« Mon double et mon tout | Page d'accueil | Ludie blues »

15.04.2007

La quête

medium_Jennifer_Connelly_La_quête.jpg


Dans l’avion qui les amenait de Washington D. C. à New York, les deux femmes, comme deux sœurs, se parlaient à peine, tellement leurs attitudes et leurs esprits se complétaient, dans une curieuse harmonie.

Il est clair qu’elles ne passaient pas inaperçues. Ludivine était si brune et foncée de peau alors que Marcia avait le teint rose et la blondeur presque blanche d’une véritable Viking.

Elles étaient toutes les deux vêtues de pantalons noirs, tee shirt blanc, blaser violet pour Ludivine, marron pour Marcia et chaussées de mocassins extra souples.

Ludivine avait tenu à habiller Marcia avant de quitter la capitale fédérale alors que celle-ci ne désirait rien, juste lui faire plaisir.

Son seul caprice et sa grande fierté furent d’avoir l’accord de sa chef pour s’habiller comme elle.

« Tu veux donc me ressembler ! »

s’exclama Ludie en admirant la silhouette gracieuse de Marcia qui se regardait dans une glace du magasin Harp’s.

Marcia ne broncha pas et vint se planter devant Ludivine :

« Ne vous moquez pas de moi, vous savez bien, vous savez... »

Et elle détourna subitement la tête.

« Non Marcia, tu ne vas pas pleurer quand même ! Je suis si contente d’être là avec toi et de rentrer à New York et de te ramener et de... de retrouver celui qui...

...Bon, j’ai trouvé ce qui ne va pas. Enlève tes chaussures à talon, retrouve tes pieds et marche ! »

Marcia s’exécuta, de bonne grâce.
Après toutes ces années de tension où elle s’était battue, seule contre tout le monde, contre ses démons aussi, elle se sentait enfin vivre, enfin elle avait trouvé un endroit.

Ce n’était pas vraiment une famille, mais plutôt un nid, un début de nid, où elle était présente, où elle existait pour quelqu’un et en plus, ce quelqu’un qui la regardait maintenant, assise droite, comme une princesse Aztèque, cette femme qui la regardait et qui elle le savait, faisait plus de dix choses en même temps, cette femme-là, était la Reine Noire.

Teteo Innan, la plus grande divinité régnant sur Terre, la Mère de tous les dieux avait peuplé ses rêves de petite fille et d’adolescente quand elle avait commencé à bâtir une stratégie pour avoir la possibilité de l’approcher un jour.

Cette quête la conduisit à l’Université de Philadelphie, et dans l’école de sports de combat où elle avait finit par épuiser tous ses profs, puis les Grand Maîtres qui à la fin refusaient de la croiser sur un tatami.

Il y eut aussi l’école de la rue, l’orphelinat et la tante Josua, sa mère d’accueil, celle qui lui racontait les légendes des terres anciennes, là où sur trois niveaux et aux quatre coins de la terre, s’étendait la conscience de l’homme, invisible dominée par un esprit, celui de Teteo Innan, celle qui fait obéir les dieux, qui ordonne à l’ours, qui est suivie par le loup et qui commande aux cinq éléments.

Vendredi 16 mars 2007 - On train

Ecrire un commentaire