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12.07.2007
Ambiance

L’après midi passa très vite, comme en accéléré. La maison de famille des Watt-Myers était curieusement équivoque.
L’extérieur, malgré la grandeur de l’ensemble était plutôt gai et accueillant, les couleurs chaudes, les tons de rouge et d’ocre, créant une harmonie organique entre la personnalité ancienne des constructions et la générosité de la nature.
Par contre, l’intérieur de la demeure était strict, calme et froid. Le rez de chaussée était un espace d’accueil qui ressemblait un peu à un musée, avec d’immenses pièces, très hautes de plafond, décorées chacune dans un style spécifique : Art Moderne, Peinture italienne de la Renaissance ou Ecole française du 19ème...
C’était étrange et déroutant au premier abord puis on se laissait prendre par l’ambiance des lieux, reposante et apaisante.
De ci de là, des traces familières coloraient chaque salle, des brassées de bonbons sur un coffre, des bouquets de fleurs réchauffant des guéridons, des livres et des revues d’art abandonnées un peu partout.
J’arrivais dans une sorte de salon, peu meublé mais où l’attrait principal était un parquet extraordinaire de nuances et de tons dont l’assemblage des lattes formait une gigantesque croix, comme une croix de Malte.
Après avoir admiré ce travail de maître ébéniste, je passai devant une sorte de petit bureau bibliothèque quand j’entendis la voix de velours, la voix de ma vie.
Je savais ou plutôt j’avais compris que si Jennifer et Ludivine se rencontraient là, ce n’était pas par hasard.
Elles devaient évoquer des sujets importants, très importants, c’était peut être pour cette raison que la vieille bâtisse était aussi bien surveillée qu’une annexe de la Maison Blanche.
La porte était entrouverte et j’hésitais.
« Viens Alex, on t’attendait ! »
Alexandre pénétra dans la douce lumière orangée de la petite pièce. Il ne vit rien, à part le dos démesuré d’un fauteuil à oreilles, puis une masse vivante, ébouriffante de cheveux noir et châtain clair, mélangés.
Une main s’éleva au dessus du fauteuil d’époque Louis XV, les longs doigts de Ludie m’attiraient, m’approchaient.
Je contournais l’objet meublant et je m’amusais de les voir si bien ensemble, Jennifer assise sur les cuisses de Ludivine, Jenny le visage dans les seins découverts de Ludie...
« Ca baigne les filles ?
- Oui mon Cœur, on est bien comme ça... »
Jennifer releva la tête sans lâcher le sein gauche de Ludie qu’elle agrippait de sa main droite.
« Heu Alex, ce n’est pas ce que tu crois... Tu sais, nous avons tellement de choses à nous dire, tellement ! Nous...
- Oui mon Cœur, je te raconterais, nous avons des projets »
La féminité épanouie et paisible de la déesse Indienne contrastait avec la fébrilité de Jenny qui poursuivit :
« Oui, en fait, j’ai de grandes, d’immenses ambitions pour Ludie, pour... »
Ludivine lui prit la figure entre les mains, la fit tourner vers elle et l’embrassa à pleine bouche.
Alexandre se redressa et quitta le bureau :
« Bon, bon, bon... Moi je, moi... Je m’en vais, me noyer tiens, ça va changer ! Peut être que là, elle fera attention à moi ? Bon, d’un autre côté, elle est capable de ne s’apercevoir de rien... »
Alex était sorti de la maison, il marchait les mains dans les poches, sans se presser. Il ne montrait jamais aucun signe d’excitation, il savait où était la rivière, il savait, il savait...
Ses mains étaient moites et sa démarche hésitante. Il cherchait la lumière et il esquissa l’amorce d’un sourire : une phrase de Sarah lui revenait :
L’avenir repose sur notre capacité à transcender le présent,
et il n’avait pas envie de la perdre.
Lundi 21 mai 2007 8h56 On train
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