14.10.2009

J’ai croisé une fée

Merewenn3.jpg

C’était une ville d’avant,

quand j’avais le temps de flâner

de voguer les yeux fermés.

Une ville chaude et accueillante,

peut être Dijon ou Montpellier.

Un endroit plus simple

et moins léché

qu’Aix en Provence,

plus chaleureux que Bordeaux,

peut être Toulouse,

ou un quartier caché de Marseille.

Un coin de ville chaleureux et animé

avec des couleurs aux fenêtres.

Il fait bon, l’air est parfumé de lavande

et de curieuses variétés de basilic.

Un marché à la brocante déroulait

ses stands, les passants se mélangeaient

s’arrêtaient pour se parler,

tout en dévisageant la foule, curieuse.

Une femme se recoiffe, elle pense

à son déjeuner, au repos du dimanche,

peut être trop calme, heureusement lundi…

 Je me promène, au ralenti,

les yeux mi-clos,

je respire le bonheur des autres,

la simple joie de se sentir vivant,

les cris de joie des enfants,

l’excitation de la musique,

c’est une fanfare d’étudiants,

les terrasses des cafés sont

ouvertes et nonchalantes

mais déjà prêtes pour l’apéritif,

un bon cru du terroir,

d’ici ou presque,

c’est à côté, il faudra venir…

 

C’était un samedi de juin

ou alors de mai.

Il n’était pas encore quatorze heures,

je ne savais pas que tu allais

me quitter en pleurant,

parce que je ne t’aimais pas assez…

 

Je ne savais pas.

J’avais seulement faim,

la gaité de la rue

me donnait des envies,

à moi aussi.

 

Finalement, tu as repris ta voiture,

pressée de fuir ton bonheur envolé,

tu étais jolie comme le printemps

et tu faisais bonne figure,

rajustant tes lunettes de soleil

et ravalant tes larmes,

finalement.

 

Mécaniquement je marchais,

entretenant une faim sans faim.

je cherchais une belle librairie

ombragée de rayonnages garnis.

La poussière de livre me manquait.

Devant la caisse un joli petit ouvrage

m’attendait : Lettre d’une inconnue

par Stefan Zweig rééditée dans la

belle collection La Cosmopolite.

C’était just ce qu’il me fallait

pour emporter dans mon bagage,

pour me tenir compagnie.

 

Je cherchais la gare,

maintenant j’étais prêt.

Les pavés m’emmenèrent.

La rue était grise,

les maisons étaient jaunes.

Devant l’épicerie fine,

plongé dans la vitrine,

j’ai vu tes yeux

plus bleus que le ciel,

j’ai vu,

j’ai su,

j’avais croisé une fée.

 

Plus loin,

là-bas,

au-delà,

une voix pressée appela :

Merewenn !

 

19.08.2009

Mots de l’année 4 - Mots de la fin-juillet

Morceau de train.JPG

Morceau de train 

 

 

 

 

Le 25 juillet

 

 

Depuis qu’un gouvernement de gauche

avait exercé le pouvoir en France,

Arthur était devenu politiquement adulte.

Il avait toujours été partisan du système libéral.

 

Et, il avait toujours défendu l’idée

que l’économique primait tout.

Dans le sens non pas de la primauté du discours,

mais dans la voie de la vie économique réelle,

vécue par les entreprises.

 

Agathe et Arthur côtoyaient beaucoup d’artistes

et Arthur refusait maintenant de discuter avec eux,

car derrière la plasticité de leurs phrases,

se cachait leur nature très standard

de recherche du fric et de la considération.

 

Ceux qui l’exaspéraient le plus

étaient ceux se voulaient artistes

et qui portaient un uniforme.

 

Il les trouvait encore plus grotesques

que les cadres avec costume cravate et attaché case.

Car il plaignait ceux-ci,

alors qu’il n’avait aucune pitié pour les clowns de l’art.

 

 

Dimanche 28 juillet

 

J’en ai marre se dit Arthur,

mon grand bonheur n’aura duré qu’un mois.

 

Si ça continue comme ça,

je vais partir travailler au Maroc,

puisque j’en ai l’occasion,

et Ciao l’Italia.

 

Pendant un mois il lui avait écrit tous les jours,

il lui téléphonait tous les deux jours,

à chaque fois, pendant plus d’une demi-heure.

En contrepartie, elle ne lui avait envoyé

que la fameuse lettre

où elle lui disait qu’elle en aimait un autre,

mais qu’il ne se décourage pas.

 

On était Dimanche,

Arthur ne l’avait pas eu au téléphone depuis mardi,

c’était une situation tout à fait nouvelle.

 

Jeudi soir et samedi soir elle n’était pas là,

avec des ou un ami.

Et vendredi il était lui-même trop triste,

pour lui téléphoner.

 

Si elle l’aimait un petit peu,

elle aurait pu s’inquiéter

de ne pas avoir de ses nouvelles, l’appeler.

Pourquoi pas. Elle était loin d’être fauchée.

 

Dans cinq jours il devait partir la rejoindre.

Comment sera-t-il ?

Dans quel état de tristesse et de délabrement ?

 

Elle sera sûrement très gaie et lui dira :

« Arthur ne pense plous à rien,

je suis là, c’est le principal ».

 

Lui qui avait commencé à apprendre l’italien,

il avait l’air malin, maintenant.

 

Agathe était en Suède,

avec un de ses soupirants, Serge,

professeur d’histoire, très cultivé et très agréable.

 

Je suis sûr qu’en ce moment,

Agathe pense à moi.

Et cela le rendait songeur.

 

 

 

28.5.05 02:31                                              4 Commentaires


Eole ( ?) (28.5.05 12:57)
Tu aurais presque pu appeler ta rubrique "Morcellements".
C'est ainsi que je la perçois.

 

LPSP (28.5.05 13:54)
Oui, tu as raison.
Ce sont des morceaux de morceaux.
Comme des lambeaux d'amour arrachés à des rêves.
Je t'embrasse tes si jolis pieds.

 

Eole ( ?) (31.5.05 21:09)
Oui moi aussi je ne t’embrasse pas les pieds!

 

LPSP (31.5.05 23:23)
Touché.
Dégommé.
Ratatiné.
Coulé.

22.07.2009

Mots de l’année 4 - Mots de la mi-juillet

ar_dio_mysteresG3.jpg

 ar dio mystèresG3 (il semble me rappeler que c'est une fresque de Pompéi)

 

 

Le 9 juillet

 

 

Et il expulse pareillement les gamines

qui prétendent fumer chez lui.

Pauvres gosses, parlant fièrement de leurs pétards.

Ce n’est pas une solution bien sûr,

mais quoi faire d’autre.

 

Devant cette peur ? la nier, la repousser.

Martha avait disparu.

Qu’est-ce qu’elle avait encore pu faire comme connerie ?

Se demandait Arthur, inquiet.

 

Elles sont toutes dingues ces filles,

paumées complètement, comme l’autre avec ses nègres,

à croire qu’elle recherchait les emmerdements.

Elle devait aimer se faire battre, écraser, ratatiner.

Pour remplacer un père absent.

 

Arthur, en face de son perroquet.

Le perroquet mange.

Arthur écoute France Culture.

Ils sont seuls tous les deux, chacun dans sa cage.

 

Arthur souffre de voir l’oiseau enfermé.

Mais l’oiseau ne doit pas souffrir,

lui qui a vécu toute sa vie dans une cage.

 

Le soir est tombé,

Arthur dans son bureau allume la lampe,

agréable lumière, coin de vie et de chaleur.

Le perroquet ne chante plus, sa journée est finie.

 

Dans une demie heure, il téléphonera

à son lointain soleil.

 

Il a déjà les tripes qui se serrent,

peur qu’elle ne soit pas là,

qu’elle soit indifférente,

alors que lui, brûle de toute sa vie.

 

L’oratorio de Haendel est superbe

mais ni lui ni le volatil ne l’écoutent vraiment.

 

La mouche qui agonisait est défunte maintenant,

on est vraiment peu de chose,

vivant, et puis mort.

 

Avec ailes ou sans,

et quelque soit le nombre de pattes et de plumes,

nous sommes tous embarqués sur la même galère

 

Les entreprises ferment, en Italie comme en France.

On a beau être des latins débrouillards,

on est tous cramponnés à nos acquis et à nos droits.

 

L’Economie, science inhumaine par essence

est à la mesure de nos erreurs humaines.

 

 

 

Mots de l’année 4 - Mots de juillet

 

Welcome Bruges Aout 2007.jpg

Un ours à Bruges 

 

 

 

Début juillet

 

En ce moment, tout fout le camp.

Un week end seul, Cannelle en dents de scie.

Une fatigue, un manque de force vitale.

Des angoisses, une phobie, des pertes d’équilibre.

 

Un amour qui se déchire dans la peur,

une lettre impitoyable, une absence.

