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30.11.2006
Voix

Arrivés à l’hôtel, je retrouvais avec plaisir ma, enfin
notre chambre ensoleillée.
J’allumais l'ordinateur et puis je fouillais dans la valise pour débusquer mon portable afin d’écouter les messages.
Mes vieux amis, Stanislas, Charles et Louis, toujours aussi sympas, mes nouvelles amies, Isabel, Dawn, Loreta, toujours aussi charmantes...
« Ca fait rêver !
- Qu’est-ce que tu dis mon chéri ?
- Je dis OK, tout est parfait.
- Bon je finis de me brosser les cheveux et on part.
Tu as besoin de quelque chose ?
- d’un calin !
- d’autre chose ?
- un café !
- Ca c’est parlé.
Tu connais un endroit où le café est comme tu l’aimes,
crémeux et tout.
- Oui Ludie chérie. J’en connais même plusieurs dans le centre, mais j’aurais bien aimé changer, aller du côté de la rivière...
- La James River ?
- Non pas la grande, un de ses affluents, la Rivanna River, j’ai vu une photo avec un bac qui traverse, ça a l’air chouette...
- Oui mon Chou, c’est joli, mais tu ne trouveras rien là-bas à part des sentiers de randonnée ou des chemins pour les deux roues...
- C’est dommage. Tu vois, je n’ai jamais de chance, moi d’abord, Ludie chérie, Ludie...
- Oui j’arrive !"
et elle sortit de la salle de bains, nue et anormalement belle.
Elle m’assit sur le lit et debout contre moi me donna ses seins.
« Ludie, c’est trop bon !
- Je sais Trésor, c’est pour ça qu’il ne faut pas abuser, sinon, crac, c’est l’overdose !
- yes Amour de mes jours, j’ai trouvé.
On va aller au Blue Bird Café. C’est sur West Main Street.
D’après mon magazine ils font tout :
Breakfast, Lunch, Dinner et même le Brunch le week end.
Ils ont une nouvelle salle de restaurant et un patio fameux !!!
- OK guy, on verra bien ! »
Elle tapait sur les touches du Computer avec une vélocité sidérante
« Au fait, ça va chez toi, les nouvelles sont bonnes, les parisiennes te manquent déjà ?
- Tu te moques toujours de moi !
- Tu aimes ça !
- C’est vrai, tu as raison.
Femme qui est là, qui remplit mon cœur, qui explose ma vie !
Que ferais-je sans toi...
- J’ai trouvé. Tout de suite. Tu ferais ...avec une autre ! »
Je haussais les épaules. Que répondre ? Comment lui dire ?
« Tu sais Ludie, ce qui me manque aussi...
- Non Baby,
- C’est la voix des femmes de mon pays.
- L’accent, la façon de parler, c’est ça que tu veux dire ?
- Non, mon Cœur. Je parle de la voix, de la tessiture.
De cette façon qu’elles ont de parler comme des bébés avec une voix douce et aigue et quelques instants après, elles prennent une voix chaude et grave...
C’est dingue quand on y pense...
Ah Violette, comme tu me manques !
- Eh, baby, si ta Margueritte te manque tant que ça, tu n’as qu’à la chercher sur le Web...
En même temps je vais en profiter pour regarder ce que tu avais écrit avant de partir... »
Quelques très longues minutes plus tard, Ludie était blême, hagarde.
« Mais tu te rends compte, c’est notre histoire que tu avais écrit là, c’est, c’est ....
- Oh tu sais, j’ai toujours eu de l’imagination...
- Non ce n’est pas possible...C’est fou, complètement fou...
C’est comme si tu avais tout créé, inventé de toute pièces, comme si moi, nous, enfin...
- Comme si tu n’existais pas !
Parfois je me demande...
At home, 18 & 30 novembre 2006
03:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.11.2006
Nouvelles du jour

Arrivés à la gare, ça me faisait drôle d’arriver là, comme si nous étions de retour chez nous, après être partis depuis longtemps.
C’était un peu bizarre, comme si l’homme qui avait débarqué de Paris il y a une semaine pour voir une amie qu’il n’a jamais vu, ce n’était pas moi, ce n’était déjà plus moi.
Dans le grand hall j’achetais l’édition du week end du Charlottesville Observer, avec son supplément touristique.
J’étais sous la verrière, comme une marmotte qui se laisse lécher par le soleil.
Pas très vivace, comme engourdi de bonheur.
