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23.07.2007
L’air du large

« Non Bella, je ne t’en veux pas. J’ai confiance en toi et je ne te reproche pas d’être amoureuse d’Alex...
...Il est comment dire ? Attachant, voilà le mot, c’est ça, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est exactement cela, je dirais même, très attachant !»
Ludivine se mit à chanter et Jennifer entama un pas de danse. Elles se sentaient des femmes, profondément libres.
Oui, mais voilà, se disait Ludivine, nous sommes des privilégiées, le plus dur va commencer maintenant.
Elles étaient arrivées en bas près de l’Atlantic ocean qui à cet endroit, entre le continent et l’île de Long Island, s’appelait le Long Island Sound.
Elles s’assirent près des garçons. Dans l’éclat du soleil, Ludie releva comme Jenny était gracieuse et Dieu que ses pieds étaient jolis !
Elle était sûre qu’Alex ne pouvait pas les manquer, lui qui était un redoutable fétichiste des pieds des femmes.
Elle sentit comme un creux sous la poitrine : alors c’est ça, c’est comme ça, je suis jalouse, je crois bien... Elle adressa un sourire crispé à Alex, ça pique fort !
Pendant que Jennifer parlait navigation et croisières de tous bords avec les hommes, Ludivine étendit les jambes, se frotta les pieds l’un contre l’autre et soupira sans tristesse :
"ce n’est que la vie, d’ici..."
Elle tira de la poche croisée de sa jupe deux feuillets tout froissés : les cinq cent mots quotidiens, ou presque, écrits par Alexandre.
Elle plissa les yeux et repoussa une mèche d’un noir absolu :
Qui y’a-t-il sous les robes, sous la jupe longue de Virginia Woolf ?
La peau blanche et douce d’une jeune femme anglaise, si jeune et sans âge, révoltée de tant de faiblesses.
Aussi peu folle qu’un amour de la vie qui a compris comme les instants sont courts, à déguster, à dévorer sans attendre, sans apprêt, comme elle avance, la vie.
Incapable de s’adapter aux cercles des autres, à la nouillité grise des petits soucis victoriens et d’ailleurs, tant pis, la beauté, éprise des autres, elle se battait pour exister, elle a vaincu la bêtise, elle a affiché l’esprit, Virginia à la folie, Virginia pour la vie...
Ludivine serra les deux feuilles froissées contre son cœur :
« Ca y est, il est vraiment fou, c’est l’Amérique ! »
Ludivine était émue :
« Mon Alex, si tu savais... »
Jeudi 7 juin 2007
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