus le train.
Idéal pour écrire, se dit-il.
Secoué sur les rails,
paysages sans nom,
sans nom aussi les visages.
Soleil vient et part.
Bruit des rails,
bercement, sifflement, tressaillement.
Se laisser bercer, se laisser aller.
L’odeur du train, gare et voyageurs.
On oublie trop souvent les odeurs, dans la littérature.
Le soleil revient, on le prend comme il est.
On a envie de remercier quelqu’un.
Qui ? Quoi ? Le train.
Du gris et du vert.
Le gris c’est la banlieue,
les maisons de banlieue grises.
Et le vert, ce sont les arbres qui sont là.
Reflet d’un passé rural,
ou promesse d’un avenir équilibré :
la ville à la campagne.
Magie de la ville, si difficilement accessible.
Quelle douceur quand le train ralentit.
Juvisy.
Le soleil attend sur le quai,
mais le train préfère l’ombre.
Habiter Juvisy, quel pari !
Mais, tout est possible, avec de la force.
Cependant, il faut entretenir cette vigueur,
cette raideur qui vous pousse de l’avant.
Et, plus le temps passe,
plus on est fragile et tendre.
Plus on a besoin d’être soutenu, protégé,
par un environnement qui est à soi.
Que l’on s’approprie
et que l’on se sent capable de toucher.
Où l’on se reconnaît.
Arthur, philosophe de train de banlieue
aime bien regarder les gens, sans les regarder.
Quel plaisir d’écrire et de former des lettres,
en tenant à peine le stylo, poussé.
Quel plaisir de se sentir écrire.
22.4.05 01:33 13 Commentaires
Moreta / Site web (22.4.05 10:22)
C'est drôle, ma note d'hier parle aussi de transports. En moins bucolique ;-)
Bonne journée
LPSP (22.4.05 12:15)
Bonne journée à toi Moreta.
Ce sont les esprits du blog qui nous transportent...
Ciao, ciao
Jane (22.4.05 13:12)
J'aime bien le 4 mai...c'est un beau jour !
J'aime bien le mois de mai en général, fait pas encore trop chaud, on peut commencer à mettre ses pieds à l'air, y'a le muguet, les congés à terminer, les ponts, les amoureux qui commencent à se bécoter sur les bancs publics...bancs publics..
je m'é gare...avec tes histoires de trains moi !
J'suis une fétichiste du stylo, plume, mine, à bille ou roller (je sais, inutile de me le dire, le roller c'est pas -plus- de mon age)
T'as des boutons là -c'est le poisson- ou le poison...tu cuisines n'importe quoi !
Maryz (22.4.05 14:27)
Le muguet ça porte chance alors n'oublie pas d'aller en cueillir!
LPSP (22.4.05 14:38)
Salut Jane,
Tu as raison, mon rizotto n’était pas terrible.
En plus je me suis bêtement laissé influencer par un bête de livre de cuisine et j’ai été mettre du concentré de tomate dans la tambouille.
Ce n’était pas terrible donc je n’en ai mangé que deux assiettes !
Moi aussi dans le temps ma brave dame, j’étais fétichiste de la plume.
Je bichonnais mon argenterie de Parker à plume et de Cross à bille.
Je les ai gardé comme des reliques, mais depuis 15 ans, je ne sais plus écrire avec ces engins là, je n’utilise que mes ordi.
Quand il faut faire un chèque, je suis mal…
C’est quoi, le 4 mai ?
J’ai gagné le jackpot, sans le savoir ! c’est une nouvelle fête nationale, régionale, interstellaire?
Moi, on me dit jamais rien, d’abord !
J’espère que ça t’embête pas si j’utilise ton pied d’hier, sans te demander l’autorisation aujourd’hui.
Je préfère t’en parler, comme ca je suis couvert.
On sait jamais, regarde ce pauvre jeune homme que tu as menacé de je sais pas quoi, de lui couper les.....
