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30.03.2007
Etoile

Ludivine massa délicatement l’épaule de Marcia qui s’était abandonnée contre elle.
« Tu viens jeune fille, on va aller dîner.
Tu te refais une beauté et tu nous rejoins dans la salle de restaurant, j’ai des choses à voir avec Barney. »
Elles se levèrent et pénétrèrent dans l’ombre rosissante de la chambre.
Marcia suivait Ludivine comme un petit chien.
« Bon, allez, va dans la salle de bains, relooke toi et ne tarde pas trop ! »
dit Ludivine en donnant une tape sur le derrière de Marcia qui s’éloigna en se dandinant sur la pointe des pieds.
Le dîner fut agréable, le service excellent, les vins remarquables.
Ludivine se régala d’un filet d’oie sauvage parfumée aux truffes et aux cèpes, accompagné de haricots et de brocolis.
C’était joyeusement bon et le Bordeaux La Tour de 1973, un vrai régal !
C’était bien de se retrouver comme ça, entre amis, évoquer des vrais instants, revoir des scènes avec la pluie et le soleil, la mer au lointain et leurs discussions interminables sur l’énergie cosmique, les trous noirs et les naines brunes.
Marcia se sentait enfin à sa place. Elle était collée à Ludivine et surveillait tout ce qui se passait.
Dès que le maître d’hôtel ou le sommelier s’approchait d’un peu trop près, elle mobilisait toute son énergie, et comme prête à bondir sur l’intrus, elle le refoulait par la force de sa pensée.
Le malheureux se réfugiait derrière le dossier de la chaise de Barney, sans comprendre ce qui lui arrivait.
« Ah !» dit ce dernier à Ludivine, « ça y est, je vois que tu as ta chienne de garde...Tu as bien de la chance, j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi intelligent dans sa manière de comprendre, d’écouter, d’assimiler son environnement...
...Mais parfois, elle montre une volonté si totale, si entière qu’elle ferait presque peur.
- Je vois que tu la connais bien, félicitations Barney.
- Merci Ludie. C’est vrai j’ai longuement travaillé sur son dossier avant d’accepter de la prendre comme Officier de liaison...
- Tu as rencontré ses supérieurs et ils l’ont couvert d’éloges, hein, c’est ça ? »
Ludivine regardait Barney dans les yeux, elle avait besoin de tout savoir.
En même temps, sa main droite se posa sur la cuisse de Marcia, elle voulait rester en contact avec elle et lui dire qu’elle l’associait à tout ce qui se disait.
Barney s’essuya soigneusement les lèvres avec le coin de la serviette brodée à l’ancienne.
Il se redressa et reprit sur un ton grave :
« Oui c’est vrai, ils l’ont tous décrit comme une surdouée qui n’avait peur de rien.
Quand ils l’ont vu arriver avec son diplôme d’ingénieur, certains souriaient franchement, mais après le stage terrain d’agent spécial, et tu sais comme c’est dur le terrain à la CIA, et bien après les huit mois de stage, plus personne n’avait envie de rire.
Elle les avait tous crevés, même l’officier instructeur n’avait pas pu la suivre, tu imagines...
- Ouh là, là, c’est une vraie vedette notre Marcia !
Tu es ce qu’ils appellent une Etoile, hein grande fille ?
- Oui Madame, c’est ce que je suis...
- Oh Marcia, tout ça, tu as fait tout ça... »
Marcia baissa la tête, Barney continua à voix basse :
« Tu sais Ludivine, je pense qu’elle se ferait tuer pour toi, fais attention à elle, pour t’aimer aussi éperdument, elle doit être capable de fragilité... »
Ludie prit la main gauche de Marcia et la serra intensément.
Mercredi 14 mars 2007 On train
16:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.03.2007
Divinité-mère

