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23.01.2007

Nuit hot

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La nuit sur le ferry, le paysage était féerique.
La peinture de la coque et des ponts brillait de mille reflets.

Des points lumineux, partout où je tournais la tête.
La côte était complètement illuminée.

Après dix minutes de traversée,
on commençait déjà à apercevoir le scintillement de Manhattan, les tours, les enseignes, la statue de la liberté qui s’approchait à grands pas.

La mer était formée. Vue la grosseur de la lune,
cela devait correspondre à une forte marée.

Sur l’avant, côté bâbord, j’étais calé entre le bastingage
et une belle manche d’aération.
Je percevais avec délice le bruit, que dis-je la musique
du moteur Johnson de huit cent chevaux.

J’étais parti pour partir, et en même temps,
j’avais très envie de connaître Coney Island.

Je savais que les filles ne m’y auraient jamais emmené.
C’était un endroit trop vulgaire pour elles.
C’étaient quand même des femmes d’élite,
the top of the top.

Alors que moi, j’étais l’élite de la médiocrité,
le roi du rien, l’accro du gris sous toutes ses formes.

Je baillais. Je baillais, sans pouvoir m’arrêter.
Etait-ce la fatigue ou l’ennui, ou les deux en un ?

Je ne dormais pas beaucoup, ça c’était sûr.
Je pourrais m’endormir là,
et tomber à l’eau maintenant,
endormi à jamais.

Un Frenchie se noie aux pieds de la statue de Bartholdi...
Tout un programme !
J’imaginais les titres des journaux...

Plus prosaïquement, je me voyais bien
endormi sur la plage de Coney Island,
bercé par les flonflons des baraques d’amusements
divers et variés, une odeur de hot dogs
et le sel de la mer sur les doigts des frites.

Un mélange de sensations, comme à Dinard
où j’entrevoyais toujours le casino, sur la plage
où je mangeais des hot dogs.

C’est la nourriture de l’Atlantique,
et je suis le fameux Hot Dogger mythique,
le héros surnaturel qui se déplace dans un nuage
jaune et rouge de moutarde et de ketchup.

Dormir sur le sable, sur la plage,
comme ça, sans amoureuse qui m’aime.

Quelle tristesse, d’échouer là,
comme une baleine sans bosse,
monstre de grisaille, sympathique sûrement,
mais à quoi bon, si c’est pour finir échoué
sur le sable, Coneyisé ?

Comme mon niveau intellectuel s’élevait sans cesse,
depuis que j’avais abordé à New York,
j’avais réalisé que l’Islande était un pays sans nom.
Une île qui s’appelle juste « Ile », c’est un peu sommaire, non ?

Comme si la France s’appelait « Pays » et nous les « Paysans ».
On aurait l’air malin, enfin plus ou moins...


Vendredi 19 janvier 2007 - 08h57 - On train.

Commentaires

Te voilà bien esseulé, bien tristounet ...

Viens, en Franche-Comté, tu y trouveras des paysans et des paysannes (une paysanne) pour te réchauffer le coeur ... Baisers d'ici.

Ecrit par : pseud | 24.01.2007

Hello Comtesse de la neige,
Oui, tu sais, partout où je vais, il y a beaucoup de femmes (redoutables) donc un coup de tout seul, dans la nuit, une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal.
J'ai regardé, il n'y a pas de vol direct New York City -Montbéliard !
Tu crois qu'il faut venir en traineau ?
Je t'embrasse, tu es marrante avec ta coiffe !

Ecrit par : laportesansporte | 25.01.2007

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