Ciao, ciao Sirène
(C’est beau une sirène)
LPSP (22.4.05 14:47)
Incroyable Maryz Marion Maryz (ça sonne bien comme ça, je trouve!)
Tu vois que ça marche la magie :
J'ai même pas fini la note à Jane en lui demandant : c'est quoi ce 4 mai dont tu me parles, et tu me réponds que c'est le muguet.
C'est génial, j'adore le muguet, je cours en acheter.
Bises, NON pas bises, mais BISE de printemps, non mais alors !
Ciao, ciao, sois sage, travailles bien à l’école, ne déranges pas ta chambre…
Maryz (22.4.05 14:50)
la magie(noire) j'ai déjà essayé mais ça marche pas...
Le muguet c'est le premier mai pas le 4, non?
Giovanna (22.4.05 15:13)
Parker, Waterman, c'était mes premières amours...pis j'suis passée à des mtblanc et des cross aussi. Je me suis arrêtée là...ça n'a pas plus de sens ce besoin démesuré de posséder (c'est bien du taureau, du bien et du beau...je me soigne…enfin j'ai des restes quand même, j'avoue, même pas besoin de me mettre la tête sur le couperet) j'ai d'ailleurs offert un de mes cross à une personne qui partait de la boite dernièrement...tu vois, je me détache des biens matériels...j'vais bientôt devenir la papesse Jane...et pas ok pour passer sur la chaise percée...y'a rien à peser...je revendique mon état de femme faible !
Pour le pied, tu peux prendre bien sûr...même les deux...ça te donnera un peu d'équilibre.
Le rizotto passe ?
LPSP (22.4.05 16:43)
Giovanna,
Ca me fait tout drôle de te voir aussi douce gentille et tout.
Ca doit être le printemps.
Je t'embrasse les pieds.
Ciao, ciao
LPSP (22.4.05 16:50)
Maryz,
J'adore le muguet, qu'est-ce qu'il sentait bon ce parfum de muguet, je ne me rappelle plus si c'était un Rochas ?
Bon, tu as encore fait des bêtises!
Je t'avais dit PAS de magie NOIRE.
Tu es encore trop petite, tu as droit, juste à la magie blanche, n'oublies pas, tu me promets, hein...
Les oiseaux chantent pour toi, tu ne les entends pas ? (Fermes les yeux, avant de répondre "non").
Ciao, ciao
Maryz (22.4.05 16:56)
oui je le promet mais c'était il y a longtemps et puis c'était quand j'étais en pleine dépression...
J'ai juste essayé d'invoquer Bloody Mary...
Antiope (23.4.05 12:01)
Très beau...
ça me fait un peu penser à Apollinaire et à Cendrars, avec leurs poèmes voyageurs...
LPSP (23.4.05 13:26)
Chère Antiope,
Cultivée et gentille, il n'y a qu'une Antiope, et c'est toi.
Tu as bien fait de revenir à la civilisation bloguante, pour me laisser un commentaire aussi sympa.
Tu as vu les progrès que j'ai faits en raccourcissement de commentaire.
Mais bon, j'ai été pris par surprise l'autre jour sur ton blog, tellement j'étais content que tu sois rentrée.
Très bonne succulente fin de semaine pour toi.
Je vais continuer mon voyage avec Arthur...
18:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Mots d'avril

Le 17 avril
Cela va faire bientôt un an qu’il est au chômage
et il est tout perdu, comme un chien
qui n’aurait plus le droit d’être attaché à sa chaîne.
Des fois, Arthur se dit qu’il ressemble à un chien
avec son gros nez et ses yeux mouillés,
ce qui exaspère Agathe qui déteste les chiens.
Un surtout. Un genre de chose noire
que ma mère arbore fièrement.
Un chien qui a une garde robe complète.
Veste d’intérieur et d’extérieur, ciré, pantoufles.
