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24.06.2007

Underground

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Je la sentais troublée, presque perturbée. Je ne dis rien et posais la main sur sa cuisse.

« Ludie, tout va bien, Ludie be quiet. »

Je m’efforçais de prendre un air dégagé, un ton léger, de regarder la route, les larges trottoirs plantés de soleil.

Mais j’étais face à un boulevard d’angoisse sur l’autodrome de l’avenir, je ne voyais que des boules rouler, pas de quille, pas d’objectif à atteindre...juste quelques touches floues, là-bas, comme des taches d’ailleurs, d’autre chose, autre part.

A l’arrière, Marcia et Kasey se mirent à chanter, une vieille ballade de Joan Baez, c’était beau, c’était triste, c’était tout un monde d’émotions qui perlait, qui gouttait autour de nous, comme les feuilles désespérées de l’automne, qui tombent déjà mortes, pour un dernier adieu, une vérité enfin...

J’avais peur de la fin, j’avais peur d’ouvrir les yeux, compter les jours, la fin des vacances, la fin de tout... Je me sentais oppressé et Ludie, qui ressentait mes émotions comme si j’étais elle, se mit à chanter les airs de Lou Reed, faisant revenir pour moi les heures nacrées du Velvet Underground.

A l’arrière, les deux filles faisaient les cœurs, elles se rapprochèrent et s’avancèrent, et Kasey prit ma main qu’elle tenait fort, et Marcia commença à me masser l’arrière du crâne, ses doigts doués de force et de souplesse prirent possession de moi et je me laissais aller à la douce mélancolie d’un enchantement d’ailleurs.

Nous traversâmes de jolies petites villes côtières implantées le long de ce bras de mer appelé Long Island Sound qui constitue d’après Simon une pure merveille écologique entre Long Island et le continent.

Après New Rochelle, nous dévisageâmes Mamaroneck puis Harrison et Port Chester où nous quittâmes l’Etat de New York pour aborder le Connecticut.

Le paysage était tonique et coloré, j’ai bien aimé l’aperçu de Port Chester où j’ai adoré un merveilleux camion de pompiers Mack.

A ma grande surprise Ludivine semblait bien connaître le coin.

« Tu as de la famille par ici, Divine, on dirait, non ?

- Heu, je ne crois pas, mais je trouve que c’est un coin plutôt sympa. C’est habité depuis très longtemps, depuis plus de trois cent ans...

- Pas des Navajos ?

- Non, non pas ici, c’étaient des tribus de Mohegan qui habitaient ici avant que des colons anglais n’arrivent du Connecticut voisin pour bâtir le village, vers 1660, je crois...

- Vu les vitrines et les noms des commerces, l’endroit a l’air plutôt cosmopolite, je me trompe ?

- Non, mon Ange, il y a plein de « comme toi », je veux dire d’Européens qui sont arrivés ici dans la première moitié du vingtième siècle : en majorité des Italiens mais aussi des Irlandais, des Polonais et puis des Allemands et plus récemment ce sont des familles d’Amérique du Sud et des Caraïbes qui sont venues s’installer par ici... »

Au détour de la route surplombant une dune de sable nous arrivâmes à Stamford qui me tapa dans l’œil.

C’était une petite ville résidentielle, discrètement abritée dans l’écrin arboré des berges du bras de mer.

Lundi 23 avril 2007 On train 8h46

Commentaires

très beau texte matinal
Merci

Le lundi commence... autrement!

Ecrit par : elgreco | 25.06.2007

Hello elgreco,
Je te souhaite une très belle semaine, avec plein de soleils.
A presto.

Ecrit par : laportesansporte | 25.06.2007

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