Un coup de téléphone non donné,

un cambriolage, un perroquet qui arrive là,

on ne sait pas pourquoi.

 

Un besoin de ne rien dire,

de taire toutes ses souffrances.

Je t’appellerai ce soir, mon Amour,

je n’en peux plus de taire ma souffrance.

 

Anti-angoisse, régulateurs.

Il faut que je vive, que j’éclate.

Que ce soleil me chauffe et me dore,

même si je vais y brûler ma vie.

 

La psychiatre qui suivait Arthur,

l’avait décrit comme un être très intelligent,

recherchant toujours les situations

les plus compliquées, les plus dures.

 

Et, c’est vrai que sa vie,

pour les autres,

était d’une complication extrême.

 

 

le 8 juillet

 

Une lettre tapée à la machine,

rédigée en anglais,

avec quelques phrases en français

et des mots d’Italien.

 

Une déchirure si glaciale, si forte, si profonde.

Des larmes qui ne sortent même pas

tellement la douleur est vive,

l’abîme si profond.

 

Arthur était dans la merde,

il se faisait une si grande joie,

de cet avenir difficile, en pointillé,

avec cette femme qui l’attendait et qui l’aimait,

tout en étant capable de vivre sans lui.

 

Une mouche agonise pendant qu’Arthur écrit.

Arthur la considère tristement,

mais c’est plus fort que lui,

il ne supporte ni les mouches, ni la drogue.

 

 

 

23.5.05 02:25                                              22 Commentaires


Eole (23.5.05 12:49)
Solitude, peur, absence, souffrances, phobies...
Arthur a vécu un sale mois de juillet. Gageons que ce fut la même chose pour sa dulcinée.
Le psy décrivait Arthur comme recherchant les situations dures et complexes...
Arthur semble désirer qu'on le trouve complexe, si je ne m'abuse. Je me demande ce que lui-même en pensait ?
Arthur me semble double. L'acteur et le spectateur.

Lire ces mots est un peu une torture, comme une caresse de glace mais je ne peux m'en empêcher.

Qu'a fait Arthur finalement ?

 


LPSP (23.5.05 15:12)
Ciao Vente (pas aux enchères, c'est la femme du Vent).
Je suis content que ça te plaise et même si ça ne te plait pas, ça te fait quelque chose.
Oui c'est bon quand ça fait mal, que ça tord les boyaux et que tout se ratatouille (on n'en sortira jamais) à l'intérieur.
Même moi, ça me fait encore beaucoup d'effet tellement c'était fort et dévastateur tout ça.
Deux choses ont longtemps caractérisé Arthur :
1° Il désirait toujours des choses impossibles, seuls les combats désespérés l'intéressaient.
2° Tout le monde autour de lui l'a toujours trouvé compliqué avec un mode d'emploi inaccessible.
La dulcinée entre tout à fait dans le cadre Arthurien.
Elle est merveilleusement belle, vit en Italie où elle exerce un métier passionnant, elle est beaucoup plus vieille qu'Arthur, a un mari adorable et très riche, un amant officiel et irrésistible depuis longtemps, and so on...
Pendant qu'il se tapait la tête contre les murs et qu'il passait ses nuits à pleurer son désespoir, Madame Dulcinée passait quatre semaines délicieuses de vacances avec son mari, et ça Arthur ne le sut que quelques années plus tard!
Qu’est-ce que tu veux, c'est trop beau la vie.
C'est bon quand ça fume.
Je t'embrasse intellectuellement.
PS Dans le genre "écartelé d'aimer, encore un peu de sel sur la grande roue" j'ai en stock du beaucoup plus lourd mais j'hésite, le paquet est dégueulasse, il y a encore du sang qui n'est pas effacé...

 


Eole (23.5.05 15:26)
Oui ça me plait et au delà je calque, j'interprète, je déduis et au final je tente de comprendre pourquoi, pourquoi, pourquoi, mais pourquoi bon sang! je n'ai pas toujours tout compris de celui qui fut mon "Arthur".
Si mes propos ont été mélancoliques c'est qu'à travers tes mots j'ai cru l'entendre lui, comme un étrange écho.
La vérité est que c'est moi même que j'ai entendue, et que du coup, le deuil est enfin consommé.

J'espère qu'Arthur va mieux et qu'il a trouvé la voie de la simplicité.

 


LPSP (23.5.05 15:54)
Eolesque,
tu es trop mimi, mais tu es comme les autres, tu comprends tout à l'envers.
Pourquoi tu veux que mon Arthur "aille (c'est très bon pour la santé et ça éloigne les vampires) mieux" alors qu'il nageait dans le bonheur quand il souffrait et qu'il espérait.
Qu'est-ce que tu veux lui trouver de mieux ?
Une gentille fafemme, avec un gentil toutou, dans une horrible petite vie tranquille, arrosée aux corn flakes devant la télé.
- Arthur, tu crois qu'il va faire beau demain ?
- Je ne sais pas Simone, je regarde Questions pour un Morpion!
- Ah oui c'est bien les émissions culturesques..."
NON de DIEU de M.
C'est ça la vie que tu veux donner à mon chevalier des étoiles et du vent, à l'ami des rouges-gorges et des goélands, à l'admirateur insensé des femmes et de leur beauté, qui te baise les pieds que tu as si beaux (Et toc, par surprise, c'est toujours meilleur).
C'est bon Simone, remets tes pantoufles, laisse ton blog cinq minutes, la soupe va refroidir!
Baisers soufflés

 


Eole (23.5.05 16:14)
J'ai en fait très bien entendu Arthur.
S'il est heureux dans son malheur, parce qu'il trouve ça grand, beau, et exceptionnel, grand bien lui fasse, il est libre comme l'air, tout comme son auteur.
Et tant mieux !

Pour ma part je lis à l'envers parce que cela me plait, parce que moi, lectrice, dans ma liberté égoïste, j'ai envie d'y voir quelque chose de personnel.
Parce que tes mots une fois couchés ici m'appartiennent aussi, que j'en fais exactly what I want...ne vous en déplaise, darling.

Tout le monde ne finit pas en couple de pépères ou mémères, à se gaver de téloche jusqu'à ce que mort s'ensuive (intellectuellement j'entends).

Qu'est ce que je lui donne ??
Une bonne bourrasque histoire de le déranger un peu.
Eole

 


LPSP (23.5.05 16:58)
Mon doux air,
Que j'aime tes colères.
Oui, excuse-moi, comme d'habitude j'ai fait dans la dentelle alors que j'apprécie grandement ta façon élégante et personnelle d'absorber mes mots qui deviennent les tiens.
Je me rends, ne souffle plus, j'ai envie d'entendre les battements de ton coeur.
Bise

 


Eole (23.5.05 17:28)
Mfff, tu arrondis les angles juste pour me faire plaisir. Tu me passes de la pommade...
Je te soupçonne de me mettre en colère intentionnellement, pour d'obscures raisons.

 


LPSP (23.5.05 17:43)
Lucide, La Placide.
C'est vrai que tu es tellement douce et gentille, et si calme aussi que parfois ça m'énerve un peu et j'ai envie de te chatouiller.
En plus, j'aime bien t'embrasser les pieds.
A plus in your boit'.
Cherche pas à comprendre c'est de l'argot parlé par les Caribous au 19ème.
Je t'embrasse.

 


Eole (23.5.05 19:15)
Moi, calme, douce et gentille ? Allons, allons...
Toi, énervé ? Laisse-moi rire.
En tous cas, je suis bel et bien chatouilleuse dans tous les sens du terme!

 


LPSP (23.5.05 19:22)
Eola
C'est vrai que tu es une femme, j'avais oublié.
Tu es forcément speed, hargneuse, râleuse et méchante.
Je t'embrasse sous les pieds.
Blizz

 


Eole (23.5.05 20:52)
Voilà c'est tout moi, ça. Sauf méchante et hargneuse. Râleuse un peu. Speed beaucoup...

 


LPSP (23.5.05 23:51)
Une femme indeed,
y a pas à dire les femmes c'est bien.
Oui, je le dis comme je le pense, je trouve que les femmes c'est une belle invention.
Une femme, c'est bien, c'est beau, c'est ...
Baisers éperdus.
P. S. En tout cas, tu n'es pas susceptible

 


Eole (24.5.05 20:33)
1) Diantre, je ne trouve pas la porte de chez LaPorte, mais où est il donc ?
Pas là...

 


LPSP (24.5.05 23:50)
Je suis là, mais je crois qu'il doit y avoir à peu près 3h de décalage horaire entre nos deux planètes.
C'est vrai que tu es une toute petite fille et que tu dois te coucher très tôt.
Dors bien mon Ange.
Pensées de nuit.

 


Eole (25.5.05 20:56)
Eh bien ce n'est pas que je sois obligée de me coucher tôt mais plutôt que je suis exténuée de mes folles journées...
Je fonctionne par cycles bizarroïdes : 4-5 longues journées suivies de 3-4 longues nuits.
Là par exemple, je sens le sommeil m'envahir alors que dans quelque temps je veillerai jusqu'à des heures indues et vous coucherai tous et toutes!

