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09.07.2007

Strange woman

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Un bel oiseau chromé, rouge et blanc, apparut à la verticale des dépendances. Il se dandina en l’air comme hésitant, prit un large virage et alla se poser juste à côté des écuries. Jenny riait, c’était comme du miel.

« C’est papa qui insiste pour qu’on ait tout ce bazar ici, il est très à cheval sur la sécurité et toutes ces choses... »

Nous allâmes rejoindre les autres sur la terrasse. J'étais enchanté par la musique d’Erik Satie, une Gymnopédie lente et savoureuse qui emplissait l’espace...

« C’est divin, cette musique !

- C’est pour toi french guy, ça te plait, tu es sûr ?

- Yes Iris, j’adore et je te remercie, Satie et la mer, que demander de plus ? »

La cousine de Jenny était très mignonne, moins Bostonienne mais elle avait un côté décontracté très sympathique, elle parlait le français sans accent, encore un bienfait des gouvernantes suisses...

Après les compliments d’usage à nos hôtes et une fois dégusté mon Darjeeling, je me détendis en abandonnant mon dos au confort d’un fauteuil de jardin qui était une invite à la paresse.

J’étais curieux de découvrir plus avant les nouvelles... Elyse était une jeune femme avenante et plutôt séduisante avec ses cheveux blonds et courts, son petit nez et son regard tendre et vif, curieux et paisible, une vraie force cachée...

Elle racontait des choses passionnantes à Marcia qui était là tout en n’y étant pas. Celle fille-là m’intriguait, elle avait quelque chose de spécial, une Martienne peut être ?

Elle semblait à la fois glaciale et en même temps, elle s’exprimait très posément, avec une sorte de douceur.

Quand elle vous parlait, son esprit semblait pénétrer en vous, naturellement, comme ça, pour faire un lien. En fait, et pour tout dire, sa beauté glacée m’intimidait.

La musique et l’ambiance cosy de ce tea coloré de bonne humeur festive me désinhibèrent.

Je me levais précautionneusement et j’allais m’asseoir près de Marcia sur une sorte de canapé de jardin en acier blanc et cuir rose, une chose sûrement hors de prix mais à l’esthétique attirante.

J’appréciais l’élégance stricte de cette femme étrange comme une étrangère. Elle portait une jupe droite en coton blanc et un pull noir, ras du cou, sans manche.

Sa voix était un peu métallique comme celle de Jenny, mais plus grave. Elle se tourna vers moi d’un mouvement si rapide que je n’eus pas le temps de voir pivoter son torse :

« Alors, heureux homme, tu es comblé ou alors... »

Et elle écarta les bras, comme en signe d’impuissance.

« Quelle femme étrange tu es Marcia, tu as un côté un peu irréel et en même temps, c’est comme si tu avais toujours été là, curieux non ? »

Elle ouvrit grand les yeux. Elle m’observait et je suis persuadé qu’elle était en train d’analyser mon fonctionnement.

« Ma folie me protège, tu sais Marcia ! »

Elle éclata de rire, prit mes mains dans les siennes et les embrassa. Puis, contente d’elle, elle se leva, elle cherchait Ludie, forcément, toujours...

« Hey Marcia, elle ne va pas s’envoler, you know...

- Oui, je sais, je sais, mais j’ai trop de sensations là, il faut que j’aille vérifier... »

Après un sourire qui m’émut car c’était un vrai sourire, complètement inattendu chez une femme comme elle, elle se leva tout en souplesse et s’éloigna de la maison.

« C’est fou comme elle l’aime ! Je devrais peut être devenir jaloux ?"

Lundi 14 mai 2007

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