Allez viens Alex, juste une signature !
Elle était devant le stand Avis.
« Ok, c’est quoi, cette fois, une Lamborghini ?
- Alex, tu exagères toujours, tu me connais pourtant !
- Oui, Indienne brunette...
Eh Ludie, une Indienne blonde, ça doit être délirant, tu crois que ça existe ? »
Elle me regarda d’un air à vous couper la tête d’un seul battement de cil...
« Parfois mon Ange, ce n’est pas que tu sois franchement susceptible, mais des fois...j’ai,..., enfin, tu me...
- fais peur !
J’espère bien que tu as peur de moi. Comme pour toi je ne suis qu’une bête sauvage, qu’une chienne...
- Une louve...
- Non, non je me rappelle bien, tu as dis que j’étais la chienne noire qui...
- Une louve, c’est mieux, non ?...
- Tu vas me rendre folle !
Déjà que toi tu as déraillé depuis un moment, mais alors là un dingo grisonnant et une chienne noire, c’est sûr qu’on est le couple de l’été...
- Vive les vacances !
- Arrête de dire des bêtises et aide moi à trouver cette cochonnerie de voiture.
- Mon cœur, tu as les...dessus. C’est notre bétaillère je crois, non ? »
Ludivine se mit à rire.
« Bon, toi, laisse mes seins tranquilles !
Pour le moment, tu es privé de dessert. Ca t’apprendra ! »
Elle cherchait les clefs dans le sac de voyage, perdait ses chaussures, pas attachées, nous avons failli tomber sur le gravier.
Je la pris dans mes bras.
Elle rejeta ses cheveux en arrière.
« Je t’aime Si fort Ludie chérie, comment te dire ?
- Embrasse moi, encore, encore... »
Notre voiturette en deux tons de gris était une énorme Land Cruiser Toyotesque.
C’était bien arrangé et si spacieux qu’on pouvait facilement dormir dedans.
« Tu vois, c’est bien, comme ça on économise le taxi pour aller à l’hôtel et on a déjà la voiture pour aller se promener...
- Tu es Divine, Ludivine, on n’y peut rien, c’est comme ça, tu es une génite de la vie.
- Je sais, je sais ; Je vais finir par le croire. Fais attention Alex, l’amour ça fait changer les femmes et ça leur fait faire des choses inimaginables, tu sais ?
- Oh yes Ludie, mais no problem, avec toi je m’attends à tout, je suis prêt pour tout ce que tu vas expérimenter sur moi... »
Elle fronça les sourcils.
Elle conduisait vraiment très bien, comme une pro du volant. Peut être que c’est dans son laboratoire de physique nucléaire qu’elle prenait des cours sur des engins étranges et variés ?
« Tu as encore rêvé à ton histoire de pyramide avec les flammes et le sang qui jaillissait de partout ?
- C’est dingue Ludie, tu penses les mêmes choses que moi, au même instant !
Je commence à comprendre des choses à avoir des pistes de réflexion...
- Ah oui, dis moi.
- Et bien tu sais, tu es quand même une curiosité, une vraie et j’ai bien fait de franchir des milliers de kilomètres pour te rencontrer...
- Ca c’est vrai. Je t’aime trop...Ce n’est pas normal, je ne devrais pas t’aimer comme ça !
...
Bon alors si je suis tant que ça une bête curieuse, tu vas demander mon inscription dans le Livre des Records ?
- Oui, tout à fait, et pour deux faits d’arme.
Premièrement tu es la seule femme au monde qui n’a pas, qui n’a jamais de sac à main ou l’équivalent. Tu es la seule, l’unique, c’est sûr.
- Euh, c’est les vacances, tu sais...
Et surtout ! le plus grave, le plus intolérable, insurmontable, inénarrable...
- Ne t’étouffe pas, hein Alex...
- C’est ça, rigole ! Profite de tes dernières secondes d’anonymat... »
Ludie se redressa et se raidit considérablement.
« Voilà, je t’annonce que tu es la seule femme sur terre et ailleurs qui ne téléphone jamais !
Donc...
- Donc ?
- Donc, comme c’est impossible, j’en déduis que tu n’es pas une femme...
- Et alors ?
- Et bien comme tu es largement pourvue en attributs féminins...j’en déduis que tu n’es pas humaine...Voilà, ma chère, les nouvelles du jour !
Et...
Et, tu m’aimes quand même ?