Mais je ne rends pas les armes : il est 20h56 et je suis là...

 


LPSP (25.5.05 22:10)
Quelle façon élégante de dire que tu t'ennuies.
Aurais-tu oublié ta broderie, chère Ramie ?
Je commence à me sentir bien, quelle escalade proposes-tu ?
Bix (It's new PussyCat!).

 


Eole (25.5.05 22:17)
tsss tssss
il est 22:17 et je suis encore là...

 


LPSP (25.5.05 22:37)
Tu as mis ton réveil à quelle heure ?
Tu vas encore rater ton feuilleton préféré !
J'attends que tu commences à somnoler pour venir t'embrasser...

 


Jane (25.5.05 23:21)
pas sûre que je devrais être là...
Bon Alex, sur la page des prix, un fichier musical pour le premier prix de Moreta et pour ne pas faire de jaloux, je te connais, tu irais bien te jeter dans le Couesnon, qui comme chacun sait, est une fois normand et une fois breton -mais, en vérité, je te le dis, il est normand, foi de belle-soeur de normand-
Donc pas de jaloux, ici, pour toi, du blues, pas parce que tu l'as, mais parce que tu l'aimes.
C'est stocké chez moi, ça veut dire que tu ne l'auras pas dix ans ici bien sûr, alors profite bien.
C'est Buddy Guy et Junior Wells

 


LPSP (26.5.05 00:15)
Jane,
C'est trop bon.
Je suis allé faire un tour en blogville, je rentre dans ma petite maison et Buddy Guy est là qui m'attend, tu te rends compte, le rêve absolu!
Tu es un ange, je t'adore et je t'embrasse.
Ciao, ciao

 


Eole (26.5.05 09:13)
Un blog musical, comme c'est agréable, merci Jane !

Au Monsieur de la porte qui n'en a point : un réveil? Pas de ça chez moi mon cher, je fais confiance à mon instinct pour me tirer des limbes du sommeil au moment voulu... Quant au feuilleton préféré, je n'en ai pas plus que d'idole.
Bonne journée

 


LPSP (26.5.05 11:10)
Bonne journée à vous zossi, très chère.
C'est toujours un honneur de vous accueillir dans la nouvelle annexe de la maison du blues.
Bien à vous.

 

Mots de l’année 4 - Mots de juin

Denise Milani à la plage.jpg

Denise Milani à la plage

 

 

Le 10 juin

 

 

Travail, soulagement, ouverture.

Une aération, un souffle qui reprend.

Communication, reprise.

 

Ce n’est pas le dialogue Nord Sud,

c’est plus que cette chaîne de mots.

C’est un ensemble de particules qui s’éveille.

Un mot n’est pas atomisable, il est non moléculaire.

 

Approche du corps, aide du soleil,

la bonne odeur de crème solaire.

Des corps de femme,

des fessiers puissants et voluptueux.

 

Des adolescentes qui planent sur la pointe des pieds.

Avec un déhanchement

appris dans le regard des mâles

et apprécié acidement par les mères.

 

Cette race de mères qui sont des non femmes.

Elles ne sont pas devenues rien.

Elles étaient faites pour ne pas exister.

 

C’est drôle d’être loin

et présent à Paris, dans un café

et sur une plage du Sud Ouest.

 

Cela explique pourquoi Arthur méprise un peu

les voyageurs qui ne sont contents

que les pieds sales et meurtris.

Même si ce sont les roues de l’avion qui encaissent les chocs.

 

Le dépaysement, on le porte en soi.

On est un étranger pour soi-même

et les autres deviennent des amis proches.

Il suffit de sortir un peu de sa tête,

de son magma d’informations télévisées ou déformées.

 

 

21.5.05 12:38                                             7 Commentaires

Eole (22.5.05 01:19)
Et non... tout le monde ne dort pas. Pas encore.
"Le dépaysement, on le porte en soi." Oui c'est dire la richesse que l'on porte en soi et que bien souvent on ignore.
"On est un étranger pour soi-même" Je ne sais pas jusqu'à quel point. Je sais que je peux repousser certaines de mes limites; est ce que je suis pour autant une étrangère à mes propres yeux ?

 


LPSP (22.5.05 02:13)
Tiens, Cara Bambina
Excuses-moi, j'étais avec ma première femme de blog et je me faisais beaucoup de souci, mais maintenant, ça va mieux, elle dort. (Je sais, Jane, tout le monde s'en fout, mais j'explique quand même...)
C'est vrai que c'est bizarre ce que j'avais écris là, et même moi, en le retranscrivant ça m'a mis un choc.
Mais je crois, ma chère confrère Watson, que tu te mets le doigt dans le nez (c'est pas très élégant, mais d'une part les filles de bonne famille sont couchées, d'autre part, les autres, les raclures ou les traînées au choix, on s'en moque, et pour finir, ça fait moins mal que dans l'oeil.
Ton explication analytique est basée sur le moi, mais il n'était pas questions des mérites du moi mais plus prosaïquement (c'est le cas de le dire) de la capacité de l'auteur à s'éloigner de lui pour devenir en tout ou partie un autre et de transformer des inconnus en amis (Par exemple, Hier soir j'ai dîné avec Ava Gardner, fait l'amour avec Marilyn et donné des coups de pieds à François Mitterrand.
Elle est pas belle la vie ?

 


Eole (22.5.05 14:11)
Oui elle est belle. Et elle est d'autant plus belle que l'imagination est féconde.

Crois tu réellement que les mères "acides" soient nées pour ne pas exister ?
Pour toi en tous cas c'est certain...
Après tout c'est ta vérité, you're the king of your life!

 


LPSP (22.5.05 16:47)
Baby Eole,
Tu n'as beau avoir que quinze ans, tu me dis toujours des choses intéressantes.
Je ne suis pas croyant, je ne suis pas socialo-communiste, je ne suis pas psycho-philosophe, je Vote Non au référendum, Non à l'Europe à 56, Non à la Turquie.
Pourtant j'ai les idées simples d'une tête bien faite posée sur un corps d'honnête homme.
Je pense d'effectivement certains êtres sont mauvais à la naissance, bêtes et méchants, souvent ressemblant à leurs parents, et ces déchets sont comme ça toute leur existence qui est la négation de la vie qui pour moi est l'amour.
Ces bestioles là existent en versions males et femelles, mais la connerie est souvent moins cachée chez les femmes.
Je ne crois pas au bon sauvage, je ne crois pas que les hommes naissent égaux, les conditions de la vie constituent un facteur aggravant pour tout le monde.
La fille d'une putain et d'un alcoolique a 9 chances sur 10 d'être une putain alcoolique. Ca fait 3000 ans que ça dure et toutes les théories fumeuses sur l'inné et l'acquis n'ont rien changé.
C'est injuste, c'est la vie.
Ca ne m'empêche pas d'aimer tout le monde, aussi bien les putains que les alcooliques.
Par contre l'attrait, l'attirance des socialo communistes et des femmes perverses pour les meurtriers et les prisonniers, ça c'est pas mon truc, je change de trottoir.
Je t'embrasse

 


Eole (22.5.05 20:56)
Les femmes cachent moins bien la connerie... A ton avis pourquoi ?
2 secondes je réfléchis...
Personnellement je ne vois pas de différence. Si ce n'est que la femme souffre de la malédiction de la blonde qui cherche son second neurone. A part ça...

L'Homme apprend la connerie pour se défendre de celle des autres...

 


LPSP (23.5.05 00:07)
Réponse en deux parties :
1° Les femmes étant souvent plus extraverties que les hommes, par exemple; en moyenne les femmes occidentales, par jour, disent 4 fois plus de mots que les hommes.
Donc, ma chère Watsone c'est arithmétique, les connes ont 4 fois plus l'occasion d'exhiber leur connerie que les cons!
Pour l'apprentissage de la connerie, ma cocotte (voir les mêmes dans une autre vie)je te trouve bien gentille avec les cons, moi je pense que c'est du 100% naturel, une sorte de don à la naissance, si tu veux.
Je t'adore (ne le dis à personne).
Pensées de la pleine lune.

 


Eole (23.5.05 08:33)
Hi, hi...
Et moi je crois que la connerie s'apprend, au moins pour une grande part.
Les mêmes dans un autre contexte ne donneraient sûrement pas le même produit... sauf que je ne peux pas vérifier, alors....
La question est de savoir ce qu'est la connerie.
Si c'est un des traits de la personnalité, on peut dire qu'elle s'acquiert et se développe dès la naissance.
Si au contraire c'est génétique, alors là oui tu as raison et on naît avec.
Mais pour poursuivre le débat n'oublions pas que la connerie est comme bien d'autres choses une question de point de vue, bref une divergence entre les règles implicites d'une société, par exemple de conduite, et le comportement d'un de ses membres.
La connerie est donc relative.
Alors est elle punissable ?
Ca dépend de la norme qui a été atteinte.
N'est ce pas ?