Et Marcia s’effondra en pleurs dans ses bras.
Entre deux hoquets, elle s’inquiéta de salir la robe de Ludivine.
D’une voix étrange, Ludie chantait presque, les mots dansaient entre elles :
« Don’t worry baby, les larmes c’est le sang de l’amour !
Don’t worry baby, pleure encore, des larmes pour toujours. »
Marcia se calma. Ludie la tenait contre elle, dans ses bras, pour la protéger, de quoi ?
Ludivine pensait aux soirées de son enfance, là-bas, dans le Golf du Mexique. Le ciel était rouge au dessus des palmiers qu’elle apercevait, à perte de vue, de la fenêtre de sa chambre.
Elle aimait si fort sa chambre, c’était son royaume, l’appartement de ses envies, le château du rêve et de l’ambition pour demain, pour les autres, pour donner plus, toujours.
Un don c’est ça. Tu le reçois et à ton tour, tu donnes.
Chez elle, personne ne se compliquait la vie, ce qui, bien sur, n’épargnait pas toujours les soucis, les maladies ou parfois mêmes les envies.
« Tu n’avais pas de complexe, quand tu étais petite ? »
Ludivine fronça les sourcils :
« Non, je ne me rappelle pas...
- Même pas ta..., enfin tes...
- Mes gros seins, tu veux dire ?
Non, j’ai toujours trouvé ça normal.
Il faut dire que pour l’anatomie, je ressemble à ma mère comme deux gouttes de peyotl.
Et puis ma sœur était tellement en admiration devant les symboles affirmés de ma féminité que j’étais assez contente... »
Elle regarda Marcia, songeuse :
« C’est si important que ça, pour toi ? »
Marcia gênée, détourna le visage, puis hésitante, finit par murmurer :
« Oui, pour moi c’est très important.
En général, chez les femmes, c’est souvent ce qui les relie aux autres, par les yeux, les mains ou la bouche.
Et chez toi qui es une divinité-mère, c’est encore plus important que pour toutes les femmes de la Terre.
Tu es notre femme, notre mère à tous et à toutes.
Mardi 13 mars 2007 On train
12:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.03.2007
Libère tes larmes

... « Marcia ! »
Marcia s’était levée et regardait le soleil plonger.
Elle se retourna lentement.
Elle avait l’air lasse, la tension qui redescend, les nerfs se relâchent.
« Oui, Madame ?
- Marcia, tu n’as pas froid ?
- Si, un peu, je ne sais pas...
Vous voulez que je fasse quoi, maintenant ?
Que je saute pour essayer de voler, pour vous montrer mon obéissance ? »
Elle avait les yeux pleins de larmes, elle frissonna d’émotion.
« Tu sais que tes yeux sont encore plus beaux comme ça, bien sûr, tu le sais.
Viens près de moi, j’ai peur que tu prennes froid. »
Ludivine ouvrit les bras.
Marcia, sans hésiter, alla se blottir contre elle.
Assise à ses pieds, le visage enfoui dans les seins de Ludie, elle se serrait contre elle, comme pour toucher sa chaleur, dans une posture complètement fusionnelle
« Tu n’as pas de mère, Marcia, c’est ça, n’est-ce pas ? »
Et Ludie caressait la chevelure soyeuse et chaude de la jeune femme nue, cachée contre elle.
« Petite fille, espiègle sorcière, si tu me disais tout de suite, ce que tu veux ... »
Et Ludivine vit Marcia recroqueviller l’extrémité de ses pieds, ma foi plutôt jolis, beaux mêmes, il y en a un à qui ...
« Mais, vous le savez, vous êtes le Tout.
- Tu as raison, je sais.
Mais j’ai envie que tu exprimes tes envies d’une façon consciente, comme une jeune femme civilisée que tu devrais être et pas forcément comme un être satanique, une femme enfermée dans son esprit qui n’avance que dans la nuit.
Si tu es là, ce n’est quand même pas uniquement pour mes seins, hein Marcia ? »
Elle releva le visage de la jeune fille blonde, en la tenant par le menton.
Elle se demandait quel goût pouvaient avoir les lèvres de Marcia, lorsqu’elle fut frappée, intriguée par une fêlure, un éclair de détresse qu’elle perçu dans le fond des pupilles brillantes.
« Allez, pleure Marcia, libère tes larmes, allez, laisse toi aller. »
Lundi 12 mars 2007 On train
23:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2007
Albuquerque

Lucia était repartie, souple et apaisée, les yeux souriants d’ailleurs.
Ludivine regardait Marcia, songeuse. C’était une belle femme, vingt quatre ans je dirais.
Je repensais à des images de là-bas, d’autrefois. A Albuquerque, avec mes parents, mon école, si importante, un vrai monument dans ma vie, avec madame Perkins, un ange habitant la Terre.
Et puis, la famille, qui très vite se transforme en tribu, et puis le peuple Navajo, et puis les Indiens, les Femmes, les Américains, les Etres humains qu’elle était censée...
C’était quoi déjà la mission que le Président avait essayé de cerner pour elle :
« Ne pas intervenir dans la destinée des hommes, juste les prendre par la main.
Voilà, Mademoiselle, votre mission, telle que je l’imagine. »
Et, il la regarda un moment dans les yeux. Il semblait ému et content de lui parler, comme ça, en toute amitié, dans son ranch de Floride, par le hasard des festivités qui les avaient réunis, parmi de joyeux agriculteurs et un Comité scientifique dont elle était l’invitée d’honneur.
C’est Jack Dance, le patron de la C.I.A. qui était venu l’attendre au pied de la tribune.
Elle avait tout de suite compris.
Paul qui se tenait debout, un mètre derrière elle, sur la tribune, s’avança :
« C’est pour vous. Le Président vient d’arriver. »
Ludie ne broncha pas, elle continua son exposé sur la bioéthique appliquée à la phénoménologie animale.
Elle tendit juste le bras en arrière pour saisir la main, ou plutôt le poignet de l’homme du F.B.I.
Pour le remercier, elle le massa légèrement du bout des doigts et elle sentit la tension reprendre un rythme normal.
Ils étaient tous amoureux, transis, dévorés de passion pour elle ;
« Nom de dieu, elle le mérite tellement... »
Vendredi 9 mars 2007 On train - 8h47
21:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2007
Bête de lune

