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06.03.2007

Miss Parfaite

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A quelques centaines de kilomètres de là, Ludivine était de mauvaise humeur.

Elle évitait d’y penser, mais ça commençait à faire beaucoup.
Déjà, on interrompait ses vacances, les premières qu’elle prenait depuis plus de quatre ans... Du même coup, on la séparait de sa famille et de l’homme qui...

Et, en plus, elle était obligée de laisser Alex continuer ses vacances avec Miss Parfaite, c’était quand même un comble !

Bon, c’est vrai, Sarah surveillait...Mais même sa propre sœur, parfois, Ludie se posait des questions, non pas sur son honnêteté ou sa loyauté qu’elle savait imperméables à toute ingérence extérieure, mais quand même...

... C’était sa sœur, et elles se ressemblaient à un tel point, elles étaient si proches, comme des jumelles, elles avaient les mêmes goûts, aimaient les mêmes choses...

...Leurs pieds étaient exactement les mêmes, tellement de choses les rapprochaient, bon...

Elle ferma les yeux :

« Il vaut peut être mieux que je pense à autre chose... »

Elle avait envie d'être seule dans sa chambre, au 2 FOUNTAIN PLAZA à BUFFALO.
La ville de création ancienne avait pendant longtemps été la deuxième plus importante cité des Etats-Unis.

Située à la pointe nord est du lac Erié, tout près des fameuses Niagara Falls, le site de Buffalo était un passage naturel entre les deux grands lacs, Ontario et Erié, ainsi qu’une passerelle territoriale entre les USA et le Canada

Le Hyatt Regency Buffalo était un bel hôtel de première catégorie, construit en briques brunes, situé au coeur du centre ville historique de Buffalo.

Assise du bout des fesses sur un luxueux canapé en cuir gris, Ludivine jetait un œil sur les revues touristiques étalées devant elle.

Au bout de quelques minutes, une silhouette élégante se détachât de la réception et se dirigea vers elle.

Elle se retint de sourire...Est-ce qu’il a vu que je suis Indienne ?

« Donald Frazer Manager général du Hyatt Regency Buffalo,

- Enchantée...

- Madame c’est un honneur pour notre maison et une distinction pour mon humble personne... »

Il n’était pas très vieux, la trentaine, parfait dans son rôle de dandy efficacement raffiné,
son costume Prince de Galles gris clair était de très belle facture...

Ludivine le récompensa d’un début de sourire.

« Comme je le disais, notre hôtel vous offre l'harmonie parfaite entre un service de haute qualité et des chambres confortables à des prix raisonnables...qui ne dépassent pas les deux cent dollars la nuit.

- Et concrètement, cher Monsieur, cela veut dire ?

- Et bien, le Hyatt Regency est un bel hôtel 4 étoiles, avec salon de coiffure et service de blanchisserie...et machine à café dans les chambres. »

Le jeune directeur, courtois et terriblement professionnel l’accompagna jusqu’à sa chambre au 14ème étage.

Après les remerciements d’usage, elle enleva ses chaussures et s’immobilisa au centre de la grande chambre.

Elle remercia la lune et les rivières, elle sentait la chaleur de l’ours et la flamme du loup.
C’était bon d’être à la maison

L’hôtel n’était pas trop mal : froid, propre et rutilant comme les établissements de luxe sont ici, avec son décor et ses meubles en rococo contemporain.

Heureusement, on était en Amérique, et le facteur humain était toujours le plus important.

C’est la chaleur humaine, la qualité professionnelle et la gentillesse du personnel qui faisait la différence.

Ses deux acolytes du Bureau de New York qui lui servaient de nounou et de garde du corps, l’attendaient en bas.

« Ils surveillent le bar ! » se dit-elle, amusée par les faiblesses des gros nounours qu’on appelle des hommes et qui en fait sont des enfants plus ou moins bien déguisés.

« Et moi, tiens, si j’essayais une panoplie de femme ? »

Elle se regarda dans le grand miroir de la chambre et elle n’aima pas les cernes sous les yeux.

« Et bien, si à trente deux ans, j’ai déjà une tête de vieille, qu’est-ce que ça sera...plus tard. »

Elle passa en revue, dans sa tête, toutes ses toilettes possibles, en se demandant laquelle plairait le plus à Alex.

Dans la glace, elle regardait et elle le voyait presque, flou et lointain et elle failli sourire.

Mais l’expression de son visage se figea, la silhouette là-bas, s’éloignait, il lui tournait le dos, il allait vers un horizon bleu, où des goélands volaient en cercle et chantaient. Et, il leva la tête vers le ciel...

« Nom d’un chien » grogna Ludivine,

« Qu’est-ce que c’est que ce beans ! Ou est Sarah, où est-elle ?


vendredi 23 Février 2007

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