« Main divine | Page d'accueil | Chinoise d’Afrique »
26.11.2006
Progrès

Finalement, nous avons pris le train de l’ Amtrak pour rentrer
« chez nous » à Charlottesville.
Le trajet n’était pas très long. C’était dommage, j’adore le train.
Le paysage était uniformément beau, des arbres, des forêts des prairies vallonnées et des rivières, petites et grandes qui se jetaient dans la James River dans l’espoir de voir la mer.
« Hey Ludie, c’était bien notre hôtel, dis !
- Grrrrrrr ! »
J’adorais la déranger pendant qu’elle lisait. Je n’aimais pas qu’elle m’abandonne ainsi...
Pour me venger, je m’agenouillais devant elle, je défis la lanière de ses sandales et j’ensevelis ses pieds de baisers.
« Alex, sois sage, on n’est pas tout seul !
- Si justement. Pas de chance, le train est quasiment vide... »
Elle me sourit, s’étira très lentement, comme au ralenti et me tendit les bras.
Je me précipitais contre elle et j’enfouis ma tête dans le relief moelleux de sa poitrine.
« Le paradis...
- Tu disais, mon chéri ?
- Heu, moi, et bien je disais que tu faisais des progrès.
- Ah, tu trouves que j’ai amélioré mon parlé français ?
- Ca c’est sûr, je trouve que tu parles très bien mais je voulais juste parler de tes seins qui sont les plus beaux de la terre et je trouve qu’ils ont encore grossi, hum !!!
- Ce n’est pas étonnant, avec toi, je mange tout le temps, donc j’ai du grossir, voilà, c’est de ta faute... »
Et elle se replongea dans sa lecture. Moi je replongeais dans sa poitrine. Sa main caressait mes cheveux...
Je me sentais bien, comme un chat heureux de partager la chaleur de sa maîtresse.
Un coup de sirène me fit relever. Dans un cliquetis redoublé de bogies, nous croisâmes un autre train gris dans un joyeux tintamarre.
Ca sentait les vacances.
Je pris un magazine dans la pile effondrée sur la banquette et je m’arrêtais à un article sur Appomattox.
« Ah mais c’est que c’est un lieu célèbre Appomattox, tu te rends compte Divine, il y a eu des batailles et tout...
- Oui, mon Trésor, par ici il y a eu beaucoup de combats, n’oublies pas que pendant la guerre de Sécession, la capitale pour tout le Sud était Richmond, alors...
- Oui c’est vrai. Tiens ils ont restauré toutes les maisons de la ville ancienne, ça a l’air assez joli, et en plus c’est tout près de Charlottesville on pourrait allez y faire un tour, non ... ?
- Yes my dear et je t’emmènerais voir les Appomatucks Indians, tu verras...
- Vrai ! Oh Ludie, tu es si mignonne, si...
Tu es ma Princesse, really you know !
Tiens je vais finir par croire, comme Caroline, que tu es Pocahontas...
- Qui ça, Pocaquoi ?
- Heu, keep quiet Ludie, tout va bien, je voulais dire Matoaka, c’est tout, tout baigne... »
Parfois, elle me faisait presque peur. Pas comme un être humain qui peut être cruel, méchant ou stupide, non c’était comme se trouver devant un phénomène naturel grandiose et paralysant, une tornade ou plutôt un orage magnétique, oui c’est plutôt ça ...
« Mon Chéri, OK j’avoue, je suis la Mère du Monde, mais surtout pas la petite princesse.
Tu sais je l’aime bien et elle était si jeune. A chaque fois que je suis proche de la rivière je pense à elle et je deviens triste, car mourir à 22 ans loin de chez elle, dans l’humidité de l’hiver anglais, c’est vraiment terrible...
- Ah, ce n’est pas toi, alors !
- Non, même si il parait que je lui ressemble beaucoup, si tu avais bien écouté le cours de Wanda sur les différentes langues Indiennes, tu aurais compris que je suis issue du groupe des langues Apaches alors que Powhatan le père de Matoaka conduisait des tribus Algonquines comme...
- Comme, comme ...les Creeks ....euh, ceux que tu n’aimes pas, les Cheyennes...
- Oui et aussi les Micmac qui sont toujours assez présents au Canada
Tu sais Ludie...C’est quand même toi la plus belle, la seule, l’éternelle Ludivine de mon cœur.
Le train entrait en gare de Richmond.
Je lisais un article sur une célèbre Agent Spécial du FBI qui me troubla d’autant plus que je me rappelais des précisions microscopiques que ma Ludie m’avait données ici même sur le Bureau Local.
« Et Ludie, c’est incroyable, ça pourrait être toi, écoute :
L'agent S. a passé un diplôme de physique à l'université du Maryland avant de terminer ses études de médecine.
- Ah oui, c’est intéressant...
- Et, ce n’est pas fini : diplômée du FBI à l’Académie de Quantico en 1992.
Dans l’article, on dit même qu’elle aurait eu une relation avec son instructeur...
- Eh, eh, c’est vraiment intéressant...
- Oui, je trouve aussi. Je me demande, je me demande...
C’est où déjà Quantico, Ludivine, Ange tombée du ciel ?
- C’est en Virginie, mon chéri...
At home, 26 novembre 2006
12:28 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
je ne peux pas m'empêcher de me demander si les gens fument plus qu'ailleurs, en Virginie....?
Ecrit par : passagère | 26.11.2006
l'Amtrack, je me souviens l'avoir vu dans un documentaire, c'est un monstre !
Et comme les trains me fascinent, tout comme tes histoires .. vite, la suite ! ;-)
Quelle belle indifférente, cette Ludie !!!
Je t'embrasse quand même ? *rrr*
Ecrit par : pseud | 26.11.2006
Hello Passagère Clandestine,
Tu es montée à l'avant de mon train, pour respirer les parfums du pays de la Reine vierge.
Effectivement la culture "industrielle" du tabac a commencé en 1584 avec la création de l'Etablissement de Virginie par Walter Raleigh. Aujourd'hui par contre, c'est devenu une activité très secondaire en Virginie.
Mais ça ne dérange plus les Indiens, eux depuis trois mille ans ils fument du tabac, c'est obligé, pour la magie et les rites de guerre...
Un jour, il faudra que tu arrêtes toi aussi...
Bisous Indian G.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 27.11.2006
Hello Pseud,
Tout baigne, le train arrive.
Oui j'aime bien les gros trains américains (et japonais).
On dirait des fusées sur rail, un peu fainéantes.
Tu as vu tous les trucs bizarres qu'elle me fait ma divine Ludivine. Je trouve ça bien comme elle est à la fois si près et si loin !
Peut être parce que c'est une Indienne ?
Sûrement parce que c'est une femme...
Baisers dorés (sur tranche, avec ou sans bacon ?)
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 27.11.2006

