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08.03.2007
La Reine noire était en bleu

Au moment où Ludivine, concentrée sur son image dans la glace, s’apprêtait à lancer une recherche approfondie, la sonnerie du téléphone de la chambre lui agressa les tympans.
« Quelle saleté de sonnerie, on dirait une charge de cavalerie !
Ah, quel monde de brutes ! Un peu de douceur, de...
...Hello, Ludivine à l’appareil, j’écoute.
- Heu, excusez nous de vous déranger, mais il est l’heure de partir. La voiture est arrivée, on vous attend dans le Hall...
- Merci Peter, j’arrive dans deux minutes et vingt secondes, à quatre vingt dix neuf secondes près !
It’s OK ?
- Yeah, enfin Oui je voulais dire, merci, merci bien. »
Ah ces hommes ! se dit Ludie, ils n’osent jamais dire ce qu’ils ont, pourtant...
Bon, où ais-je mis cette satanée robe, ce n’est pas une soirée habillée et je n’ai pas envie de ressembler à une perruche...
...J’ai trouvé : je vais mettre la robe toute simple de Sarah, elle est bleue comme Matlalcue, c’est sa couleur, mais je suis sa sœur...
Je suis le vert du bleu, je suis...
Je suis une Indienne qui s’emmerde à des centaines de kilomètres de l’homme que j’aime, voilà ce que je suis !
Bon, allez vite, qu’on en finisse, le slip ça va, se dit-elle en se tournant et en regardant ses fesses charnues dans la glace.
Le soutien gorge, je vais mettre un blanc, ni vu ni connu, un collier ?
Un pendentif plutôt, tiens une pierre toute simple, une aigue marine, des escarpins ou...Non, des sandales, j’avais des sandales bleues, nom d’un loup affamé !
Une dernière vérif dans la salle de bains, quel désordre ! Heureusement qu’Alex ne voit pas tout ça, lui qui me trouve parfaite...
L’eye liner, le rouge à lèvres discret, un dernier coup de brosse énergique, ces cheveux longs c’est bien, mais il y a des moments...
Elle brossa ses cheveux puis elle les attacha. Elle n’avait pas envie d’être trop belle, c’était un rendez vous de travail, uniquement. Le dernier avant de pouvoir rentrer, demain en fin de matinée, son avion décollait à onze heures.
Elle était en retard, elle courrait, elle attrapa l’anse de son sac, les brides de ses chaussures, elle empoigna une veste du soir en soie blanche et elle fonça dans le couloir.
Elle appela l’ascenseur et n’eut pas le temps de rougir pendant qu’un monsieur entre deux âges admirait ses contorsions pour enfiler sa veste et ses chaussures en même temps, en tenant le sac dans les mains...
L’ascenseur était là, elle se redressa, souhaita une bonne soirée à un couple attentiste et se laissa emporter par la cabine luxueuse de l’ascenseur 3 A du grand hôtel de Buffalo.
lundi 26 Février 2007 On train 8h47
17:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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