Elle était bien, plutôt à l’aise dans son corps, heureuse de dominer toutes ses peurs et cette sacrée pudeur qui lui avait causé tant de torts, de douleurs enchâssées dans des cauchemars.
Marcia n’avait pas froid et elle se trouvait finalement pas trop moche.
Elle avait vu dans le regard de la Divine qu’elle ne lui déplaisait pas et pour le moment...
Elle aurait bien posé ses pieds sur la boule de fourrure blanche. C’était un peu osé, et puis même si elle n’avait pas peur des bêtes, d’ailleurs de quoi avait-elle peur, en fait ?
Mais une bête comme ça qui tombait quasiment de la lune, car elle était sûre que ni Ludivine, ni Barney ne l’avait amenée.
Alors, ce n’était pas un animal comme les autres et il fallait commencer par respecter sa différence.
Avec un Martien, je ferais pareil, se dit Marcia, plutôt satisfaite, et avec Ludivine...là, c’est autre chose, elle est différente. Différente, multiple et ailleurs en même temps.
Là, ce n’est plus mon rayon, je ne peux qu’attendre et me laisser guider, attendre et me laisser faire...
Elle se sentait un peu déprimée de voir qu’une simple fille d’étage avait droit à une place de choix près de Ludivine, et elle, elle...
Elle avait envie de pleurer.
Elle sentit que Ludivine l’encourageait, alors elle se laissa aller, et tout son corps sanglota des larmes désespérées.
Vendredi 9 mars 2007 On train
10:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.03.2007
Chatte mexicaine

On frappa discrètement à la porte.
Comme si elle avait lu scrupuleusement le scénario, Marcia proposa :
« J’y vais ? »
Ludivine répondit par un sourire. C’était agréable de ne pas avoir besoin de s’expliquer pendant des heures.
Elle sortit sur la loggia couverte et s’installa sur le coussin molletonné d’une chaise longue en teck, de l’autre côté d’une table basse.
Le loup blanc était sur ses talons. Il regarda le paysage, à travers le verre fumé puis se coucha sur les pieds nus de la Reine Noire.
Marcia alla ouvrir la porte, courageuse et rougissante.
Elle revint sur la terrasse avec la jeune serveuse sur les talons qui faisait tout son possible pour ne pas regarder que les bouts de sein roses de la femme blonde.
L’employée de l’hôtel était brune, menue et extrêmement gracieuse, comme une chatte mexicaine.
En voyant Ludivine, elle eut un haut le cœur. Au Mexique les Navajos sont plus que des voisins et tout le monde a entendu parler de la Reine Noire, ne serait-ce que dans les contes pour enfant.
Lucia, était écrit sur son badge, servit le tea sur la table basse en teck, mit le plateau et ses mains dans le dos et s’agenouilla devant Ludivine.
« Oh Mère, oh Reine, vous êtes l’étoile noire de mes rêves, je suis trop heureuse de vous avoir trouvée, je peux mourir maintenant ! »
Le loup n’avait pas bougé d’un pouce, comme s’il était jaloux, dépositaire de la majesté des pieds de Ludivine.
Elle prit Lucia par les épaules et installa la tête de la jeune mexicaine sur ses cuisses.
« Petite fille, ne dis plus des choses pareilles.
Tu dois croire dans ta vie.
Tu m’as vu et tu pourras le dire.
Tes parents t’attendent. Tu auras beaucoup de choses à faire et ensuite...
- Ensuite, ma Reine ?
- Tu me reviendras, tu te rappelleras, tu feras vivre les souvenirs de là-bas, la rivière qui coule entre les arbres, et la loutre qui plonge, et une petite fille qui regarde et qui rêve, tu vois...Je suis là, près de toi. »
Et Ludivine caressait les beaux cheveux de Lucia qui pleurait de joie, doucement, mais elle ne pouvait plus s’arrêter.
Pendant ce temps, Marcia assise en face de Ludivine buvait délicatement son tea.
Elle reposa sa tasse avec légèreté puis choisit un cake qu’elle tenait du bout des doigts, comme si elle l’apprivoisait.
Vendredi 9 mars 2007 On train 7h30
21:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.03.2007
Sorcière Blanche

