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13.02.2007

Angélique et lointaine

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Jennifer regardait le chauffeur du taxi, dans les yeux.
Son visage ne trahissait aucun sentiment. Elle lui répondit posément :

« Je crois également, oui c’est ça. Je vous remercie de votre obligeance. Ce n’est pas la peine de nous attendre, nous nous débrouillerons...

- On prend le bateau, Jenny, dis on prend le bateau pour aller à Coney Island ?

- Peut être, peut être, on verra...
...Allez, merci, gardez la monnaie, et portez vous bien. »

Elle plaça d’autorité un paquet de billets dans la poche de la veste en laine du taxi driver et nous descendîmes.

Maintenant, je ne voyais plus Jennifer avec les mêmes yeux.
Je me rendais enfin compte de qui elle était vraiment. Elle était réellement une personne reconnue et pas seulement une riche héritière.

Je l’admirais encore plus mais cela créait comme une distance entre nous.
Je crois qu’elle s’en aperçut.
Elle plissa les yeux, fit une grimace de chat et s’approcha de moi.

« J’ai très envie d’enlever mes chaussures, tu sais Alex ?

- Oui, je sais Femme angélique, ça serait bien, je crois. (J’ai envie d’embrasser tes pieds) »

Elle serra très fort ma main dans les siennes réunies.
Elle essayait de me transmettre son énergie, sa confiance dans l’avenir.

Nous entrâmes dans la capitainerie des bateaux pompes.
L’intérieur était blanc et bleu ciel.
Venant du fond du hall de réception, une voix aigue s’éleva :

« Ah oui, Sharon, c’est comme cette pouffe prétentieuse, la gosse de riches, la qu’est même pas belle, la tru...

- Tais-toi Judith, bonjour messieurs dames,
tais-toi, nom d’un chien, bonjour qu’y a-t-il pour votre service, heu Madame, madame... »

Et là, je crus que la grosse jeune femme prénommée Sharon, allait s’évanouir pour de bon.
Elle se ratatina sur son tabouret haut, derrière le comptoir de l’accueil.

A ce moment, la dénommée Judith se retourna vers nous, son visage devint verdâtre et elle poussa un cri strident, surhumain, comme si le diable l’avait piqué du trident brûlant de sa queue enflammée.

« Non, non, ce n’est pas vrai...Que vais-je devenir...Mon dieu !!»

Et la jeune femme, très mince et très brune, à l’aspect un peu sec mais non dénué de charme, se mit à pleurer, à se dilater,
à vomir un torrent de larmes et de paroles incohérentes.

Jennifer restait impassible. Elle regardait autour d’elle, l’air stoïque.
D’une voix très calme, trop calme ( ?), elle s’adressa à la femme derrière le comptoir :

« Je souhaiterais voir le capitaine O’Leary, tout de suite, merci !

- Bien sûr, Madame Watt-Myers, bien sûr pas de problème, le capitaine assiste à la réunion du Conseil d’administration, je vais le déranger bien sûr, il va me virer, c’est sûr !

- Tss, Tss, rien du tout. Allez, vous l’appelez, il vient, ne vous inquiétez pas pour vous, tout ira bien...
...Qui nous représente au Conseil ?
C’est le petit Sam Burnett de Chambers et Sommers ou c’est un autre cabinet ?

- Oui, c’est ce nom là, c’est monsieur Burnett qui préside aujourd’hui, vous voulez le voir aussi ?

- Non merci, je n’ai pas de temps à perdre !

- Bien, le capitaine arrive, madame, si vous voulez vous donner la peine de me suivre...


lundi 12 Février 2007 - 8h46 - On train.

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