At home, 29 novembre 2006
12:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.11.2006
Transes

De retour dans notre compartiment, assis en face de Ludivine,
je me laissais bercer par la musique des rails enchaînés...
« Tu dors, Alex ?
- Non, mon Cœur, je ferme les yeux
pour mieux te voir...
- Et ça marche ?
- Bien sûr, Indienne de peu de foi !
- Bon, alors j’attends...Que tu ais fini de me regarder !
...
- Ludie, Ludie !
- Yes
- Ludie, je t’ai vue dans le ciel.
- ?
- Je t’assure tu étais là, au milieu des nuages.
- Ah Oui !
- Ludie, Ludie
- Yes mon chéri
- Ludie, comment on fait pour parler aux oiseaux ?"
Pas de réponse. J’attendis et puis je sentis une douce chaleur
sous le polo, contre mon ventre.
Quel bonheur de sentir la caresse des pieds de ma déesse...
« Tu me gâtes vraiment Ludie, tu sais.
C’est drôle, tu es là, je suis là, ça doit être un rêve, non ?
- Difficile à dire avec toi !
Je me demande toujours quand tu es là ! Je veux dire présent mentalement, avec moi.
Et pas les pieds ici et la tête ailleurs, n’est-ce pas Frenchie ?
- Arrête de m’appeler comme ça.
J’ai l’impression d’être encore plus nouille qu’en vrai !
- Bon, bon monsieur se vexe, monsieur est susceptible, besoin d’un calin ?
- Yes, yes, sono pronto, subito, OK, ça marche !
- Bon d’accord. On verra plus tard...
- Grrrrrr !
- Tiens-toi bien et arrêtes de bouder. Dis moi plutôt ce que tu aimerais voir de notre belle Virginia.
- Je ne sais pas moi, qu’est-ce qu’il y a encore d’envoûtant, de mystérieux, de passionnant, de...
- Ok, Ok. Attends.
Déjà, nous devons aller à Appomattox, avec un peu de chance nous rencontrerons Caroline,
- Et tes amis les Appomatucks,
- Yes, si tu veux.
On peut également aller se balader dans la Shenandoah Valley, je suis sûr que le paysage sauvage et doux à la fois te plaira.
- Ok Baby. Et à Charlottesville, j’ai sûrement raté plein de trucs, non ?
- Pas tant que ça. Tu connais déjà l’Université...
- Oui je sais qu’il y a des enseignements renommés notamment en Astronomie et Astrophysique, en Biologie et Biotechnologie, en Economie et Sciences politiques, en Physique...et en Français.
Un des fleurons de l’Université de Virginie est la bibliothèque qui compte environ 5 millions d’ouvrages.
Tu vois, j’en connais des choses !
- Oui mon Trésor. Et en prime si tu veux tu peux même visiter la chambre d' Edgar Allan Poe à l'université.
- Génial !
Et on verra Sandra Bullock, aussi...
At home, 28 novembre 2006
02:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
27.11.2006
Chinoise d’Afrique

« Ludie tu dors, Ludie !
- Qu’est-ce que tu fais comme bruit...On est où ?
On est reparti, vraiment ?
- Yes Divine, yes miracle de la vie...
- Bon allez viens, on va prendre un café.
Zut, je suis pieds nus !
Qu’est ce que tu as fait de mes chaussures, dangereux fétichiste ?
- Heu, c’est-à-dire je les gardais près de moi, pour ne pas qu’elles tombent du train...
un accident est si vite arrivé !
- Oui c’est cela.
Tu sais Alex, j’aime bien ta folie d’aimer...
- Tu es trop mignonne mon Cœur !
- Oui mais des fois, je me dis que je pourrais être jalouse...
- Ah, oui ?
- Oui Trésor, tu es fou des femmes et moi je ne suis qu’une de leurs représentantes...
- Oui je sais, c’est toujours la même rengaine, tu n’es pas belle, tu ne mérites pas que je t’aime, tu...as un caractère...difficile! »
Elle éclata de rire.
« Alex, tu exagères. Je n’ai pas dit le dixième de tout cela. »
Elle m’attendait debout devant le compartiment, je la pris dans mes bras et je la serrais très fort contre moi.
La voiture restaurant était presque vide. Il faut dire qu’à dix heures, en semaine...
Me méfiant de la grande cafetière chromée au contenu incertain je demandais un tea comme dans tous les pays où le café n’est pas buvable.
