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08.01.2007
Une banquette, des parfums.

J’étais bien dans le calme de cette pièce, isolée à l’extrémité de la maison.
Complètement sur la gauche, quand on regardait la mer.
Une grande baie vitrée, en arc de cercle, donnait une belle clarté quasi lunaire.
« C’est space, ici ! » Je me dis.
C’est un endroit où on se sentait bien, à la fois dans et en dehors de la maison.
La bibliothèque n’était pas très grande mais le bois, les tissus et les livres donnaient ensemble une odeur chaleureuse à la pièce, rehaussée par des éclats du parfum de Sarah.
Je m’installais confortablement sur la banquette, je me disais q’un bon bain chaud me ferait du bien et je me demandais comment je m’habillerai.
Je n’avais plus grand-chose à me mettre, j’aurais voulu faire honneur à Ludivine même si je ne me sentais pas vraiment à la hauteur...
Je tenais le numéro du New York Times comme si je l’avais déjà parcouru. En fait, je ne regardais rien.
Du coin de l’œil, je crus apercevoir la poignée de la porte qui tournait très lentement, sans aucun bruit...
Je ne distinguais rien de précis, mais je sentis comme un souffle d’air tiède et un parfum qui sentait bon comme une caresse...
« Ca va, tu n’as besoin de rien ? »
C’était Jennifer, déjà changée, maquillée, encore plus belle que tout à l’heure.
« Comment tu fais, Jennifer ?
- Pour faire quoi ?
- Pour être aussi belle, toujours aussi chic.
Quelle élégance ma chère...Tu crois que c’est une question d’argent, d’éducation, de feeling, de ...
- Tiens, j’ai l’impression que tu vas mieux.
Je ne sais pas d’où ça vient, tout ça...Je dirais que c’est héréditaire...
Je suis comme ma mère ! »
Je lui souriais.
Elle souriait aussi, tout en gardant un grand air de sérieux, comme savent le prendre les femmes quand elles sont occupées ou troublées, et qu’elles restent lisses,
image nette, glacée, imperturbable.
« Tu veux que je reste un peu...Tu crois que...
- Jenny ! Heureusement que je t’ai. Je reste encore cinq minutes ici et puis je monte prendre un bain et m’habiller.
- J’aimerais...Je voudrais tant...
- Oui je sais, Jenny. J’apprécie que tu sois là.
Ca c’est vraiment bien. »
Elle se tenait debout à côté de moi. De son regard un peu perdu elle faisait le tour de la pièce comme si elle cherchait quelque chose pour fixer son esprit.
Je pris sa main et je l’embrassais tendrement. Elle était nerveuse et musclée. Elle sentait délicatement bon.
« Merci Jenny.»
Elle se pencha légèrement, passa sa main dans mes cheveux, maternelle.
Du bout de l’index, elle caressa mes lèvres.
« Je te laisse. Ferme les yeux quelques minutes, ça te fera du bien.
A tout à l’heure ! ».
Et elle partit aussi silencieusement qu’elle était venue.
Je fermais les yeux. Je m’endormis.
C’est une voix puissante, qui criait, qui disait :
« Les cocktails sont servis, les cocktails sont prêts. Les cocktails sont... »
Je me réveillais et je m’étirais.
J’avais cru reconnaître la voix de Simon.
Il était dix neuf heures trente. Je me levai et parti précipitamment.
Je me jetais dans l’escalier, bien content d’éviter le brouhaha du à l’arrivée des derniers invités de Sarah.
Je fonçais dans la salle de bains du premier.
Ca sentait drôlement bon. C’étaient la trace des deux sœurs.
Elles avaient plein de parfums partout, sur tout, des touches légères, des trucs d’Indienne, de sorcière peut être, des philtres magiques, des pièges à nez...
C’étaient des armes offensives redoutables qui s’insinuaient en vous et ne vous laissaient plus.
La douche était agréable.
Quel plaisir, cette eau qui coule sur la peau.
On train, Vendredi 5 janvier 2007
08:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Tu me fais penser à un ado dans la salle de bains de sa cousine ;)
Je te lis sur fond de Ramstein, quel contraste !
Mes origines aryennes, sûrement.
A bientôt Jean, bisous métalliques *rr*
Ecrit par : pseud | 08.01.2007
Qu'as-tu fait à cette femme du portrait ? ^-^
--
Ecrit par : pseud | 08.01.2007
Hello Comtessa,
Oui, tu as raison pour l'ado avec sa cousine, ce doit être génial. C'est sûr que si j'avais eu une ou X soeurs ma destinée eusse tété différente, certo.
En plus, j'ai l'odorat extremement développé et je suis très sensible à toutes les odeurs. Parfois, elles me traitent de chien, que veux-tu, chacun porte sa niche(croix, pour les autres) comme il peut...
Ramstein, j'ai déjà vu ça, ce sont de grosses brutes épaisses. Quand ils auront fini de mettre le feu à tes rideaux, tu pourras toujours les embaucher comme bucherons...
La jolie Wonder Woman, légèrement stylisée, je crois que j'ai du en manger un morceau, le canidé qui vit en moi...
Je te mords très fort les fesses, Ciao, ciao.
Ecrit par : La Porte Sans Porte | 08.01.2007