 

Mots de l’année 4 - Mots de mai

La Garce.jpg

angel-noir

 

 

Le 17 mai

 

J’ai envie d’écrire ce souvenir

d’une femme

qui hante ma vie.

 

Ces cons qui braillent

me fatiguent.

Demain je serai seul,

seul avec toi.

 

Je pourrai te revoir,

te repenser,

longtemps, doucement.

 

Ton souvenir, ta présence, ta peau.

Tes yeux qui brillent,

ton parfum, ta collection de chaussures,

tes robes et tes jupes.

 

Tes objets,

pleins de soleil,

tous plus beaux les uns que les autres.

 

J’ai envie de pleurer et de rire, à la fois.

Je pense à toi.

 

J’ai attendu six ans,

pour t’avoir, te caresser.

Vivre avec toi ces quelques heures,

toucher tes mains,

te serrer dans mes bras, fortement.

 

Avoir tes yeux pour moi,

ta bouche et tes caresses,

ton corps endormi.

 

Je t’attends.

Je crois que je t’attendrai toute ma vie

 

 

Le 20 mai

 

Le Canard Enchaîné,

Le dernier livre de Claire Brétecher.

Quinze jours très longs.

 

 

 

17 Commentaires


Eole

Hum... les souvenirs que l'on a d'une personne nous appartiennent (contrairement aux personnes elles mêmes) et ont le mérite de pouvoir être visités autant qu'on en a le désir.

 

 

LPSP
Oualou,
Là tu commences à m'écrire des trucs compliqués...
Tu es 100% wright my dear, mais ce qui me plait là dedans c'est de retrouver intactes toutes les émotions d'un homme que j'étais et que je ne suis plus (quitte à faire compliqué, allons-y!).
Puisque tu connais encore mieux que moi l'histoire du saint homme et de ses trois vies, les arthureries se situent entre la 1ère et la 2ème vie.
Ca fait donc quelques années, mais quand je reprends mes notes, c'était hier et oui ma chère, c'est dinnnnnnnnnnnnngue!
Pensées de passion

 

 

Eole
'Je crois que je t’attendrai toute ma vie' : alors, était-ce vrai ?

 

 

Giovanna
...y'a de jolies choses ici...joliment dites j'entends...
je crois que je ne viens pas assez dans cette rubrique non ?
tendresse de menteuse (hi, hi, hi), non je mens !

 

 

LPSP
Ciao, Eole.
En fait, j'ai attendu un an.
Et tu admettras avec moi (en choeur, reprenons...) que quand on est fou amoureux, un an c'est plus que long.
Toi qui connais l'oeuvre de l'homme, celle qu'Arthur attend ici, est la Maria de la Route Bleue de là-bas.
Baisers aux senteurs de Chine (pourquoi pas la Chine, j'aime bien le matin, voir les montagnes sortir de la torpeur brumeuse...)

 

 

LPSP
Giovanna,
C'est vrai que tu ne parles pas trop, par ici. Tu passes plus de temps à faire la bringue de l'autre côté, à danser toute la nuit avec des Aubergines et des Patates chaudes!
Quant à mentir, ce n'est pas aux jeunes guenons qu'on apprend à éplucher les bananes! (ah, t'es sûre que c'est pas ça le proverbe champenois...).
Bisoux, doux, roux,...

 

Eole
Mmmm... les choses sont vaines parfois

 

 

LPSP
Eole,
Je n'aime pas te voir comme cela.
Allonnns reprend toi, mon petit. J'ai jamais compris pourquoi dans les vieux films les hommes, les vrais, disent "mon petit" aux femmes, c'est étrange...vous n'avez pas dit étrange...?
Non, pour une fois, j'ai rien dit moi.
Bon, je te sens toute triste d'un coupe, ça me plait pas trop, j'aime quand tu es gaite (ça me rappelle un truc de Pink floyd, tout d'un coupe)
Je t'embrasse dans les cheveux.
Ciao Bella.

 

 

Eole
Faut croire qu'être résolument positif ça ne suffit pas...

 

 

LPSP
Etre, respirer, vivre, ouvrir les yeux, marcher, sentir le chaud, le froid.
Ecouter comme les merles sifflent bien, comment ils perforent l'air de leurs trilles.
Ca c'est du bon.
Rire et pleurer, c'est ça qu'il faut.
On va desserrer quelques boulons, et après, un peu de magie.
C'est pas beau la vie ?
(pour le règlement des consultations, j'accepte aussi les $ canadiens)
Je t'embrasse.

 

 

Eole
Je vais bien, rassure toi. Suffisamment pour ne pas me faire escroquer par un grand gourou de l'esprit !

 

 

Eole
formi
formi
formidaaaaaaaaaable!

 

 

LPSP
Tu vois,
dès que tu chantes, tu te sens mieux, la chaleur des mots agit.
C'est vrai que tu es toute en retenue et ce n'est pas bien.
Tu as besoin de crier, crier...
Aline, pour qu'elle revienne.
Bon, tu connais l'adresse, ici tu es chez toi, tu viens quand tu veux et tu t'entraînes à crier ta vie, de plus en plus fort.
Ciao Bella

 

 

Eole
L'adresse ? Oui c'est facile, c'est La Porte Sans Porte, y a pas photo on trouve tout de suite !

 

 

LPSP
Oui, tu y es, tu es arrivée.
Je t'attendais, pour te faire coucou.
Bises dans le cou.

 

 

Eole
Coucou !

 

 

LPSP
Cou cou doux.
Te voili, te voilà.
C'est pas juste, tu vas trois fois plus vite que moi pour faire le tour du blog mais tu es une femme avec ailes.
Baiser envolé.

 

 

 

Mots de l’année 4 - Mots d'avril

Robe tunique rouge en jersey.jpg

Femme portant une robe tunique rouge en Jersey

 

 

 

Le 18 avril

 

 

Une rue presque triste,

 

dans le coeur de la ville.

 

Des voitures qui travaillent nerveusement

 

et d’autres qui se languissent.

 

 

Des femmes sur les trottoirs, vivantes et gaies.

 

Arthur les aimait bien.

 

C’était de la pitié et en même temps de l’amour

 

pour ces marginales qui ne se cachaient pas.

 

 

Il les voyait tous les jours,

 

certaines muettes,

 

comme la pierre sans teint

 

des portes cochères.

 

 

D’autres remuantes,

 

cherchant l’exposition au soleil,

 

rieuses,

 

pleines de sève.

 

 

Arthur projetait depuis longtemps

 

un weekend avec Natacha.

 

Bien sûr, ça tombait mal,

 

car il n’avait pas d’argent ce mois-ci.

 

 

Bien sûr, il avait un peu peur,

 

du temps qui s écoulerait,

 

en dehors de lui.

 

 

 

Le 27 avril

 

 

Demain matin.

 

Deux rendez-vous.

 

Deux femmes.

 

Deux inconnues.

 

 

Deux plaisirs. Deux attentes.

 

L’attente est si douce, si bonne.

 

Une longue nuit qui sera douce et chaude.

 

Frémissante, tressaillante.

 

 

 

 

 

 

21.07.2009

Mots de l’année 4 - Mots de février

Salome 1911.jpg

Salomé en 1911

 

 

Le 1er février

 

 

Et, ces chansons de régiment,

paillardes et autres

qui m’ont toujours placé

à côté des autres,

 

en dehors,

tout de suite,

répulsion,

peur du groupe.

 

Amour des relations individuelles,

malaise dans le groupe.

 

Les filles sont attachantes

dans leur tendresse,

dans leurs élans.

 

Le don de soi

qu’elles poussent à l’extrême,

même, pour quelques secondes.

Les garçons ne savent pas faire / donner ça

 

 

Le 8 février  

 

Il me semble qu’Agathe ne remarque jamais

quand je suis triste.

Peut être qu’elle pense simplement

que je l’empêche d’être gaie.

 

Pourquoi pas.

Elle a le droit d’être heureuse,

de vivre, de rattraper sa vie,

pour la brûler, la réchauffer,

dans les braseros de la fête.

 

 

le 19 février

 

Je me demande,

si maintenant,

je suis condamné à être seul.

Tout le temps, toute ma vie, de plus en plus.

 

Retrouvant mon état de petit garçon,

vivant dans ses rêves et ses jeux.

 

Calmant, dans le geste,

mais quand le geste s’éteint,

le papier refroidit.

 

Et la même impression pénible,

de vivre dans un cauchemard,

ouvert sur la vie des autres,

revient.