« Bon, on va essayer de faire simple ...
Bien sûr, tu sais pourquoi tu es là,
tu sais parfaitement qui je suis et donc...
...tu as tout fait pour te retrouver là, dans cette situation là, devant moi. »
A peine un tressaillement courut le long du visage blême. Marcia semblait tendue à l’extrême, prête à..., prête à quoi ?
Si c’est une danseuse, sa démarche ne m’apprendra rien,
tout est tellement construit chez cette fille-là.
Nom d’un coyote, Sarah, si tu étais là, tout serait plus simple...
Comme un écho, Sarah qui n’était pas là lui répondit :
« Viens...
- OK, petite sœur. Oh, on arrive, tu ne vas pas être déçue...»
Elle regarda la jeune femme qui maintenant semblait triste et résignée.
« Bien, écoute moi Marcia, je vais essayer une dernière fois de comprendre...
...allez, déshabille toi ! »
Marcia la regarda, mi-surprise, mi-intéressée.
Elle retira sa jupe et son élégant top en soie. Le vert soutenu de ses vêtements soulignait sa pâleur et sa blondeur.
« Je garde le slip ?
- C’est comme tu veux.
- D’accord, alors je le garde, je préfère... »
C’est curieux, se dit Ludivine, elle semble presque plus à l’aise comme cela.
Sa silhouette était fluide et ses petits seins dressés évoquant la gourmandise, sans excès.
« Tu as de jolis seins, Marcia.
- Merci Madame... »
Elle ne continua pas sa phrase, mais Ludie entendit très bien la suite : je suis heureuse de vous plaire...
« Tu sais ce que je fais ?
- Oui Madame, vous me testez. Je crois que c’est comme une sorte de mise à l’épreuve.
- Le problème, c’est que tu es un peu trop intelligente, tu vois. »
Un peu, beaucoup trop...
Une Sorcière Blanche ! Voilà, j’ai trouvé, se dit Ludivine.
Il n’y a que moi à qui ça arrive ces trucs là, j’ai dégotté une satanée Sorcière Blanche, chienne de lune...
Vendredi 9 mars 2007 On train
07:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.03.2007
Toc, toc

Un grand chien, comme un loup, blanc, attendait assis.
Il entra et alla directement à la fenêtre, il regarda Ludie et se coucha près du fauteuil.
« J’ai envie de la voir pieds nus, la démarche, la manière de poser sa colonne vertébrale ne peut pas se simuler.
La marche est la vraie nature révélée par les pieds, prolongée par les mains qui communiquent leur envie, passion, regret, entrain, inquiétude, intelligence.
Oui, c’est sûr, les mains d’une femme, ça parle, ça crie, ça hurle même parfois.
Cela simule aussi des fois, comme une comédie de la vie.
Ah Sarah, comme j’aimerai que tu sois là... »
Ludivine ouvrit en grand la porte fenêtre. Elle se parfuma de la douceur du soir, sa beauté subtilement soulignée par les derniers rayons du soleil.
Elle traversa le balcon qui avait plus l’allure d’une petite terrasse couverte. Elle s’appuya contre la rambarde, sa longue chevelure frémissait dans les spasmes du vent.
« Tiens, on dirait Pocahontas, c’est Alex qui serait content de me voir comme ça !...
...Ah mon Ratounet, tu me manques tellement !
Qu’est-ce que je fais encore, ici ?
A Buffalo, dans cette ville étrange créée par des Français, à l’origine c’était un tout petit comptoir, ils étaient six et ils venaient de la Belle Province, je crois, je ne sais plus très bien...»
Toc, toc.
« Oui, entrez, c’est ouvert »
La haute silhouette de Paul s’encadra dans la lumière orangée du couloir, Marcia passa devant lui, comme un fantôme blond,...
« Jolie démarche aérienne » se dit Ludie, « une formation de danseuse, sûrement. »
Elle venait à l’instant de remarquer comme la jeune femme était pâle, elle semblait prête à défaillir sur le champ.
« Le choc, peut être...mais lequel ? »
Ludivine enjamba le loup blanc et reprit place dans le fauteuil près de la fenêtre.
« Viens là ! »
Marcia s’exécuta sans relever la tête...
Jeudi 8 mars 2007 On train
00:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2007
Room 416