« Alex, tu ne bois pas souvent du café, hein ?
Bah, c’est vrai dans la plupart des pays sauf en Italie où j’en bois toute la journée... »
Je regardais la noirceur éclatante de ses cheveux mi-coiffés, mi-abandonnés.
Cette chevelure, cette élégance naturelle...
Tout à coup il me semblait avoir tout compris.
Je me plantais devant ma déesse :
« Hello, you, ma Chinoise préférée !
- Ca y est, tu es tombé sur la tête, le Français colonialiste !
- Mais Ludie, tu sais bien quand même que tous les Indiens d’ici viennent D’Asie !
- Heu oui bien sûr quand les mammouths avaient des ailes, il y a quelques dizaines de milliers d’années !
- Ah, tu vois finalement…
- Si tu vas par là, tu es mon homme de la brousse, mon Africain à moi.
Ca te plait sûrement de savoir que les premiers hommes ont vu le jour en Afrique dans le pays des Lions et des antilopes comme la Lullu d’Out of Africa…
- Oui d’accord Ludie, c’était il y a si longtemps maintenant,
tu te rappelles…
At home, 27 novembre 2006
14:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.11.2006
Progrès

Finalement, nous avons pris le train de l’ Amtrak pour rentrer
« chez nous » à Charlottesville.
Le trajet n’était pas très long. C’était dommage, j’adore le train.
Le paysage était uniformément beau, des arbres, des forêts des prairies vallonnées et des rivières, petites et grandes qui se jetaient dans la James River dans l’espoir de voir la mer.
« Hey Ludie, c’était bien notre hôtel, dis !
- Grrrrrrr ! »
J’adorais la déranger pendant qu’elle lisait. Je n’aimais pas qu’elle m’abandonne ainsi...
Pour me venger, je m’agenouillais devant elle, je défis la lanière de ses sandales et j’ensevelis ses pieds de baisers.
« Alex, sois sage, on n’est pas tout seul !
- Si justement. Pas de chance, le train est quasiment vide... »
Elle me sourit, s’étira très lentement, comme au ralenti et me tendit les bras.
Je me précipitais contre elle et j’enfouis ma tête dans le relief moelleux de sa poitrine.
« Le paradis...
- Tu disais, mon chéri ?
- Heu, moi, et bien je disais que tu faisais des progrès.
- Ah, tu trouves que j’ai amélioré mon parlé français ?
- Ca c’est sûr, je trouve que tu parles très bien mais je voulais juste parler de tes seins qui sont les plus beaux de la terre et je trouve qu’ils ont encore grossi, hum !!!
- Ce n’est pas étonnant, avec toi, je mange tout le temps, donc j’ai du grossir, voilà, c’est de ta faute... »
Et elle se replongea dans sa lecture. Moi je replongeais dans sa poitrine. Sa main caressait mes cheveux...
Je me sentais bien, comme un chat heureux de partager la chaleur de sa maîtresse.
Un coup de sirène me fit relever. Dans un cliquetis redoublé de bogies, nous croisâmes un autre train gris dans un joyeux tintamarre.
Ca sentait les vacances.
Je pris un magazine dans la pile effondrée sur la banquette et je m’arrêtais à un article sur Appomattox.
« Ah mais c’est que c’est un lieu célèbre Appomattox, tu te rends compte Divine, il y a eu des batailles et tout...
- Oui, mon Trésor, par ici il y a eu beaucoup de combats, n’oublies pas que pendant la guerre de Sécession, la capitale pour tout le Sud était Richmond, alors...
- Oui c’est vrai. Tiens ils ont restauré toutes les maisons de la ville ancienne, ça a l’air assez joli, et en plus c’est tout près de Charlottesville on pourrait allez y faire un tour, non ... ?
- Yes my dear et je t’emmènerais voir les Appomatucks Indians, tu verras...
- Vrai ! Oh Ludie, tu es si mignonne, si...
Tu es ma Princesse, really you know !
Tiens je vais finir par croire, comme Caroline, que tu es Pocahontas...
- Qui ça, Pocaquoi ?
- Heu, keep quiet Ludie, tout va bien, je voulais dire Matoaka, c’est tout, tout baigne... »
Parfois, elle me faisait presque peur. Pas comme un être humain qui peut être cruel, méchant ou stupide, non c’était comme se trouver devant un phénomène naturel grandiose et paralysant, une tornade ou plutôt un orage magnétique, oui c’est plutôt ça ...