 

 

14.5.05 15:28                                 20 Commentaires


Eole
gloops

 


LPSP
Gloops,
C'est bon, C'est comme si tu avais du mal à avaler quelque chose, tu as peut être lu trop vite,
Un glaçon trop gros ?
Moi j'aime bien mon Arthur, même si ce ne sont que des mots jetés sur des supports irréguliers, ce qui est bon c'est que tout est du vécu en direct live, comme des gouttes d'émotion.
Bises à toi,
Bon Dimanche.
P. S. Tu as encore 4h30 pour finir tes devoirs.

 


Eole
Je le découvre ton Arthur, il me fait rire et m'émotionne; je m'émotionne facilement quand le narrateur est "je": ça passe directement dans mes veines, d'où la réaction. Désolée d'être si honnête, je crois que par ici on aime bien le faux!!
Au fait mes devoirs je les ai finis, bises.

 


LPSP
Le faux comme un anti vrai, une sorte d'anti héro (un faux héro ?).
Si je te dis le pape est mort, comme ça, de but en blanc!
Tu vas dire : c'est vrai, c'est bien triste, cette pov' bééééte.
Eh bah non, c'est faux. Le pape, en ce moment il mange une choucroute en buvant une bonne Spaten, le veinard...
Un jour, si tu es sage, je te raconterais mes vies, j'ai eu la chance d'en avoir plusieurs, trop bien remplies.
Il y a Arthur et les autres.
Et toi, Femme du Vent, as-tu déménagé ?
Baisers d'amertume
(je ne sais pas pourquoi, c'est le sel de la mer et peut être aussi un peu de bière ?)

 


Eole
LaPorteSansPorte*... je peux t'appeler Porte? ou LPSP ? je préfère Porte c'est plus évocateur.
Tu m’as beaucoup fait rire avec le pape.
Oui oh que oui, j'ai déménagé, là où le vent m'a portée, et ça n'a bien sûr pas été sans conséquence; d'une certaine manière moi aussi j'ai vécu plusieurs vies, j'en suis riche et heureuse.

* une porte sans porte c'est quoi? un passage qui mène vers tous les possibles? ou bien est ce la porte qu'on imagine, comme un fantôme, un rêve ou un souvenir?

 


Eole
Tu as combien de vies ?

 


LPSP
Eole, chère Eole,
Tu peux m'appeler comme tu veux.
LPSP c'est bien parce qu'il y a le tout et le rien en même temps, le vrai et le faux, dans la même proposition tu dis une chose et son contraire.
Que tu veuilles m'appeler Porte (Vas y allonges toi sur le divan et sors le carnet de chèques) te ressemble sûrement plus qu'à moi.
C'est le coté un peu angélique et romantique d'une jeune femme qui délibérément cherche du bon cote de la vie.
Alors que ton humble serviteur aime le bon côté : une bonne choucroute partagée avec des déesses très féminines, si tu vois ce que je veux dire (Ah Valérie P. !),
Mais il est aussi très attiré par l'enfer, par tout ce qui me brûle et m'entraîne dans le vertige.
En dehors des hommes, je ne respecte rien.
Mes très chères amies de blog m’appellent parfois Alex et quand nous échangeons des mails, elles m’appellent par mon prénom.
Ferme les yeux, pose les mains à côté de ton clavier, respire un grand coup.
Ca y est tu as choisi.
Bises.

 


LPSP
Les vies d'Eole.
Malheureusement, je ne suis pas un chat donc je n'ai qu'une vie qui se découpe (C'est le charcutier des âmes qui parle) en tranches et en plans différents.
Depuis que je suis adulte, j'ai vécu successivement trois vies très différentes avec trois femmes plus que très différentes.
Sur un autre plan, je dirai qu'il y a une énorme différence entre ma vie avant ma mort le 23 novembre 2003, et ma vie depuis.
Dans ma tête plein de choses nouvelles ont remplacé de vieilles angoisses structurales (c'est beau ça!).
Bon, Inspecteuse-Chef Eole, suis-je libre, où bien je passe au supplice de la Roue avant d’avoir droit à mon café ?

 


Eole
Très Cher,
J'ai choisi de ne pas choisir parmi ces propositions.
Une part de moi est sans doute angélique et romantique, c'est celle que tu perçois.
Tu es libre bien sûr, bien que je sois fortement tentée de t'infliger un supplice...
A bientôt

 


LPSP
Chère Eole,
Je te sens un soupçon contrariée, donc appelles-moi Porte et n'en parlons plus (C'est simple, avec les femmes, je perds tout le temps!).
Bon, je suis prêt pour le supplice,
Je ferme les yeux et j'imagine les choses horribles que tu vas me faire :
Tu pourrais allumer les projecteurs, te mettre à danser lascivement et ensuite te déshabiller très lentement...
Comment ça, c'est pas un supplice ?
Bien sûr que si, tu m'as scotché la bouche et je ne peux plus parler !
Bon sérieusement :
Je suis prêt...

 


Eole
Je suis tentée de t'étouffer de mes mains mais ça ne serait pas du jeu... Quelque chose avec un fouet, d'abord agaçant, puis pesant avant de devenir purement insupportable... Et surtout pas scotchée la bouche !

 


LPSP
Va pour le fouet,
puisque telle est ma destinée.
Mais étouffé de tes propres mains, ça doit être bien aussi...
Je suis sûr que tu as de très jolies mains, ça serait donc un plaisir partagé.
Et pour la tenue, Maîtresse Eole, tu as pensé à quoi ?
Genre Cat Woman ou Xéna la guerrière (là, ça fait des frais, il faut louer les gros seins en plus) ?
Si j'ai le choix, j'ai un petit faible pour la Contesse aux pieds nus !
Baisers arrachés sous la torture…

 


Eole
J'ai pensé porter un masque, bien sûr, pour dissimuler mon vrai visage.

 


LPSP
C'est vrai!
Vite que l'on commence.
Allez quérir la musique et les danseuses.
Décrochez la lune et le grand tapis d'Orient.
Je n'en crois pas mes yeux, tellement ça va être bon.
Princesse Eole, entièrement nue, habillée de son seul masque de peau,
s'avance drapée dans l'élégance de sa beauté
et le fouet commence à me donner!
Tu vas me faire mourir de plaisir...
Encore !

 


Eole
Il y a un tel potentiel de moqueries en toi, c'est fascinant.
Allons, allons, tu sembles oublier que c'est un, ton, supplice ! Encore un mot et je te bande les yeux.

 


LPSP
De qui se moque ton tiçi ?
Fascinant, fasciné tu veux dire par ton corps de Reine (t'as vu, t'as gagné un échelon!)
qui joue avec son grand fouet noir (fais gaffe quand même de pas de faire mal, c'est traître ces engins là!).
Même sans te voir je te verrai (c'est pratique d'être LPSP).
Je devinerai les déplacements de ton parfum épicé, j'entendrai tomber sur le carrelage doré une goutte de rosée née entre tes seins tendus par l'effort...
Et alors, tu crois qu'on est là pour s'amuser ? Continue de fouetter...

 


Eole
Gloops

 


LPSP
Gloops toi-même!
Je ne connais pas tous les signes de ton monde, mais quand tu gloops, je crois que tu es contente, sans trop oser dire de quoi tu es contente!
Une sorte de GloopetteSansGloopette.
Tu es partie te coucher, tu n'avais pas la permission de 20h ?
Ciao, ciao.

 


Eole
Si si, mais un emploi du temps bien chargé en ce venteux mardi, donc ... bonne journée !!

 


LPSP

Me too,
Have a good day (and a nice trip !)
See you later.
Bye.

 

Mots de l’année 4 - Mots de janvier

Librairie Bruges Aout 2007.jpg

Dans une librairie de Bruges

 

 

Le 3 janvier

 

 

Amour, tendresse, séduction.

Chaleur, quiétude, bientôt.

Moiteur, chanson, lumière.

Soleil, éclairs, les yeux qui clignotent.

 

 

Le 10 janvier   21h05

 

Odets  /  Pour le meilleur et pour le pire

 

Timère.

Danse de pompiers.

Ambiance rouge / tables rouges.

Scène, éclairage rouge.

Chanteur / tristesse.

 

 

Océan de nostalgie amère,

car toujours, tout le temps,

pire ou mieux.

Succès des années Soixante.

 

L’écriture soulage, guérit,

comme un voile de fraîcheur,

étonnamment, toujours.

 

 

Le 10 janvier  22h10

 

Pas assez envie de cracher sur le papier,

pas de souffrance assez grande,

simplement des pointes amères et aigues.

 

Seize lignes.

Compter, c’est peut être ça le début du métier,

l’organisation de l’écriture.

 

Le travail en soi qu’il faut sortir, évacuer,

que l’on aime plus que tout,

qui vous permet de planer, survoler,

de ne plus voir les autres.

 

 

Le 10 janvier  23h01

 

Agathe avec un pompier, un bébé,

fort comme un homme,

mais si fragile quand même.

 

C’est ça la jeunesse,

beau et laid,

gai, mais si triste, dans sa vulgarité.