après un moment d’abattement, Ludie se rappela qu’elle rentrait bientôt et son visage s’éclaira.
Elle appela Peter :
« Bon, tout va bien, amenez la fille dans sa chambre, et allez prendre un café, je la prends en charge. Passez moi Barney.
- Hello Ludie, tu sais, enfin...
- Je sais, tu as besoin de vacances. Tu as gagné quinze jours de repos. Va voir ton père et embrasse le pour moi.
- Merci Ludie, tu es...
- Non, je ne suis pas ta mère !
- Je sais, tu es une Reine, voilà c’est dit.
La vice Directrice l’attendait dans le couloir, devant la porte, comme un planton.
« Bon, tout est réglé Mademoiselle Grammercy, please faites nous porter une bonne tasse de tea dans la chambre de mademoiselle Oates.
- Bien Madame.
- Heu, une dernière chose, le tea servi par une femme, je préfère, c’est mieux."
Ludie remis ses chaussures, se regarda dans la grande glace de style vénitien qui ornait le bureau et sourit à Miss Grammercy qui la regardait avec dévotion.
« Please, room 416 »
Le garçon d’étage l’attendait au quatrième, à la sortie de l’ascenseur. Fort civilement, il la conduisit à la chambre de Marcia, ouvrit la porte, lui laissa le passe et se retira, sans un mot.
Ludivine était souriante et amusée, intriguée...pas vraiment. Elle s’attendait à tout et à la suite.
Elle ouvrit les double rideaux en grand pour laisser pénétrer la lumière du soir par la grande porte vitrée à glissières.
Elle déposa la veste et les bijoux de la jeune femme sur le lit, retira un foulard et un pantalon qui reposaient sur un fauteuil près de la fenêtre et déposa le tout sur le lit.
Elle s’assit dans le fauteuil, elle tenait toujours à la main les chaussures de Marcia qu’elle posa près d’elle. C’étaient des sandales bleues et or à talon, classiques et fines en même temps : une marque française ou suisse, sûrement.
Elle s’était donnée du mal et elle devait tenir à ses chaussures, c’est sûr.
Alors...
Un grattement à la porte ne la surprit pas.
Elle se leva et alla ouvrir...
Mardi 6 mars 2007 On train
07:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.03.2007
Rendez-vous

Après avoir oté sa veste de lin rouge, son collier et son bracelet en argent, Marcia fut menotté, les mains dans le dos, à l’aide de liens rapides en plastique, blancs comme sa robe.
Ensuite, ils enlevèrent ses chaussures roses et remirent tous ses objets personnels à Ludivine qui s’était retirée dans le bureau de Sophie Grammercy, Vice-Directeur de l’Hôtel du Parc qui lui permis de passer des coups de fil aux autorités locales et fédérales pour essayer d’avoir un maximum de renseignements immédiatement.
En même temps, Ludie interrogeait la Manager en tailleur bleu marine, impeccable et inquiète.
Celle-ci se réjouissait que l’hôtel ne fût pas complet et était prête à tout pour que Ludivine parte sur la Lune ou Dieu sait où...
« Cette pauvre fille, elle avait l’air si comme il faut, vous croyez... ? »
Le regard glacé de Ludie lui trancha la parole, net.
Relevant lentement le visage, elle la fixa :
« Bon, dites moi... »
Sophie Grammercy fut prise de panique tout à coup mais elle vit comme de l’or dans les yeux de la femme brune et cela la rassura.
« ...quand elle est arrivée, votre toute première impression, avant même que la porte à tambour ne s’ébranle, lorsqu’elle a levé la main, regardé derrière elle, elle tirait un sac de voyage qui avait l’air encombrant... »
Mademoiselle Grammercy était stupéfaite :
« Mais comment, ce n’est pas possible que vous ayez déjà visionné cette scène !
Oui, j’étais là, cela s’est déroulé exactement ainsi, et je vais vous dire...J’ai été touchée par la fragilité d’un être un peu perdu et surtout par l’immense espérance qu’elle portait en elle, comme... comme un pèlerin qui aurait rendez-vous avec un apôtre...
- Un apôtre, hein... ?
- Heu, en fait, c’est plutôt avec le Christ je crois, qu’elle devait avoir rendez-vous, plutôt oui, je crois. »
Ludivine, d’un quart de battement de cils lui fit comprendre qu’elle n’avait plus besoin d’elle.
« Nom d’un loup affamé, c’est pour moi !
Qu’est-ce qu’elles ont toutes ? »
Lundi 5 mars 2007 On train
23:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