Tout le confort, il ne manque plus que le walk man
pour écouter Pierre et le loup.
Le pauvre chien énerve tellement Agathe
qu’elle le mord.
Un grand bruit !
Arthur arrêta de frotter ses casseroles.
A travers le mur il entendait une voix grave
qui répétait fortement :
- Tu mens, tu mens !
Bien sûr qu’elle ment,
espèce de vieux con baveux, pensa Arthur,
avec la tête de crapaud paralytique qu’il a
ce cher voisin quinquagénaire.
En plus, il n’est jamais là.
Et, à chaque fois qu’Arthur croise sa voisine
dans l’ascenseur, elle a le sourire radieux
et épanoui d’une femme qui trompe son mari.
Dans l’ensemble, les relations de voisinage
se passaient assez bien.
Agathe et Arthur s’entendaient bien avec leurs voisins
bien que le combat soit inégal au premier abord ;
Un studio de trente mètres carrés,
avec cinq personnes à bord,
cerné par deux appartements de cent mètres carrés
nantis de deux habitants dans les périodes de pointe.
Agathe et Arthur étaient assez discrets,
surtout quand ils n’étaient pas là.
Arthur entendit un grand bruit.
Ce doit être Agathe qui s’est encore
pris les pieds dans le fil du téléphone
et qui se bat avec la bibliothèque.
Il alla voir, quand même,
plus par habitude que par politesse.
Agathe était assise sur le lit,
dans l’unique pièce du studio.
Elle essayait nerveusement d’allumer une cigarette
comme quand elle n’avait pas
la conscience tranquille.
Tu sais Pedro, sa statue….
20.4.05 11:19 5 Commentaires
Marie C. (20.4.05 14:02)
Le 17 avril de l'an dernier je quittais un homme que j'aimais et qui m'aimait. Mais la ''vie'' en avait décidé autrement...
Depuis je n'aime pas cette date.
LPSP (20.4.05 15:10)
Non, Alors le 17 avril…
Non, ce n’est pas possible…
Marie-Agathe (c’est un nouveau prénom), tu me fais marcher ?
Tiens, tu vas voir comme j’apprends vite :
mile baci (barré), non, grazie mile.
Génial, ça marche, géantissime, ma sérénissime (celle-là, je l’avais encore jamais faite !).
Marvelous.
Merci, quoi.
OUINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN
Ca marche pas!
Pourtant j'ai tout fait comme tu as dit.
Le texte il est bien barré et après le copier/coller, le barrage il se barre. C'est trop injuste!
Marie C. (20.4.05 15:17)
Tsss, il te faut des cours toi !
Marie-Jeanne...
LPSP (20.4.05 16:25)
Yes Marie-Jeanne,
Oui, je crois,
Je vais profiter de la réforme 3, 5, 8 pour préparer un DESS de bloguiste en chef que je pourrais faire ensuite valider en Master, Magister, Machinter de blogueur chauffagiste,
c’est celui qui met le charbon dans la chaudière pour que le blog avance.
Crotte de bique, c'est plein de fumée dans ce blog.
Et MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMerdasse, j'ai marché dedans.
Ce doit être mon jour de réussite.
Tu vois, je fais des efforts.
Marie-jeanne, c'est pas une chanson de Brassens, c'est le nom d'un bateau, il ne me reste plus qu'à trouver le titre du film!
Ciao, ciao (qui a dit que j'étais bavard!)
Marie C. (20.4.05 16:27)
Je connais Jeanne, de Brassens ! Mais je m'en fous je m'appelle Marie-Claire !
16:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Mots de mars
Les roses chez moi
Vendredi 20 mars
Pourquoi ne pas dire
ce théâtre d’idées
qui se bouleverse
qui bout et qui fond dans ma tête.
Je suis en colère
mais contre moi, pas contre les autres.
Vendredi 27 mars
Arthur ne s’est jamais pressé.