« Mon Chéri, OK j’avoue, je suis la Mère du Monde, mais surtout pas la petite princesse.
Tu sais je l’aime bien et elle était si jeune. A chaque fois que je suis proche de la rivière je pense à elle et je deviens triste, car mourir à 22 ans loin de chez elle, dans l’humidité de l’hiver anglais, c’est vraiment terrible...
- Ah, ce n’est pas toi, alors !
- Non, même si il parait que je lui ressemble beaucoup, si tu avais bien écouté le cours de Wanda sur les différentes langues Indiennes, tu aurais compris que je suis issue du groupe des langues Apaches alors que Powhatan le père de Matoaka conduisait des tribus Algonquines comme...
- Comme, comme ...les Creeks ....euh, ceux que tu n’aimes pas, les Cheyennes...
- Oui et aussi les Micmac qui sont toujours assez présents au Canada
Tu sais Ludie...C’est quand même toi la plus belle, la seule, l’éternelle Ludivine de mon cœur.
Le train entrait en gare de Richmond.
Je lisais un article sur une célèbre Agent Spécial du FBI qui me troubla d’autant plus que je me rappelais des précisions microscopiques que ma Ludie m’avait données ici même sur le Bureau Local.
« Et Ludie, c’est incroyable, ça pourrait être toi, écoute :
L'agent S. a passé un diplôme de physique à l'université du Maryland avant de terminer ses études de médecine.
- Ah oui, c’est intéressant...
- Et, ce n’est pas fini : diplômée du FBI à l’Académie de Quantico en 1992.
Dans l’article, on dit même qu’elle aurait eu une relation avec son instructeur...
- Eh, eh, c’est vraiment intéressant...
- Oui, je trouve aussi. Je me demande, je me demande...
C’est où déjà Quantico, Ludivine, Ange tombée du ciel ?
- C’est en Virginie, mon chéri...
At home, 26 novembre 2006
12:28 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.11.2006
Main divine

Après avoir mangé un délicieux club-sandwich,
en fait, j’en ai mangé deux, nous sommes partis
prospecter les environs dans la somptueuse médiathèque
du musée d’histoire.
« You know Ludie, je voulais prendre le bateau pour la Canal Walk mais j’ai vu, quand nous sommes arrivés par la Rivière,
le monde incroyable qui attendait.
Franchement la houle de cette foule carnavalesque ça m’angoisse... »
Ludie poussa un profond soupir d’amour...
« Oui, je sais Trésor.
Tu es claustrophobe, machinphobe, foulophobe...
Et femmophobe aussi ?
- Arrête, Indienne de malheur !
J’aurais bien aimé canaler downtown Richmond.
Rien que les noms ça m’excite :
Ah, voir le Haxall Canal and le James River & Kanawha Canal,
et mourir !
- De plaisir !
- Dans tes bras, mon Amour !
Ludie, Ludie, j’ai tellement envie d’être contre toi !
Si on faisait comme si il n’y avait personne...On dirait un désert, tu as chaud et tu es fatiguée...
donc tu te déshabilles et tu t’allonges dans le sable de la vallée...
logique ma chère Watsonne, non ! »
Ludie, un peu gênée, mais aussi flattée, m’embrassa du velours noir de ses yeux...
Quand elle faisait ça, c’était dingue, j’étais tétanisée par la stupeur par la violence de son regard qui culbutait mon amour.
« Mon chéri, tu es adorable, mais je pense que tu as un léger grain, non ?
- Yes, oh yes. My dear, my dearette, un grain de poivre,
yes, un grain de folie, aussi, c’est toi, c’est la vie en Virginie,
c’est toi Ludie, c’est toi aussi...
- Bon alors, on va où ? Tu as trouvé quelque chose,
toi le chercheur sans cherche... ?
- Bah oui, Ludie...
Tu trouves pas que ça sonne bien, hein : Bah oui, Ludie...
J’aime bien moi ! »
J’adorais la voir s’impatienter. Elle ne disait rien et se tenait
très droite, le regard ailleurs, genre profil d’aigle, et sa main...
Sa main si belle, dorée mince et agile, avec la peau si fine,
plus douce que la soie.
Sa main émouvante, forte et fragile...
Sa main immobile, comme une menace me disant je suis là,
regarde moi bien, ça ne sera peut être pas toujours le cas...
je peux partir aussi...glisser le long de la table et retomber,
m’en aller, te désigner un ailleurs ou pire...un adieu.
