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26.03.2007
Albuquerque

Lucia était repartie, souple et apaisée, les yeux souriants d’ailleurs.
Ludivine regardait Marcia, songeuse. C’était une belle femme, vingt quatre ans je dirais.
Je repensais à des images de là-bas, d’autrefois. A Albuquerque, avec mes parents, mon école, si importante, un vrai monument dans ma vie, avec madame Perkins, un ange habitant la Terre.
Et puis, la famille, qui très vite se transforme en tribu, et puis le peuple Navajo, et puis les Indiens, les Femmes, les Américains, les Etres humains qu’elle était censée...
C’était quoi déjà la mission que le Président avait essayé de cerner pour elle :
« Ne pas intervenir dans la destinée des hommes, juste les prendre par la main.
Voilà, Mademoiselle, votre mission, telle que je l’imagine. »
Et, il la regarda un moment dans les yeux. Il semblait ému et content de lui parler, comme ça, en toute amitié, dans son ranch de Floride, par le hasard des festivités qui les avaient réunis, parmi de joyeux agriculteurs et un Comité scientifique dont elle était l’invitée d’honneur.
C’est Jack Dance, le patron de la C.I.A. qui était venu l’attendre au pied de la tribune.
Elle avait tout de suite compris.
Paul qui se tenait debout, un mètre derrière elle, sur la tribune, s’avança :
« C’est pour vous. Le Président vient d’arriver. »
Ludie ne broncha pas, elle continua son exposé sur la bioéthique appliquée à la phénoménologie animale.
Elle tendit juste le bras en arrière pour saisir la main, ou plutôt le poignet de l’homme du F.B.I.
Pour le remercier, elle le massa légèrement du bout des doigts et elle sentit la tension reprendre un rythme normal.
Ils étaient tous amoureux, transis, dévorés de passion pour elle ;
« Nom de dieu, elle le mérite tellement... »
Vendredi 9 mars 2007 On train - 8h47
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