Déjà au lycée il faisait l’admiration du Principal,
par son calme inébranlable.
Quand il était en retard
(de quelques minutes, sinon, il restait à la maison),
il mettait un point d’honneur
à marcher d’un pas mesuré et à gravir
les vieux escaliers en bois,
avec toute la souplesse de ses 17 ans.
Aujourd’hui, Arthur n’a pas changé de vitesse.
Il préfère voir le bus partir sans lui
que d’avoir à s’agiter 4 ou 5 secondes.
Je ne pense pas que ça soit de la paresse.
C’est plutôt une sorte de fierté.
Quand Arthur décide de courir, il court,
que les horaires d’un bus décident du rythme de son pas,
non, ce n’est pas sérieux.
Arthur n’a pas d’ami.
Il est trop intelligent ou pas assez,
il ne sait pas lui-même.
Personne ne l’intéresse assez
pour qu’il fasse l’effort de parler.
Quand il rencontre des gens intéressants,
ils sont tellement intéressants
qu’ils ne parlent que d’eux et pour eux.
Arthur n’aime pas le téléphone.
Quand il sonne, il s’éloigne le plus vite possible
du poste, en criant « Téléphone ».
Quand il est tout seul, il se cache dans les toilettes
ou sur le balcon.
Parfois, il débranche sournoisement
la prise de l’objet blanc.
Depuis qu’elle le sait, Agathe le regarde bizarrement,
quand elle rentre le soir.
- Alors, pas de coup de téléphone ?
- Non rien, ah si ma mère a appelé ce matin,
- Ah, ta mère…
D’habitude, elle saute en l’air,
comme si elle avait reçu une décharge électrique,
mais ce soir, Agathe est trop fatiguée.
Elle abandonne sa veste, laisse tomber ses chaussures.
- Tu veux un whisky, Rate Gondine ?
- Non merci.
Est-ce que Pedro a appelé aujourd’hui ?
- Non, je ne pense pas, répond Arthur qui manifestement
s’en balance complètement.
- Bon, alors il faut que je l’appelle ! soupire Agathe,
en regardant bêtement le mur.
Lorsque Arthur entend la porte de la chambre se refermer,
il se décontracte et va dans la cuisine,
astiquer gaiement quelques casseroles.
Après tout, ça ne le regarde pas.
En ce moment, elle est amoureuse comme une chatte.
Pas de lui, bien sûr.
Lui, il a l’impression de ne plus exister,
d’être devenu transparent.
19.4.05 15:12 6 Commentaires
nothing-is-real (19.4.05 15:16)
c'est triste ! peut-être qu'Arthur devrait essayer de faire un peu d'efforts pour aller vers les autres... ?
Moreta / Site web (19.4.05 16:48)
Allons Arthur, on se remue!
Giovanna (19.4.05 19:57)
Arthur n'en a plus rien à faire de rien me semble t il et il a tort !
Et est-ce qu'Arthur a essayé de la reconquérir ?
Et est-ce qu'Arthur se rend compte qu'il vit dans une bulle (j'espère qu'il a de l'oxygène !)
Arthur va droit dans le mur et c'est quand il aura la tête toute plate qu'il dira 'si j'avais su'
Embrasse le si tu le rencontres
LPSP (20.4.05 01:20)
Bonjour nothing-is-real,
C'est très gentil d'être venu voir mes mots.
C'est vrai qu'en le relisant, moi aussi j'ai trouvé ça triste et ça m'aurait presque filé le bourdon.
Arthur revient demain, j'espère que ca va s'arranger, je ne me rappelle pas, mais je n'en suis pas trop sur!
Ciao, ciao
Je t'ai cueilli une rose toute rouge, ça devrait aller avec ton décor qui est un peu tout noir, non ?
@}>~~>~~
LPSP (20.4.05 01:25)
Ciao Moreta,
Alors les pieds, ça marche, tu mets quelle couleur dessus ?
