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29.03.2007
Divinité-mère

Et Marcia s’effondra en pleurs dans ses bras.
Entre deux hoquets, elle s’inquiéta de salir la robe de Ludivine.
D’une voix étrange, Ludie chantait presque, les mots dansaient entre elles :
« Don’t worry baby, les larmes c’est le sang de l’amour !
Don’t worry baby, pleure encore, des larmes pour toujours. »
Marcia se calma. Ludie la tenait contre elle, dans ses bras, pour la protéger, de quoi ?
Ludivine pensait aux soirées de son enfance, là-bas, dans le Golf du Mexique. Le ciel était rouge au dessus des palmiers qu’elle apercevait, à perte de vue, de la fenêtre de sa chambre.
Elle aimait si fort sa chambre, c’était son royaume, l’appartement de ses envies, le château du rêve et de l’ambition pour demain, pour les autres, pour donner plus, toujours.
Un don c’est ça. Tu le reçois et à ton tour, tu donnes.
Chez elle, personne ne se compliquait la vie, ce qui, bien sur, n’épargnait pas toujours les soucis, les maladies ou parfois mêmes les envies.
« Tu n’avais pas de complexe, quand tu étais petite ? »
Ludivine fronça les sourcils :
« Non, je ne me rappelle pas...
- Même pas ta..., enfin tes...
- Mes gros seins, tu veux dire ?
Non, j’ai toujours trouvé ça normal.
Il faut dire que pour l’anatomie, je ressemble à ma mère comme deux gouttes de peyotl.
Et puis ma sœur était tellement en admiration devant les symboles affirmés de ma féminité que j’étais assez contente... »
Elle regarda Marcia, songeuse :
« C’est si important que ça, pour toi ? »
Marcia gênée, détourna le visage, puis hésitante, finit par murmurer :
« Oui, pour moi c’est très important.
En général, chez les femmes, c’est souvent ce qui les relie aux autres, par les yeux, les mains ou la bouche.
Et chez toi qui es une divinité-mère, c’est encore plus important que pour toutes les femmes de la Terre.
Tu es notre femme, notre mère à tous et à toutes.
Mardi 13 mars 2007 On train
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