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29.11.2006
Nouvelles du jour

Arrivés à la gare, ça me faisait drôle d’arriver là, comme si nous étions de retour chez nous, après être partis depuis longtemps.
C’était un peu bizarre, comme si l’homme qui avait débarqué de Paris il y a une semaine pour voir une amie qu’il n’a jamais vu, ce n’était pas moi, ce n’était déjà plus moi.
Dans le grand hall j’achetais l’édition du week end du Charlottesville Observer, avec son supplément touristique.
J’étais sous la verrière, comme une marmotte qui se laisse lécher par le soleil.
Pas très vivace, comme engourdi de bonheur.
Allez viens Alex, juste une signature !
Elle était devant le stand Avis.
« Ok, c’est quoi, cette fois, une Lamborghini ?
- Alex, tu exagères toujours, tu me connais pourtant !
- Oui, Indienne brunette...
Eh Ludie, une Indienne blonde, ça doit être délirant, tu crois que ça existe ? »
Elle me regarda d’un air à vous couper la tête d’un seul battement de cil...
« Parfois mon Ange, ce n’est pas que tu sois franchement susceptible, mais des fois...j’ai,..., enfin, tu me...
- fais peur !
J’espère bien que tu as peur de moi. Comme pour toi je ne suis qu’une bête sauvage, qu’une chienne...
- Une louve...
- Non, non je me rappelle bien, tu as dis que j’étais la chienne noire qui...
- Une louve, c’est mieux, non ?...
- Tu vas me rendre folle !
Déjà que toi tu as déraillé depuis un moment, mais alors là un dingo grisonnant et une chienne noire, c’est sûr qu’on est le couple de l’été...
- Vive les vacances !
- Arrête de dire des bêtises et aide moi à trouver cette cochonnerie de voiture.
- Mon cœur, tu as les...dessus. C’est notre bétaillère je crois, non ? »
Ludivine se mit à rire.
« Bon, toi, laisse mes seins tranquilles !
Pour le moment, tu es privé de dessert. Ca t’apprendra ! »
Elle cherchait les clefs dans le sac de voyage, perdait ses chaussures, pas attachées, nous avons failli tomber sur le gravier.
Je la pris dans mes bras.
Elle rejeta ses cheveux en arrière.
« Je t’aime Si fort Ludie chérie, comment te dire ?
- Embrasse moi, encore, encore... »
Notre voiturette en deux tons de gris était une énorme Land Cruiser Toyotesque.
C’était bien arrangé et si spacieux qu’on pouvait facilement dormir dedans.
« Tu vois, c’est bien, comme ça on économise le taxi pour aller à l’hôtel et on a déjà la voiture pour aller se promener...
- Tu es Divine, Ludivine, on n’y peut rien, c’est comme ça, tu es une génite de la vie.
- Je sais, je sais ; Je vais finir par le croire. Fais attention Alex, l’amour ça fait changer les femmes et ça leur fait faire des choses inimaginables, tu sais ?
- Oh yes Ludie, mais no problem, avec toi je m’attends à tout, je suis prêt pour tout ce que tu vas expérimenter sur moi... »
Elle fronça les sourcils.
Elle conduisait vraiment très bien, comme une pro du volant. Peut être que c’est dans son laboratoire de physique nucléaire qu’elle prenait des cours sur des engins étranges et variés ?
« Tu as encore rêvé à ton histoire de pyramide avec les flammes et le sang qui jaillissait de partout ?
- C’est dingue Ludie, tu penses les mêmes choses que moi, au même instant !
Je commence à comprendre des choses à avoir des pistes de réflexion...
- Ah oui, dis moi.
- Et bien tu sais, tu es quand même une curiosité, une vraie et j’ai bien fait de franchir des milliers de kilomètres pour te rencontrer...
- Ca c’est vrai. Je t’aime trop...Ce n’est pas normal, je ne devrais pas t’aimer comme ça !
...
Bon alors si je suis tant que ça une bête curieuse, tu vas demander mon inscription dans le Livre des Records ?
- Oui, tout à fait, et pour deux faits d’arme.
Premièrement tu es la seule femme au monde qui n’a pas, qui n’a jamais de sac à main ou l’équivalent. Tu es la seule, l’unique, c’est sûr.
- Euh, c’est les vacances, tu sais...
Et surtout ! le plus grave, le plus intolérable, insurmontable, inénarrable...
- Ne t’étouffe pas, hein Alex...
- C’est ça, rigole ! Profite de tes dernières secondes d’anonymat... »
Ludie se redressa et se raidit considérablement.
« Voilà, je t’annonce que tu es la seule femme sur terre et ailleurs qui ne téléphone jamais !
Donc...
- Donc ?
- Donc, comme c’est impossible, j’en déduis que tu n’es pas une femme...
- Et alors ?
- Et bien comme tu es largement pourvue en attributs féminins...j’en déduis que tu n’es pas humaine...Voilà, ma chère, les nouvelles du jour !
Et...
Et, tu m’aimes quand même ?
At home, 29 novembre 2006
12:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
elle est pas un peu énervante, cette princesse ferroviaire (et lamborghinesque...ma voiture préférée....) à être toujours aussi parfaite...?
Ecrit par : passagère | 29.11.2006
Tu es trop mignonne, Gabianette G.
C'est vrai que ma Ludivine cultive un aspect un peu lisse comme ça...Je pense que c'est très construit de sa part mais c'est aussi très féminin cette façon énervante d'essayer de toujours garder le contrôle. J'ai aimé pas mal de femmes comme ça, très attirantes, très interessantes à regarder vivre mais toujours des inconnues, des surprises sur pattes, même dix ans après.
J'ai l'impression que ma Gabiane préférée est plutôt comme moi, on fait dans la spontanéité et le sincérisme mais je ne suis pas sûr que nous soyons mieux compris.
Aujourd'hui la sincérité est devenue un truc étrange quasi déviant. J'observe les gens autour de moi et je vois beaucoup de peur et d'incertitudes. Je crois qu'ils ont même peur d'eux mêmes !
Je t'embrasse toi qui porte l'amour en toi.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 30.11.2006