 

 

 

Mots de l’année 3 - Mots de novembre

910.jpg

Joseph Mallord William Turner

 

 

Le 4 novembre

 

 

Les six premiers mois passèrent très vite.

Pour se familiariser avec la maison, Arthur

commençait un travail assez opérationnel

qui était l’organisation quotidienne

du planning des cours et formations.

 

C’était le nerf de la guerre et Arthur

avait ainsi des contacts très fréquents

avec les équipes pédagogiques.

 

Le centre existait depuis très peu de temps

et avait grandi très vite.

Il était passé en cinq ans d’une vingtaine

à presque cent salariés.

 

Ce qui introduisait une dichotomie entre l’état

d’esprit des membres de la direction, qui

donnaient l’impression de travailler en famille,

et celui du personnel.

 

Les membres du personnel

se considéraient comme des salariés,

avec beaucoup de droits

et un minimum de devoirs.

 

 

Le 12 novembre

 

Arthur se passionna rapidement pour le travail

qui était fait dans la maison.

 

Mais il comprit aussi très rapidement que les

enseignants n’admettraient en aucune façon

que les administratifs mettent le nez,

dans le contenu de leur travail.

 

La prise de conscience de ce racisme

professionnel le chagrina profondément,

et à partir de ce moment là, il passa

d’avantage de temps dans son bureau,

à travailler sur des dossiers administratifs.

 

 

Le 18 novembre

 

Arthur était content de lui,

il avait l’impression d’avoir fait du bon travail.

Notamment sur l’épineux problème

de la modification du temps de travail.

 

Ca n’avait pas été simple du tout de faire

comprendre aux professeurs travaillant vint

cinq heures par semaine qu’ils n’étaient pas

des ouvriers travaillant en usine,

leurs quarante-deux ou quarante-trois heures.

 

De plus, les réunions avec le Directeur

étaient assez comiques.

Un jour, avant une Assemblée Générale du

Personnel, Arthur et lui, s’étaient mis d’accord

sur la marche à suivre et avaient ajusté leur position au poil près.

 

Le lendemain, devant tout le personnel,

le Directeur dit exactement le contraire,

cédant à la pression des salariés.

 

Et, le surlendemain, le même directeur,

était capable de soutenir

qu’il n’avait jamais dit des choses pareilles.

 

Arthur trouvait ça remarquable,

d’autant plus que dans la plupart des cas,

ça marchait.

Pas sérieux, mais efficace !

 

 

Mots de l’année 3 - Mots d'octobre

001-manifesteEO.jpg

 

 

Le 27 octobre

 

Comme Arthur avait une bonne formation

et qu’il possédait bien le droit du travail,

il n’eut pas de peine à trouver

immédiatement un autre job.

 

Le 1er novembre, il se retrouva Directeur

du personnel d’un centre de formation

professionnelle. Au premier abord,

le boulot promettait d’être intéressant.

 

L’organisme comprenait cent salariés,

donc restait à une échelle très humaine

et puis, il s’était toujours intéressé

aux problèmes éducatifs, pédagogiques

et de formation en général.

 

Géographiquement, ce n’était pas l’aventure,

puisqu’il était parti du quartier de la Bourse,

pour se retrouver aux Halles.

 

Arthur aimait bien le changement

et il était content de découvrir

un nouveau quartier de Paris.

 

Encore une fois,

Arthur était plein d’espoir.

Il allait travailler avec des gens

intelligents et cultivés,

ce qui allait le changer.

 

Dès son premier entretien

avec le directeur du Centre,

il avait réussi à parler des Surréalistes,

ce qui pour Arthur était un test essentiel.

 

 

10.5.05 10:13                                                              3 Commentaires


Eole
(12.5.05 15:24)
Arthur a eu de la chance de tomber sur un esprit ouvert!

 


LPSP
(12.5.05 16:27)
Oui et c'est un luxe aujourd'hui de tester ses futurs employeurs pour les sélectionner!
Et toi, tu leur a mis le feu aux entreteneurs (cherche pas, c'est nouveau).
Ciao, ciao.

 


Eole
(13.5.05 09:59)
Oui, la communication ça marche dans les deux sens, et j'adore découvrir les nouveaux entreteneurs, comme tu dis, et éprouver de quel bois ils se chauffent, ha ha.

Mots de l’année 3 - Mots de septembre

 

Une sculpture dans une galerie à Bruges Aout 2007.jpg

Une sculpture dans une galerie à Bruges, en aout 2007 

 

 

Le 1er septembre

 

En septembre, Arthur regretta

de ne pas avoir pris de vacances,

sa lassitude était extrême,

et, il acquis la certitude

qu’il allait bientôt quitter son job.

 

Il avait espéré que l’absence du Chef

lui aurait permis de se mettre en valeur

mais il n’était pas assez reptile,

ne sachant ni ramper, ni siffler,

pour arriver à ses fins.

 

Avant de partir, il joua quand même

un bon tour au Chef.

Peu après son engagement,

celui-ci lui avait désigné un ennemi à abattre,

une femme d’une cinquantaine d’années,

cadre, qu’Arthur devait enfoncer

et reléguer dans les bas fonds.

 

Elle était soi-disant nuisible.

Arthur avait bien essayé au début,

mais le cœur n’y était pas et ça le dégoûtait.

 

Aussi, après une période de paix relative,

il en était même arrivé,

à trouver des terrains d’entente avec elle

et, à la fin, ils étaient devenus inséparables.

 

Le Chef grinçait des dents quand il les voyait ensemble.

 

 

Le 15 septembre

 

Arthur résolut de donner sa démission

en Décembre.

Les derniers mois furent très pénibles,

d’autant plus que, parmi le nombreux

personnel féminin,

une dingue s’était amourachée de lui.

 

Elle le faisait chanter,

en menaçant à tout bout de champ,

de faire du scandale.

Pour Arthur qui était Chef du Personnel,

la situation était on ne peut plus critique.

 

Il rasait les murs et s’enfermait

dans son bureau, dès qu’il pouvait.

Enfin, le jour tant attendu arriva,

il échappa au pot de départ

et au traditionnel cadeau.

 

Il fit des adieux chaleureux au coursier,

la seule personne qu’il trouvait respectable

dans cette maison.

 

Il avait rangé ses affaires et finissait ses adieux

à une des vipères de la Direction,

quand le téléphone sonna.

 

La vieille fille lui passa le combiné

en lui jetant un regard noir :

« C’est pour vous !

- Merci » dit Arthur distraitement.

 

Au début, il ne comprit pas tout de suite

qui c’était, mais quand il reconnut la voix

de la dingue, il bafouilla :

« Non, vous faites erreur, Madame. »

Il raccrocha précipitamment,

tout en transpirant à grosses gouttes.

 

Là-dessus, il partit sur les chapeaux de roue,

dévala l’escalier,

et commença à apprécier sa liberté,

dans le métro qui le ramenait à la maison.

 

 

 

Mots de l’année 3 - Mots de juin

melancolie Mikio Watanabe.jpg

Mélancolie par Mikio Watanabe

 

 

Le 5 juin

 

Arthur était descendu.

Il avait trouvé une petite gare,

un peu désuète.

Il avait trouvé une route

avec quatre ou cinq maisons

et un café.

 

Des mésanges chantaient,

à moins que ce ne soient des moineaux

des champs.

Arthur ressentit une agréable

et pleine sensation de solitude.

Il faisait beau,

Il se sentait bien.

 

Il traversa la route

et alla prendre un café

dans l’établissement unique.

 

Il attendit un quart d’heure,

puis Agathe arriva, rayonnante,

conduisant une grosse Jeep blanche.

Elle était heureuse de pouvoir rassembler

tous ses hommes.

 

 

Le 6 juin

 

Le week end passa.

Arthur se montra très serviable,

très coopératif, à son habitude.

 

Il se sentait un peu chez lui,

et n’avait aucune peine

à s’isoler dans la campagne

pour bouquiner et observer la nature

qui l’hypnotisait toujours.

 

L’été finissait en douceur.

Arthur s’habitua à passer

des week ends solitaires,

dans le petit studio.

 

Parfois, une amie le rejoignait,

mais souvent il écartait les importuns.

Il préservait son domaine.

Il aimait bien parler tout seul.

 

 

Toutes les filles qu’il fréquentait

avaient une idée fixe,

qu’il se sépare d’Agathe.

Elles n’avaient rien compris, se disait Arthur.

 

Le plus souvent,

c’étaient des week ends de mélancolie,

de vide, de projets et de travail ménager.

 

 

Mots de l’année 3 - Mots de mai

Yellow Scarf 1956.jpg

Yellow Scarf par Saul Leiter en 1956

 

 

Le 2 mai

 

Dans une période où le chômage devenait une constante,

 

le personnel de la société serrait les fesses.

 

Quand Arthur parla du Comité d’entreprise,

 

il ne reçut que des réponses très évasives à ses questions.

