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10.02.2007
Jasmine

Le long de la route, je sentis mieux, cette fois, l’odeur du magnolia et la senteur du jasmin.
« La fleur blanche, c’est la fleur des Indiens, tu sais Jenny ? C’est la fleur du bonheur et de la fête. Au printemps la maison de Sarah s’écroule sous le jasmin, il y en a partout, même dans le lit...
Jennifer acquiesça :
- C’est vrai que c’est une plante particulière. Dans beaucoup de pays, elle symbolise la paix...
- Nous on est en guerre !
- Toi, Kasey, tu es en guerre ?
- Oui Alex, bien sûr. Je suis Américaine et je fais la guerre contre tous les méchants !
- C’est vrai, bien sûr. Il y a tellement de pays, de déchirures...
- Et oui et puis il y a aussi des hommes et des femmes qui s’aiment et des enfants qui grandissent.
- C’est juste Jenny, la vie recouvre toute la Terre, la vie est partout.
- Oui Alexandre et moi, elle me plait passionnément cette vie là ! »
Nous traversâmes avec le ferry puis, arrivés à Manhattan, nous primes un taxi qui venait de déposer un couple au Terminal de Whitehall.
Jennifer nous poussait dans la Ford jaune :
« Ca ira plus vite, la pointe de Manhattan n’est pas vraiment touristique et le pont de Brooklyn, à pieds avec Kasey, cela m’impressionne un peu. »
Jenny avait pris les choses en mains. C’étaient les vacances. Kasey se mit à chanter.
Le chauffeur noir rigolait. Il avait l’air âgé et sympathique avec ses cheveux blancs sous la casquette de trappeur.
Le conducteur baissa le son, il suivait les évolutions de Kasey dans le large rétroviseur intérieur.
« Elle a du talent cette petite, pas vrai M’dam ?
- Oui, c’est sûr, elle a reçu des dons du ciel. »
Nous étions arrêtés à un feu rouge qui me semblait orange, juste avant d’atteindre le pont.
Un vieil homme se tenait à côté du feu tricolore, avec un chien, un golden retriever, à ses pieds. Il tenait une pancarte sur son ventre :
« Pour mon chien,
Lucky a faim. »
Le pauvre homme semblait résigné à regarder passer le flot devant lui, sans aucun succès.
Quand Kasey le vit, elle explosa :
« Monsieur, monsieur, je veux lui donner de l’argent !
Monsieur, monsieur, il faut t’arrêter !
- Désolé Petite, ici on ne peut pas stopper, tu vois bien...
- Comment ça, on ne peut pas !!! »
Je n’avais jamais vu ni même imaginé Jenny comme ça.
Elle reprit d’une voix métallique, glaciale et coupante :
« On s’arrete ici, et tout de suite ! »
Lundi 5 Février 2007 - On train - 08h40
18:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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