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24.04.2007

Elyse

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Le voyage de Ludivine et Marcia dura près de trois heures.

Marcia après avoir relevé l’accoudoir de séparation,
finit par s’endormir dans les bras de Ludivine,
le visage enfouit dans ses seins,
puis ensuite sur ses cuisses,
la figure contre le ventre doux et chaud de Ludie.

L’hôtesse l’aida à installer les jambes de Marcia
sur les fauteuils contigus qui étaient libres.

Plus tard, peu de temps avant l’atterrissage à New York,
un petit homme maigre à la moustache agressive
vint se planter dans l’allée pour demander des comptes
aux deux femmes à la tenue incorrecte.

Ludie était en communication avec Kasey et n’avait pas envie d’ombre.
Elle posa sa main gauche sur le visage de Marcia, pour l’isoler,
et elle tendit le bras droit en dessinant un cercle dirigé vers le bas.

Le petit homme s’immobilisa, devint muet, blanc puis jaune...
Une mare apparut aux pieds de son pantalon taché.

Le steward qui n’aimait guère l’inspecteur,
ne put s’empêcher de pouffer de rire :

« Hi, hi, le pauvre Stanley touché en plein vol,
le Stanley a des fuites de carburant, je précise :
nous avons un Stanley tout rouge, près à exploser en vol... »

L’hôtesse qui s’occupait des Premières lui glissa :

« On en fait quoi du Stan, on l’ensoute ou on l’aère ?

- Je ne sais pas chérie, demande à la Chef Indienne,
elle a l’air de faire la pluie et le beau temps...ici... ».

Le steward venait d’avoir une vision d’effroi,
lui et Stanley, dans la soute, l’un sur l’autre...

« Qu’est-ce que tu as, Pierre-Louis, tu es tout pâle ?
Bon, je vais demander à la dame.

- A la Reine » précisa Pierre-Louis.

« Oui, merci...

...Votre Majesté, je vous prie de m’excuser mais si vous pouviez remettre notre Inspecteur de bord en état de marche, au moins je pourrais aller le ranger au fond de l’appareil, alors que là... »

Ludivine, qui était en mode multiconversations, la regarda, lui sourit, tendit la main vers le bas et releva juste l’index vers le petit homme moustachu.
Elle fit un battement de cils.

L’hôtesse comprit qu’elle dérangeait, elle prit l’inspecteur par le bras, il était tout mou maintenant...

« C’est dingue, se dit Elyse, quand je vais raconter ça à ma sœur, elle ne voudra jamais, jamais...
Pourquoi jamais... Et pourquoi pas moi ? Oui, pourquoi est-ce que je ne la suivrais pas, moi aussi ? »

Ludie se détendait en parlant aux nuages, cela lui faisait du bien, elle sentait les gouttes de vapeur d’eau se mélanger en elle, elle flottait dans l’univers.

Elle aimait ces échanges pleins de silences et d’échos, de notes traînantes et parfois les grincements discordants du vent qui voulait entrer, qui avait quelque chose à dire, mais Ludivine le faisait attendre.

« C’est fou, pensa-t-elle, on dirait qu’il est jaloux. »


Mardi 20 mars 2007 - On train

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