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28.04.2007
A l’intérieur des mots

Ludivine posa la main gauche à plat sur le hublot, elle aspirait l’humidité, elle la transformait en un message de paix qui aussitôt se répandit dans les travées.
L’air était comme renouvelé, un parfum de rose sauvage éclairait les visages.
Elyse voyait l’expression des passagers se transformer en sourires bienveillants.
Arrivée devant la place de Ludie, elle compris qu’elle allait vivre l’inexplicable, le tout au dessus de tout. Elle tomba à genoux et baisa les pieds de Ludivine. Elle pleurait de bonheur.
A l’intérieur des mots, il y a des mots.
Pendant qu’Elyse ne savait plus où elle était, le temps s’était arrêté.
Elle baignait dans ses larmes, elle voyait les pieds de Ludie, d’une absolue beauté, bronzés, effilés comme de l’acier, les pieds de la déesse émergeaient comme un rocher au milieu d’une rivière de larmes.
Un rayon de soleil, un rayon vert baignait la scène de lumière. Elyse tendit la main, elle voulait s’approcher, s’accrocher, elle voulait embrasser le rocher, le serrer dans ses bras, elle voulait...
Ludivine parlait à Marcia, elle avait posé sa main gauche sur le front de la jeune femme endormie sur ses jambes.
Elle lui faisait passer des mots et des silences, elle était décidée à lui faire comprendre que la peur était derrière elle, qu’elle devait s’ouvrir, apprendre à écouter, respirer, s’inspirer du vide, se nourrir du vent, chanter avec la pluie, il fallait, il fallait vraiment.
Comme à chaque fois qu’elle rencontrait quelqu’un qui avait besoin d’elle, Ludivine était surgonflée d’énergie, prête à faire des miracles pour donner et pour faire accepter ses dons.
Elle savait que Marcia qui était un être exceptionnel, avait des besoins hors normes, surtout un, insatiable, le besoin d’Amour.
« C’est ça qu’il te faut mon Ange, c’est ça ».
Ludivine chantonnait doucement et Marcia se mis à sourire timidement puis avec l’assurance de celle qui se sent bien, de celle qui se sait attendue.
Conscient du naufrage qui recouvrait ses pieds, Ludie posa la main droite sur la tête d’Elyse qui n’en pouvait plus de pleurer et de rêver, de marcher en pleurant dans un nouveau pays inconnu pour elle.
Sans ouvrir la bouche, Ludie lui dit :
« Va et reviens ».
Jeudi 22 mars 2007 - On train
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