Je me levais et m’assis sur le siège à côté d’elle.
Je pris sa main, la couvrit de baisers et la posait sur ma poitrine.
« J’ai trop besoin de toi Ludie, c’est tout ce que j’essaye
de te dire.
- Je sais Alex. C’est pareil pour moi, même si je te le dis autrement.
Tout est OK.
Je suis là et tu ne peux pas savoir à quel point je me sens bien.
...
Alors, on va où ? »
At Home, le 17 novembre 2006
16:50 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.11.2006
Chiricahuate ?

Le lendemain devait être un grand jour pour moi.
Je devais commencer à aborder le monde de Ludie.
Rien que d’y penser, en la regardant boire son tea,
le délicieux Traditionnal English de Twinings Classics,
j’en avais des frissons.
« Ludie, c’est quelle autoroute déjà ?
- Je ne sais plus chéri, une I quelque chose, sûrement !
- Attends, d’après le guide, la I-95 traverse du nord au sud les villes de Baltimore, Washington, Richmond et Petersburg alors que, d'est en ouest, la I-64 relie le bord de mer de la Virginie dont Norfolk, Virginia Beach et Williamsburg à Richmond, Charlottesville et la vallée de Shenandoah où elle rejoint la I-81 qui traverse la vallée et avec la I-66 pour revenir à Washington.
- Tu m’en diras tant, homme savant !
- Ca je m’y attendais…Rester deux minutes sans te moquer
de moi, c’est trop, bien sûr !
Pour la peine je te, je…
- Tu, Trésor, tu…
- Je me jetterais sur toi, et je dévorerais tes pieds ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait.
J’embrassais avec passion et frénésie ses pieds,
deux merveilles inestimables et je restais là,
assis à ses genoux, comme le chien de sa maîtresse.
« Bon alors, mon toutou français, tu t’es décidé :
soit on rentre en voiture de Virginia Beach à Charlottesville,
soit on prend le train avec la Compagnie de Washington,
l’Amtrak qui dessert Charlottesville à partir de Newport News,
soit encore, on prend un joli autocar Greyhound…
- Bof…
- Bof quoi, mon chéri ?
- Moi je,
- Toi tu…
- Moi je tutute tu vois !
Bon, arrete de me distraire, d’abord.
Moi, je veux rentrer en bateau.
- Ah oui…Tu es sûr que tu ne veux pas essayer la navette
spatiale, la girafe à bosses ou la mygale traçante…
non, c’est le bateau, tu es bien sûr ?
- Oui, amore mio !
J’ai vu ça hier à Norfolk, à la capitainerie du port :
Il y a des bateaux-taxi disponibles dans les villes
fluviales et maritimes, à Hampton, Newport News,
Norfolk et Richmond.
- OK, Baby.
Je suis prête pour la croisière.
On va à Hampton, faire un peu de tourisme et on prend le bateau jusqu’à Richmond.
- Viens Divine, viens Ludivine, on y va. »
Elle se retourna et son sourire illumina le chemin de mon cœur.
La pancarte disait :
Hampton, le plus ancien site pionnier anglais existant encore.
Nous étions arrivés et nous commençâmes par visiter
le port de Hampton Roads.
Le bureau du port était une belle cabane en rondins
peinte en vert, avec des motifs bleus soulignés de noir.
A côté du comptoir, le mur était recouvert d’illustrations
anciennes et de portraits.
J’étais resté en arrêt, saisi, hypnotisé devant
la reproduction d’une très vieille photo.
« Hey Ludie,
- Oui, qu’est-ce que tu regardes, les plumes ?
- Moque-toi de moi, Indienne des villes, heu dis-moi,
les Chiricahuas c’étaient bien des sortes d’Apaches
parmi les plus, les plus…
- Oui. »
me dit elle comme à regret.
« Ceux-là c’étaient des durs et leurs chefs
sont devenus des mythes.
Dans le désert leur nom n’est pas effacé :
Cochise et après Geronimo,
et après…
- et après ?
- Le silence…
Bon, allez viens on s’en va.
Dans le bateau-taxi qui nous ramenait, Ludie était un peu ailleurs, comme soucieuse.
Elle se tourna vers moi et me dévisagea de ses grands yeux
curieux avec une nuance d’inquiétude.
« Alors, ça t’intéresse sérieusement ces Indienneries-là ?