 

 

Et puis, il comprit que le règne de la terreur

 

avait fini par conduire ces bonnes brebis

 

à s’autocensurer et à renoncer

 

à toute élection de représentant du personnel.

 

 

Le pire moment de la journée devint rapidement

 

l’heure du repas qui était pris dans un réfectoire

 

où la Direction trônait sur une grande table

 

sans qu’il puisse y avoir d’échange avec le personnel.

 

 

Arthur avait compris tout de suite

 

qu’il eut été indécent

 

de prendre ses repas à l’extérieur

 

et il se sentait ainsi, réquisitionné, tous les jours.

 

 

 

Le 7 mai

 

Dans les débuts, Arthur travaillait beaucoup

 

et il pensait qu’il faisait du bon boulot.

 

 

Cependant, tous les rapports, toutes les études

 

qu’il présentait, n’étaient pas appréciées par son Directeur

 

qui avait la haute main sur tout le courrier

 

qui ne sortait jamais de l’entreprise

 

sans avoir été corrigé deux ou trois fois de sa main.

 

 

Le printemps passa ainsi,

 

avec des feuilles et du soleil sur les trottoirs.

 

Les terrasses des cafés étaient aussi pleines,

 

mais Arthur se posait sérieusement des questions.

 

 

Dans sa tête s’opposaient le oui et le non,

 

le pour et le contre,

 

la question primordiale était :

 

combien de temps ?

 

 

Tenir, durer, raccourcir la présence par autre chose, ailleurs.

 

Justement, le point faible c’est qu’il n’y avait plus d’ailleurs.

 

Arthur n’écrivait plus, il sortait

 

presque tous les soirs avec Agathe et des copains.

 

 

De la fatigue artificielle,

 

pour nourrir un corps sans dessein.

 

 

Cette année là,

 

Agathe prit ses vacances en Août.

 

 

Pedro avait une maison de campagne

 

qui était un bungalow au bord d’un lac,

 

à une vingtaine de kilomètres de Paris

 

et Agathe y passait le plus clair de son temps.

 

 

Parfois, en fin de semaine,

 

Arthur partait la rejoindre.

 

 

En fait, il changeait d’air,

 

accompagné de sa mélancolie

 

qui lui paressait bien douce

 

à côté de son univers de travail sordide.

 

 

Mots de l’année 3 - Mots d'avril

Felix Vallotton 1865-1925.jpg

Felix Valloton 1865 - 1925 

 

 

Le 4 avril

 

Moins d’une semaine plus tard,

Arthur fut convoqué de nouveau

par le même cabinet de recrutement,

il eut droit aux tests et à l’entretien.

 

Quelques jours passèrent

et il apprit que sa candidature était retenue.

 

Dans cette même période,

Arthur venait de se voir proposer

une place tout aussi intéressante,

dans une société d’informatique.

 

Mais, comme il avait été introduit par piston,

cela lui déplaisait un peu,

aussi, il accepta l’invitation du Directeur de la Caisse

à un rendez-vous dans ses murs.

 

Le jour dit, Arthur se trouva en présence d’un homme,

assez corpulent, presque chauve, la cinquantaine aimable

mais le sourire de l’homme était forcé,

ce qu’Arthur mis sur le compte d’une certaine timidité.

 

Ils parlèrent de gros sous

et Arthur était finalement assez content,

il s’en sortait assez bien.

 

Ensuite, le Directeur lui annonça qu’il allait rencontrer

les cadres de l’entreprise.

Arthur suivit son Directeur à travers des couloirs,

ils changèrent d’étage.

 

Et, Arthur lors de cette première prise de contact

ne remarqua rien de singulier,

à ce détail près, que le chef

ne saluait pas les employés qu’ils rencontraient.

 

Ils arrivèrent dans une grande salle,

pompeusement arrangée

et s’assirent sagement,

comme de bonnes sardines sans huile.

 

Là, Arthur éprouva son premier choc.

Pour lui, un cadre, c’était quelque chose qui se tenait,

mais là, il était cerné par une majorité de femmes

dont le style allait de la marchande de poissons

à la vieille fille desséchée.

 

Arthur enregistra et absorba tout cela,

comme tout ce qui suivit.

 

C’était son premier poste important,

son premier vrai travail avec des responsabilités

et il avait à cœur de mériter

le bon salaire qui lui était versé.

 

 

Le 6 avril

 

Jour après jour,

il s’installait dans un cauchemard quotidien.

Il était dans un panier de crabes

où se jouaient des parties de cache cache

qui ne l’intéressaient guère.

 

Mais, cette médiocrité au ras de la moquette,

commençait à lui peser singulièrement.

 

La personnalité du chef était assez complexe,

c’était à priori un bon gestionnaire

mais il était d’une dureté extraordinaire

avec son personnel, d’ailleurs essentiellement féminin.

 

Arthur découvrit ainsi

que le travail au rendement

existait toujours

et dans le secteur tertiaire en plus !

 

Mots de l’année 3 - Mots de mars

Angie aux yeux d'or.jpg

Angie aux yeux d'or

 

 

 

 

Le 3 mars

 

Les recherches d’emploi d’Arthur

 

étaient encore une fois sur le point d’aboutir.

 

 

Cette souffrance perpétuelle,

 

cette impression de courir dans le vide,

 

après quoi ?

 

On ne sait plus très bien.

 

 

Il avait appris à rédiger un C. V.

 

et répondu à des centaines d’annonces.

 

Plusieurs fois, il avait été tout près d’aboutir.

 

 

Mais à chaque fois,

 

il y avait un petit quelque chose qui clochait.

 

Ou bien, il s’endormait le soir plein d’espoir

 

et, le lendemain matin, un télégramme annulait tout.

 

 

 

Le 6 mars

 

On était au tout début du mois de mars

 

et une fois de plus ;

 

Arthur était convoqué par un Cabinet de recrutement.

 

 

Cette fois ci, ce n’était pour passer des tests,

 

non, il avait l’honneur d’être convié

 

à une réunion d’information sur une caisse de retraite,

 

en présence du Directeur de celle-ci.

 

 

Ils étaient douze dans la même situation que lui.

 

La mécanique était parfaitement rodée,

 

présentation du directeur de la société

 

par une conseillère du cabinet.

 

 

Présentation de la société par le directeur,

 

puis questions aussi idiotes que possibles

 

des douze invités sauf un,

 

puisque Arthur ne posa pas de question,

 

ce qui fut remarqué.

 

 

En sortant de là, Arthur était aussi désemparé

 

que deux heures auparavant.

 

Il était écoeuré de ce style de réunion :

 

silence, absorption, question.

 

 

Le matin même, une compagnie pétrolière

 

en laquelle il avait porté beaucoup d’espoir

 

avait tiré un trait définitif sur sa candidature

 

et lui avait renvoyé son portrait.

 

 

 

Le 9 mars

 

Voilà sa vie, costume, cravate, photos ;

 

costume, cravate, entretiens…

 

Et ça n’en finissait pas.

 

 

En rentrant chez lui,

 

Arthur pestait :

 

quel clown, quel travail

 

et quel métier de clown.

 

 

A midi, en prenant rituellement le métro,

 

il retrouva la femme aux yeux d’or

 

et puis il replongea à quatorze heures,

 

dans le silence de l’écriture, véhiculé par le 86.

 

 

 

 

 

Mots de l’année 3 - Mots de février

028.jpg

 

 

 

 

Le 23 février

 

Pedro était sculpteur et chilien.

Arthur et Agathe l’admiraient profondément,

mais Agathe l’admirait encore plus.

 

Il travaillait actuellement sur une

sculpture monumentale

que Beaubourg lui avait demandé.

 

C’était arrivé tout bêtement,

il était en train de finir les tracés de la base,

quand, à la suite d’un faux mouvement,

le monument avait basculé,

Pedro était dessous.

 

Arthur n’avait pas demandé d’avantage d’explications à Agathe,

il avait pris les clefs de la voiture et appelé l’ascenseur.

Il déposa Agathe devant le vieil immeuble,

où se tenait l’atelier de Pedro,

rue du Chemin vert.

 

Arthur repartit immédiatement,

il était tout bizarre.

Il se demandait un peu,

quel rôle il jouait, là-dedans ?

 

Il rentra chez lui, un peu désorienté.

Alluma la télévision et machinalement,

se prépara un risible dîner,

sans envie, sans plaisir.

 

Fanny était en vacances,

il était presque soulagé

d’être seul.

 

 

Le 25 février

 

Agathe lui donnait des nouvelles tous les jours,

avec empressement.

Elle jouait à merveille son rôle de garde blessé,

elle qui, pourtant, était si sèche et acide avec Arthur

dont elle ne supportait aucune faiblesse.

 

On était à la fin de février,

Agathe revint à la maison au bout de quelques jours,

le grand blessé souffrait d’une petite luxation de l’épaule.

Le moral d’Arthur était au plus bas.