Le problème de cet Arthur là c'est qu'il n'avait pas de copine pour lui secouer les puces.
C'est un drame Arthurien, finalement.
Bon les filles, ce n'est pas la peine de ranger vos mouchoirs, car il va revenir vous démolir le moral demain!
Bons Baisers d'Arthur.
LPSP (20.4.05 01:35)
Salut Giovanna, ça va la Sicile?
Pour rester dans le terrible drame de ce pauvre garçon, je ne crois pas qu'il a essayé de la reconquérir, tel qu'il est là il a effectivement l'air de manquer d'oxygène, il ne réagit plus beaucoup.
Je le verrai demain et je lui roulerai un patin de ta part (Crois moi, ça va nous faire drôle.)
Ciao, ciao
P.S. Ce n'est pas la peine de réclamer ni de monter un syndicat avec Moreta, les roses c'est uniquement pour celles qui viennent la 1ère fois!
15:00 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mots de l’année 1 - Mots de février

Le Pavillon de Flore et le quai des Tuileries
Le 2 février
Assis sur un banc,
au bord de la Seine.
12h30
A côté du Pont Royal, en face de la Gare d’Orsay.
Un cocker vient de passer,
des goélands remontent le courant,
un gros bateau mouche « Le Rhône ».
Le soleil est si fort que je peux à peine ouvrir les yeux.
Le soleil est tout blanc.
Un petit chien, dans le sens du courant,
il me regarde et continue.
Beaucoup de bruit, un grondement
sourd et pénétrant.
Heureusement, une belle brume bleutée
enveloppe tout.
Un super bateau mouche
qui parle dans toutes les langues.
Il y a juste dix personnes dedans.
J’ai à peine le temps de les compter
car il est passé très vite.
Une péniche lutte contre le courant.
Deux filles passent, bêtes et moches.
La péniche a du mal.
Le bruit de son moteur est une symphonie
lourde, mais pleine de force et de rêve.
Le soleil me fait du bien,
une petite brise aussi.
La péniche en tire une deuxième
avec un très long câble.
Elles ont chacune une petite Renault
coincée entre le roof et la chaloupe suspendue à l’arrière.
Des mouettes rieuses les accompagnent
en silence, respectueuses.
Une troisième péniche est amarrée derrière la deuxième.
Ensuite, vient un gros pousseur,
avec des petits tas de sable.
Le cocker vient de repasser.
J’ai de la chance,
car il y a des jours (des heures) sans péniche.
Deux belles filles blondes, avec des hauts talons.
C’est assez rare sur les quais.
Malheureusement, elles sont parties de l’autre côté.
Les deux filles de tout à l’heure,
elles ont l’air moins bête.
La plus grande porte son manteau sur le bras
et me sourit,
elle est plus jolie et sa poitrine plus agressive.
Un pousseur arrive tout seul.
C’est assez impressionnant.
Il a l’air d’hésiter.
Peut-être va-t-il aider une péniche,
on dirait qu’il surveille.
Le pilote donne des coups d’accélérateur
comme sur une voiture de sport.
Une belle péniche passe avec aisance,
sous le Pont Royal. Elle s’appelle Noël.
Son moteur ronronne tout doucement,
comme un petit bateau de pêche
breton (je ne connais pas les autres).
Elle est très haute sur l’eau, car vide.
Sa proue est impressionnante.
Trois connards cinquantenaires passent.
Ils ont peur de se mouiller les pieds.
Il y a des touristes partout, même
au bord de la Seine.
- Non, mais je sais,
- Si tu veux,
- J’sais pas …
Une conne avec des hauts talons
en train de philosopher avec son
petit copain, en toute simplicité.
Une demi-heure de rêve et de chaleur.
C’est fini, il est bientôt 13h.
Il y a moins de brume,
je peux sortir, remonter à la surface.
J’aurai assez d’oxygène.
13:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

