23.04.2007
Martha

La route grise, le ciel jaune.
l’oiseau de mer se levait.
Où est la brise ?
Elle cherchait la fraîcheur maritime.
Martha était revenue.
Sur la place de granit,
adossé contre la vieille fontaine,
je parlais à mes souvenirs.
Pourquoi, encore, comment ?
Martha marchait d’un pas vif,
elle visitait les rues étroites
aux pavés sans ordre.
La nuit était partie, maintenant.
Pour combien de temps ?
Je regardais les balafres du ciel,
je me sentais attiré par ces déchirures blanches
mordant l’azur d’un bleu d’acier.
Je cherchais ma Céphéide,
l’étoile supergéante de mon univers.
Je n’osais pas y croire.
J’avais trop peur de la trouver,
Celle qui, celle que j’avais imaginée
créée, modelée, dessinée...
Une femme, un être magique,
une force capable d’envoûtement,
venue d’ailleurs.
Pour moi,
elle sera toujours le plus beau des rêves.
Toi,
ma balise cosmique.
Toi.
Martha ne pensait plus,
elle dansait sur les pavés.
Les vitrines antiques lui adressaient
un hommage voilé.
Son cœur s’emplissait de lumière,
le soleil brillait pour elle
et chauffait tout son corps
comme une caresse de flamme.
Elle se sentait grandir,
s’élever, flotter, nager
au dessus des hommes.
La vieille ville au bord de la mer
commençait à s’éveiller.
doucement, les couleurs apparurent.
Le mouvement naissait, l’ombre grandissait.
Les murs accueillaient des images,
parfois des mirages.
Les garçons s’éveillaient intrépides,
les filles se voulaient volages,
ou bien trop sages.
C’était la vie.
Elle tourna, retourna, contempla.
Un homme, là bas.
Elle se dit, tout bas,
vraiment très bas...
Pourquoi ?
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