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12.11.2006
Chiricahuate ?

Le lendemain devait être un grand jour pour moi.
Je devais commencer à aborder le monde de Ludie.
Rien que d’y penser, en la regardant boire son tea,
le délicieux Traditionnal English de Twinings Classics,
j’en avais des frissons.
« Ludie, c’est quelle autoroute déjà ?
- Je ne sais plus chéri, une I quelque chose, sûrement !
- Attends, d’après le guide, la I-95 traverse du nord au sud les villes de Baltimore, Washington, Richmond et Petersburg alors que, d'est en ouest, la I-64 relie le bord de mer de la Virginie dont Norfolk, Virginia Beach et Williamsburg à Richmond, Charlottesville et la vallée de Shenandoah où elle rejoint la I-81 qui traverse la vallée et avec la I-66 pour revenir à Washington.
- Tu m’en diras tant, homme savant !
- Ca je m’y attendais…Rester deux minutes sans te moquer
de moi, c’est trop, bien sûr !
Pour la peine je te, je…
- Tu, Trésor, tu…
- Je me jetterais sur toi, et je dévorerais tes pieds ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait.
J’embrassais avec passion et frénésie ses pieds,
deux merveilles inestimables et je restais là,
assis à ses genoux, comme le chien de sa maîtresse.
« Bon alors, mon toutou français, tu t’es décidé :
soit on rentre en voiture de Virginia Beach à Charlottesville,
soit on prend le train avec la Compagnie de Washington,
l’Amtrak qui dessert Charlottesville à partir de Newport News,
soit encore, on prend un joli autocar Greyhound…
- Bof…
- Bof quoi, mon chéri ?
- Moi je,
- Toi tu…
- Moi je tutute tu vois !
Bon, arrete de me distraire, d’abord.
Moi, je veux rentrer en bateau.
- Ah oui…Tu es sûr que tu ne veux pas essayer la navette
spatiale, la girafe à bosses ou la mygale traçante…
non, c’est le bateau, tu es bien sûr ?
- Oui, amore mio !
J’ai vu ça hier à Norfolk, à la capitainerie du port :
Il y a des bateaux-taxi disponibles dans les villes
fluviales et maritimes, à Hampton, Newport News,
Norfolk et Richmond.
- OK, Baby.
Je suis prête pour la croisière.
On va à Hampton, faire un peu de tourisme et on prend le bateau jusqu’à Richmond.
- Viens Divine, viens Ludivine, on y va. »
Elle se retourna et son sourire illumina le chemin de mon cœur.
La pancarte disait :
Hampton, le plus ancien site pionnier anglais existant encore.
Nous étions arrivés et nous commençâmes par visiter
le port de Hampton Roads.
Le bureau du port était une belle cabane en rondins
peinte en vert, avec des motifs bleus soulignés de noir.
A côté du comptoir, le mur était recouvert d’illustrations
anciennes et de portraits.
J’étais resté en arrêt, saisi, hypnotisé devant
la reproduction d’une très vieille photo.
« Hey Ludie,
- Oui, qu’est-ce que tu regardes, les plumes ?
- Moque-toi de moi, Indienne des villes, heu dis-moi,
les Chiricahuas c’étaient bien des sortes d’Apaches
parmi les plus, les plus…
- Oui. »
me dit elle comme à regret.
« Ceux-là c’étaient des durs et leurs chefs
sont devenus des mythes.
Dans le désert leur nom n’est pas effacé :
Cochise et après Geronimo,
et après…
- et après ?
- Le silence…
Bon, allez viens on s’en va.
Dans le bateau-taxi qui nous ramenait, Ludie était un peu ailleurs, comme soucieuse.
Elle se tourna vers moi et me dévisagea de ses grands yeux
curieux avec une nuance d’inquiétude.
« Alors, ça t’intéresse sérieusement ces Indienneries-là ?
- Oui, enfin je ne sais pas, je crois…
- Ah !
Et elle poussa un profond soupir.
Après quelques minutes de recueillement, elle se reprit
et serra très fort ma main dans les siennes,
elle était émue et déterminée.
« Ne m’en veux pas Alex mais tu sais, je suis Américaine
et pour certaines choses, je ne suis pas très à l’aise,
pas forcément très rationnelle.
J’espère que tu ne m’en veux pas.
- Je suis là, Ludie.
Je t’entends et je t’attends.
Comment te dire, sans faire trop compliqué, pour ne pas t’effrayer…
Bon voilà, pour moi tu es à la fois une femme et une divinité…
Ca va, tu tiens le choc ?...
- Tu es fou, tu sais Alex. Tu es complètement fou
et je suis si heureuse que tu sois là, enfin.
At Home, 27 octobre & 12 novembre 2006
21:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
je ne sais pas ire bonsoir en chiricahua, je le fais avec les yeux, d'accord?
Ecrit par : passagère | 12.11.2006
Hello Indienne Clandestine,
C'est pratique pour la décoration de ton hogan(une sorte de hutte en dur), tu as déjà les plumes de gabian.
Avec les yeux c'est bien, surtout les tiens, si verts...
Comme je suis poli, je réponds avec les oreilles (je les laisse pousser, c'est très tendance).
J'espère que tu vas bien, Femme de là-bas.
J'apprends le Navajo et si tu n'es pas pressée, un jour je te donnerais des cours particuliers.
Baisers de lumière noire (c'est chic, non ?)
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 13.11.2006
... bonjour en Franc-Comtois ;-)
et bisous tout mouillés ... à bientôt mon tendre ami.
(as-tu remarqué comme il reste beaucoup de feuilles à cette époque ?)
Ecrit par : pseud | 13.11.2006
Hello Comtesse,
C'est vrai que tu parles la langue des bois, avec l'accent et tout.
Comme ça, il pleut encore chez toi. Je sens que tu vas encore attrapper froid.
Fais attention, les machins de poitrine, pour les femmes, c'est pas terrible.
Dans tes promenades entre Rhin et Saone, si tu rencontres le vent qui chante, tu l'embrasseras pour moi.
Pour la chlorophyle ça baigne ici aussi, tous mes arbres sont encore en feuilles, les peupliers et les érables aussi font de la résistance.
C'est le début de l'automne, la sève fredonne, les oiseaux s'organisent, ils font des plans, préparent des invasions, des désertions.
Je t'embrrrasse.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 13.11.2006

