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06.03.2006
Demain,
La sensualité dégagée par les images d'Utamaro provient
de l'habileté du peintre à reproduire avec élégance
et raffinement les scènes banales de la vie, mettant
en valeur toutes les qualités possibles.
Utamaro puise son inspiration dans la beauté féminine et
crée ainsi l'okubi-e ("image en demi-buste"), style qui
deviendra célèbre par la suite pour ses représentations
de courtisanes.
Beaucoup s'évertueront à dire qu'aucun artiste d'ukiyo-e
n'avait encore peint la beauté des femmes aussi
profondément comme l'a fait Utamaro.
Ceci est en effet exact.
Les femmes d'Utamaro expriment une certaine sensibilité
qu'aucun artiste d'ukiyo-e n'avait réalisée avant lui.
Il avait expérimenté quelques nouvelles techniques pour
montrer les tonalités de la peau de ses portraits de femmes
d'une façon différente et plus douce.
En 1804, la censure très stricte de l'époque le condamne pour
une de ses oeuvres jugée inconvenante.
Il est donc emprisonné pour avoir représenté le shogun
Hideyoshi(1536-1398) au milieu de 5 de ses concubines,
un outrage qui lui vaudra son arrestation.
Selon certaines sources, Utamaro aurait été emprisonné
brièvement et forcé à porter un collier en fer en gage de
punition.
Cette humiliation aura un impact dévastateur sur lui,
le plongeant dans des dépressions sans fin.
Néanmoins, malgré son désarroi, jamais il ne cessa de
distribuer des copies de ses oeuvres et ce,
jusqu'à sa mort en 1806, âgé alors de 53 ans.
Okita de la Maison de Thé Naniwaya

Estampe de 1790
Je me suis promené,
au milieu des arbres, des maisons et des rues.
Je m'arrête. Je lève la tête.
Je cherche les oiseaux.
J'admire les branches, je tâte des yeux
l'écorce noircie par la vie.
Je pars par des rues de traverse.
C'est joli ici, que les maisons sont belles...
Et le ciel de ce soir...
Des couleurs à palir, à frémir.
Du noir, de l'or, du gris et un pourpre orangé,
à en fermer les yeux.
Tout à l'heure déjà, ça me revient
j'ai croisé une jeune femme.
Je me suis dit "Tiens, c'est toi",
très vite, comme ça.
Je n'ai même pas eu le temps
de te sourire, de m'excuser d'être là,
comme une ombre, sans ombre.
J'aurais voulu me distinguer, me pousser, me...
Tu étais déjà partie, même pas arrêtée,
déjà loin.
J'ai soupiré, rangé l'appareil photo dans son étui.
Senti le froid, rangé les mains.
Je repars. Sans freins, je marche, je croise,
je hume, je vise et je cadre mes prochains clichés.
Je ne vois pas de jolies femmes.
Il fait trop froid, pas assez de lumières.
Les beautés ont conscience de leurs responsabilités,
vis à vis de leur public d'admirateurs et d'expertes
en jalousies.
Elles ne descendent pas dans l'arêne de la rue,
pour se cacher ou s'isoler.
Tous les jours, elles montent sur scène.
A chaque minute le grand jeu.
Un regard, l'éclat d'une cuisse me suffisent.
C'est beau la vie.
Sur le chemin du retour, au coin d'un chemin,
j'aime bien les filets d'arbres devant le conservatoire
de musique, je m'arrête et je planifie des angles.
Un être vivant, vêtu de noir, sort en courant,
trébuche, et m'évite en éparpillant ses papiers.
Je ramasse les cahiers de musique et les partitions.
Je n'ai pas besoin de lire ton nom.
J'ai reconnu l'écriture fine et déliée de mes morceaux
préférés :
Notes et Le Baume
Le bonheur, c'est la musique de la vie.
00:50 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
c'est idiot, mais ça me fait plaisir de te voir écrire le mot "bonheur"....
un jour, je te ferai un thé et je te parlerai du regard des hommes, les "autres", ceux qui salissent, c'est très dur, tu sais.
.il y a quelques années, une amie qui a voyagé avait fait à ma princesse le même chignon qu'Okita: souvenir éblouissant!
Ecrit par : clandestine | 06.03.2006
Merci Clandestine,
tu es toujours aussi gentille et la justesse de tes mots a des vertus apaisantes.
Le tea c'est une très bonne idée, je t'amènerai des biscuits au pain d'épice et à la cannelle, tu verras c'est une vraie merveille (et la patronne de la boutique anglaise qui les vend, à couper le souffle...) Je m'égare, comme d'habitude. On s'habitue, non ?
Tu peux me parler du regard des hommes, de la mer et des goélands, de tes combats pour des mondes meilleurs, de la vie en somme...J'aime bien quand tu parles. J'aime t'écouter et te regarder parler, ça c'est du plaisir !
Parce que une femme sans parole, c'est quoi ? Tu crois que ça existe ?
Les coiffures des femmes d'Utamaro sont souvent très sophistiquées et j'adore les tonalités de noir des cheveux, j'en mangerai tellement c'est beau.
Je t'embrasse, bonne journée, prends bien soin de toi,
Je pars entre deux averses de pluie neigeuse.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 06.03.2006
toujours sans voix suite à la lecture de tes textes. Commentaire muet admiratif.
Ecrit par : goutte-de-soleil | 06.03.2006
rien à dire de plus que Goutte en effet, continue pour notre plus grand plaisir ...
Tendresse champenoise
Ecrit par : Jehanne | 06.03.2006
Goutte de Soleil,
Cela se voit quand tu es là. Du soleil dans toutes les pièces, c'est toi. C'est ta force vitale et c'est le bonheur que tu transmets, autour de toi.
Tu me donnes encore plus envie d'écrire. Tu sais, je suis très fier que tu sois là et je t'en remercie.
Pensées de mots.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 06.03.2006
Soeur Jehanne,
Décidemment, tu es partoute.
Tiens ça te plait ce que j'écris !
Je sais que tu as tout lu depuis le début, mais tu me donnes rarement ton avis...Encore un problème de décence certainement !
Ecrire, c'est ce qui me donne le plus de plaisir, donc je vais continuer à te plaire...(pas de chance, en somme!).
Ciao Bella, ciao
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 06.03.2006