 

16.07.2009

Mots de l’année 2 - Mots de décembre

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Balise tribord

 

 

 

Le 7 décembre

 

Le vent, les embruns sont absents.

C’est si bon la mer, sensations élémentaires.

 

On a froid, on se couvre,

on est mouillé par des averses salées et poivrées,

l’écume blanche, l’odeur du fuel.

L’odeur des ports, pouassante et enivrante.

 

Je veux la mer, le clapotis et le vent,

le ciel bleu et nuagé,

les cormorans et les piquets de parc,

insignes noirs plantés dans la beauté.

 

La mer est folle,

élément bleu, froid, contraste.

Le soleil joue avec les rochers immergés,

lichen noirâtre, reflets étincelants.

 

 

Le 12 décembre

 

Ca sent bon.

Dans quinze jours, j’espère que nous partirons

avec l’œil neuf de nos mentalités de photopathes.

 

Il faudrait remettre en état le magnéto portable,

pour ramener un peu des brisants,

goélands, cormorans, hérons

et la poule faisane qui nous attend.

 

Vie fantastique de poule,

fermière sur une île en Bretagne,

elle est apparue avant le tournage du film.

 

Cela devait l’intéresser,

elle a pondu dans un petit chemin

et elle est restée.

 

Il faudrait lui amener un copain,

à moins qu’un cousin,

canard ou marcassin,

un voisin quoi !

 

Poule de mer,

oiseau amphibie,

à force de regarder la mer,

elle deviendra peut être intelligente

 

 

Le 17 décembre

 

Nuit d’été lourde et oppressante.

La fille, tout à l’heure,

qui cligne de l’œil et me demande

si je viens, chéri ?

 

Elle croit que je suis payé pour quoi,

Pour visiter les étages de la rue Saint Denis.

 

 

Le 21 décembre

 

J’ai envie de vivre, moi

et oui, ça doit vous faire tout drôle, ça.

On pourrait élever des cochons,

pour les manger bien sûr,

pas pour leurs oreilles.

 

Bientôt les papillons reviendront,

des oiseaux avec leurs paroles,

leurs moucherons,

le garde manger.

 

Si les oiseaux avaient des congélateurs,

quelle bonne idée,

dans le tronc de chaque marronnier,

un congélateur collectif pour moineaux.

 

Depuis le 10 mai, quel changement,

quel appétit surtout.

Bandes bleues et roses qui pendent

en face de ma fenêtre,

qui se sont échappées d’une autre fenêtre,

en face, accrochée au balcon,

c’est trop beau, couleurs, photo.

 

Mots de l’année 2 - Mots de novembre

Henner Portrait de Mme Kessler.jpg


Jean-Jacques Henner : Portrait de Madame Kessler



Le 6 novembre

Même si je cherche un appartement,

Ce n’est pas une raison.

Je suis payé pour être là,

là, je suis et là, j’écris.


Quel enchaînement,

quelle coulée de logique,

balistique,

fer forgé.



Le 10 novembre

J’ai toujours faim.

Si j’étais argenté (goéland argenté,

pardessus noir et chaussettes blanches),


je crois que je courrais manger

un hamburger double ou triple,

avec plein de crème - sauce, c’est si bon,

de s’engouffrer dans un plaisir doux et plein.


Oreillers, couettes, humidité, vieille maison,

belles maisons, rues et paysages,

tout est beau, mais on ne peut pas toucher,

simplement se coucher et grelotter.


C’est le printemps, criaient les otaries dans ma tête,

dans ma nuit de fils rouges.

Je vis avec une magicienne, qui cherche.

Je la suis de loin, car je ne suis pas magicien.



Le 16 novembre

La neige est froide d’accord,

mais on mange bien à la montagne,

une bonne raclette fumante,

à moins qu’une choucroute...


Il est un peu tôt quand même,

10h30 et je suis à peine réveillé,

encore courbaturé, ensommeillé.


Si ce n’était la faim,

je ne sortirais pas de ce bureau

qui n’est pas mien,

je ne veux pas, je n’y tiens pas.


Un lundi sans courage,

comme un autre.

Je souhaite qu’il n’y en ait pas beaucoup d’autres.



Le 20 novembre

Merlin, au roi Arthur :

Soit, je t’y emmènerai

et tu connaîtras le monde

et la femme qui est plus que le monde.

Mots de l’année 2 - Mots d'octobre

Entre ciel et terre.JPG


A Beaubourg, un jour



Le 5 octobre

Ecriture, photo, language, même langage.

Tristesse, remuer le sable des rues.


Bouche de métro,

sort dans rue pavée grise, mouillée,

ensoleillée par le coin coin d’un canard blanc et sale.

Tellement sale, mais tant attendu, ce cri du ciel.


Une soirée à comparer Barcelone et Paris.

Barcelone est lumière, Paris est grise,

cela ferait un beau mariage.

Paris est asexuée, Barcelone est une femme.



Le 9 octobre

Je suis entre le rêve et la terre.

Le soir, la nuit, le week end,

je suis bien, presque bien.

Je suis ailleurs, dans la pureté,

dans le regard, dans les images, les sons, la matière.


S. remue tout, pour moi, témoin,

elle fait tout vivre,

elle est la vie.



Le 15 octobre

Ce roman qui me tient,

quand le finirais-je ?

Il faut que je le pousse devant moi.


Lui est prêt, mais c’est moi le traînard.

Je sais que c’est dur.

Mais je dois être.


Froid blanc, froid dur, cristallisé, frissonnant.

Paris manque de bleu,

le vert on s’en fout,

c’est sale et ça tache la chlorophylle.


Ecriture au dessus de tout soupçon,

à moins qu’un vice de construction,

fasse jouer la garantie décennale.


Ecriture tous risques,

stylo à quatre billes motrices.



Le 19 octobre

J’ai faim.

Je crois qu’il faut être tout maigre pour bien écrire,

amaigri par la vie,

ratatiné par les trottoirs sales, glissants.


Il faut aimer les feuilles mortes,

avec ou sans hamburgers,

mais avec de la mayonnaise, douce et suave.



29.4.05 02:46 8 Commentaires

Moreta / Site web (29.4.05 07:38)
Et le 3 octobre, alors? Pas de pensée?
C'est l'anniversaire de Moreta,
Une rose comme il se doit ;-)

Giovanna (29.4.05 09:46)
..j'vais te pousser au cul moi tu vas voir pour ton roman, ça va pas traîner
trois mails par jour jusqu'à ce que tu rendes l'âme ...
Bjr J.

LPSP (29.4.05 10:32)
Oui, bonjour, Service des réclamations du blog, que puis-je pour vous gente dame Moreta.
Ah, c'est pour une histoire de date.
Si je comprends bien (familier, le chose !) tu veux une rose pour une date qui existe pas dans les pensées de mots du monsieur des portes, tout ça parce que c'est ton anniv' (ou annif') dans six mois! Et pour Noël, c'est pareil, tu veux déjà ton cadeau de Noël!
Bon, t'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas gagné, c'est avec un enthousiasme délirant et surtout très spontané que le responsable du SAV t'offre cette magnifique @}>~~>~~
de chez Picard.
Ciao, Merci, Gute Nacht.

LPSP (29.4.05 10:38)
Ciao Bella,
Alors tu es tombée dans l'escalier de ton blog ?
C'est bizarre, tu as disparu comme ça d'un coup.
Ca doit être un secret d'Etat, un truc en rapport avec le Kominterm.
Si, tu sais, comme le débile de curé polonais qui transmettait des informations confidentielles à un monsieur habillé d'un chapeau et d'une gabardine, il ne savait pas que c'était un espion, il croyait que c'était un sondage pour le panel Nielsen !
J'espère que tu vas bien.
Je t'embrasse

Antiope (29.4.05 12:59)
Toujours aussi belle, cette rubrique !

LPSP (29.4.05 14:23)
Antiope,
Toujours aussi élégante et gentille.
Tes notes nous manquent, tu sais ?
Je vais déguster ta douceur avec un plaisir exquis.
Comment tu as deviné que j'aimais les bonbons ?
Pour revenir aux choses de l'âme je suis ravi que tu ais distingué ce texte là, car c'est mon préféré.
Merci.
Ciao, ciao.

Moreta / Site web (29.4.05 14:41)
Hé, Giovanna, tu l'auras voulu! Je m' y remets.

LPSP (29.4.05 14:58)
C'est bizarre, on dirait qu'il y a un peu de friture sur la ligne:
On entend mal le juge arbitre : Ah un point de pénalité pour Giovanna (Ah, ces italiennes) qui a jeté sa raquette sur le juge arbitre, habillé en Kilt, oui celui de l'autre jour qui a un espèce de Levier, ça doit être pour décapsuler les bouteilles de Scotch, non ?
Il est tout rouge, il a pris la raquette dans les ...
Eh, oui ça fait mal!
Bon revenons au match :
15 - 30 ; Giovanna au service...
Soyez sages les filles, on ne tire pas les cheveux, non...