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24.03.2007

Chatte mexicaine

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On frappa discrètement à la porte.
Comme si elle avait lu scrupuleusement le scénario, Marcia proposa :

« J’y vais ? »

Ludivine répondit par un sourire. C’était agréable de ne pas avoir besoin de s’expliquer pendant des heures.

Elle sortit sur la loggia couverte et s’installa sur le coussin molletonné d’une chaise longue en teck, de l’autre côté d’une table basse.

Le loup blanc était sur ses talons. Il regarda le paysage, à travers le verre fumé puis se coucha sur les pieds nus de la Reine Noire.

Marcia alla ouvrir la porte, courageuse et rougissante.
Elle revint sur la terrasse avec la jeune serveuse sur les talons qui faisait tout son possible pour ne pas regarder que les bouts de sein roses de la femme blonde.

L’employée de l’hôtel était brune, menue et extrêmement gracieuse, comme une chatte mexicaine.

En voyant Ludivine, elle eut un haut le cœur. Au Mexique les Navajos sont plus que des voisins et tout le monde a entendu parler de la Reine Noire, ne serait-ce que dans les contes pour enfant.

Lucia, était écrit sur son badge, servit le tea sur la table basse en teck, mit le plateau et ses mains dans le dos et s’agenouilla devant Ludivine.

« Oh Mère, oh Reine, vous êtes l’étoile noire de mes rêves, je suis trop heureuse de vous avoir trouvée, je peux mourir maintenant ! »

Le loup n’avait pas bougé d’un pouce, comme s’il était jaloux, dépositaire de la majesté des pieds de Ludivine.

Elle prit Lucia par les épaules et installa la tête de la jeune mexicaine sur ses cuisses.

« Petite fille, ne dis plus des choses pareilles.
Tu dois croire dans ta vie.
Tu m’as vu et tu pourras le dire.
Tes parents t’attendent. Tu auras beaucoup de choses à faire et ensuite...

- Ensuite, ma Reine ?

- Tu me reviendras, tu te rappelleras, tu feras vivre les souvenirs de là-bas, la rivière qui coule entre les arbres, et la loutre qui plonge, et une petite fille qui regarde et qui rêve, tu vois...Je suis là, près de toi. »

Et Ludivine caressait les beaux cheveux de Lucia qui pleurait de joie, doucement, mais elle ne pouvait plus s’arrêter.

Pendant ce temps, Marcia assise en face de Ludivine buvait délicatement son tea.
Elle reposa sa tasse avec légèreté puis choisit un cake qu’elle tenait du bout des doigts, comme si elle l’apprivoisait.

Vendredi 9 mars 2007 On train 7h30

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