- Oui, enfin je ne sais pas, je crois…
- Ah !
Et elle poussa un profond soupir.
Après quelques minutes de recueillement, elle se reprit
et serra très fort ma main dans les siennes,
elle était émue et déterminée.
« Ne m’en veux pas Alex mais tu sais, je suis Américaine
et pour certaines choses, je ne suis pas très à l’aise,
pas forcément très rationnelle.
J’espère que tu ne m’en veux pas.
- Je suis là, Ludie.
Je t’entends et je t’attends.
Comment te dire, sans faire trop compliqué, pour ne pas t’effrayer…
Bon voilà, pour moi tu es à la fois une femme et une divinité…
Ca va, tu tiens le choc ?...
- Tu es fou, tu sais Alex. Tu es complètement fou
et je suis si heureuse que tu sois là, enfin.
At Home, 27 octobre & 12 novembre 2006
21:05 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07.11.2006
Divinité

Le patron fort aimable qui était également
le chef de la cuisine rock et le serveur décontracté
et souriant, nous servi des brochettes de bœuf
avec une salade toute en couleurs et une merveille
de sauce au curry.
Il venait de Los Angeles et il en parlait comme d’une
ville d’aliénés :
« Là-bas, ils sont tous tarés, vous savez ?
La musique encore ça va, ça flambe et ça fume
de partout, mais alors, il faut voir tous les zombies
qui rêvaient de cinéma et qui salissent les trottoirs
de leurs cauchemars.
- Ah oui, c’est à ce point là ?
- Pire même !
- Et pourtant, le soleil, les jolies filles, les dollars, tout ça…
- Oh mon pauvre monsieur, ne vous en faites pas là bas
sur cte fichue côte Ouest, les seuls à être convenables
ce sont les chiens !
Oui monsieur, les seuls à qui il reste encore un soupçon
de dignité…
- Et les chats, non ?
- Les matous, pas la peine d’y penser, avec tous les
restaurants chinois…
- Ah, je comprends…
Tu vois Princesse, nous sommes bien plus heureux,
les pieds dans l’Atlantique, non ? »
Elle tourna lentement son beau visage pensif vers nous
elle avait enlevé ses fines lunettes noires et l’éclat de la
mer était là, parmi nous, dans le scintillement de ses
yeux.
J’entendis un juron, comme :
« Madre de dios, je le savais, je le savais...”
répétait l’aubergiste tombé à genoux, prosterné
devant mon Indienne, à la beauté irréelle.
Elle me regarda tendrement et se mit à parler
à l’homme, un langage étrange, lancinant et chantant.
Le cuisinier rockeur se trémoussa sur le sol,
malgré une corpulence certaine et je le vis embrasser
avec ferveur le sol juste devant les pieds de Ludie.
Rassuré, je constatais qu’il n’effleura même pas
le bout de la semelle de ses sandales.
“Quelles émotions Ludivine, c’est à horaires fixes le
spectacle ou tu improvises, comme ça ?”
Elle éclata de rire :
“Arrête Alex, c’est juste que ce pauvre homme croit
qu’il a connu mon père, ça lui a fait un choc, ça arrive
tu sais, ça arrive, comme ça, voilà.
Bon tu viens, on s’en va, j’ai envie de faire du shopping.
- Ok Amore, nous go-ons, attends deux minutes.”
J’allais voir le cuistot qui était assis dans la salle.
“Je viens régler la note Chef, c’était très bon.”
- Merci, vous êtes bien aimable mais vous ne me devez rien,
au contraire, c’est un tel honneur pour ma personne,
j’ai honte de l’avoir reçue ainsi...
Excusez moi je reste assis...l’émotion...mes jambes tremblent
encore...
- Ah, c’est à ce point là ?
- Oui, vous ne connaissez pas votre bonheur ou votre malheur,
ça dépend du sens de la vie…
- Ah ???
- Oui, faites bien attention, prenez garde au vent !
- Ne vous inquiétez pas je veillerai sur elle.
- C’est bien, c’est bien, mais Elle n’a rien à craindre de rien
ni de personne, c’est sur vous qu’il faut veiller ! »
Tout à coup, il se jeta sur le sol, les deux mains à plat
devant lui…
« Mais !
- Hello, Alex tu viens !
- Oui, mon Ange, ma déesse, je lèche l’ombre
du cuir qui porte tes pieds célestes, je…
- Allez, viens.
Paris, le 6 novembre 2006

