« Toci | Page d'accueil | On dit merci »
04.04.2007
C’est où l’enfance ?

Le ronronnement des réacteurs berçait les passagers du vol
T-417 pour Washington.
Ludivine avait déjà réservé la voiture pour aller en Virginie, à Langley dans le comté de Fairfax.
Elle avait rendez vous avec le général Donovan, le Sous-directeur en charge du dossier de Melle Marcia Phelps à la Direction des opérations de l'Agence.
Il avait la réputation d’être un vieux ronchon mais Ludivine n’avait pas beaucoup de temps, cela risquait d’être sportif.
Marcia lisait le supplément littéraire du Washington post, un article consacré à la correspondance entre William Faulkner et Virginia Woolf, dans les années trente. Cela donna envie à Ludie de repartir, de plonger un peu plus loin, un peu plus bas.
C’était une conversation qui lui revenait, avec cet Anglais si bien élevé, Leyton Bell.
Ludivine ne se rappelait plus pour qui, pourquoi, ils avaient parlé de ça, de son enfance, d’enfant plus que précoce.
A neuf ans, elle avait commencé à donner des cours...
Tout s’était déroulé en douceur, comme ça...Le cocon familial s’élargissait. Elle s’amusait follement. Travailler, se sentir utile, aider les autres. Elle sentait que cela serait sa vie.
A onze ans, elle enseignait six ou sept matières. Parfois ses élèves étaient des lycéens de quatorze ou quinze ans.
Cela l’obligeait, certaines fois lors du premier contact avec les parents ou l’adolescent de se faire passer pour la petite sœur de Ludivine, une sorte d’Assistante.
Les résultats surtout en termes de comportement des jeunes, étaient rapides et spectaculaires...
Les mères revenaient comblées et bouleversées...
Certaines parlaient de miracle. La mère de Ludie et Sarah se regardaient alors en partageant une flamme bien étrange.
Des filles perverses, immatures ou désorientées devenaient des modèles de sociabilité et découvraient l’étendue de leurs possibilités.
Des garçons aussi, gros mangeurs, paresseux ou sportifs invétérés, commençaient à entrevoir l’infini des possibilités ludiques de leur cerveau.
Surtout, les parents étaient unanimes. Le plus remarquable c’est que le travail les rendait heureux et même épuisés ou malades, les enfants venaient la voir, ils avaient besoin de leur ration hebdomadaire, de science de Ludie qui leur ouvrait les portes de l’esprit.
A treize ans, Ludivine s’était retrouvé à la tête d’une véritable école privée qui gardait une taille raisonnable car elle voulait s’occuper de tous ses élèves.
Son père avait brillamment réussi dans l’informatique après être passé par Stanford où il avait côtoyé de près ou de loin des géants, les fondateurs de Hewlett Packard, Yahoo et Google ainsi que Vinton Cerf, le créateur de l'internet, co-auteur du protocole TCP/IP.
Aussi, il n’était pas étonné des talents d’entrepreneuse de sa fille aînée, cela l’amusait de la voir, avec une logique digne des meilleurs processeurs, régler tous les problèmes, les uns après les autres, toujours avec le sourire.
Elle s’amusait et son père était satisfait.
Mercredi 14 mars 2007
17:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire