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21.09.2007

Céleste

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Pendant que je me laissais aller à déchiffrer le spectacle mouvant de l’Océan, je laissais remonter en moi quelques lignes écrites ici même, il y a deux jours :

Un éclair de feu m’a traversé ce matin.
Je parlais avec les dieux et un regard,
comme une flèche intemporelle qui traverse l’univers,
en dirigeant sa pointe d’obsidienne vers le cœur.

« Oh, fleur du mal, Indienne du Bonheur,
tu écartèles mes instants, tu suspends le temps. »

Quel organisme pourrait supporter cette démesure ?
Tu es pire qu’un fantôme, tu es là, tout le temps.

Tu me dévores, tu m’attends comme une panthère noire
qui joue avec sa proie, un singe grisonnant qui ne pense pas
à s’enfuir, prisonnier de ton regard qui ouvre l’infini du monde.

Vaincu, résigné, enchaîné par ta beauté céleste,
toi la reine d’ici et de là-bas, Digne sœur de Matoaka,
Esprit de l’infini.


Je me disais, comme c’est curieux tous ces grands esprits qui s’acharnent à créer des liens, à inventer du sens, comme si la vie devait avoir une cohérence, pour dissimuler l’unité du vivant derrière d’extravagants amalgames...

C’était comme si une voix me parlait, se rapprochait :

« Et Isabel ?

- Isabel ? »

Je caressais la tête de Wikita, assis à côté de moi. Ca lui plaisait. Il allongea le museau sur ma cuisse droite, je le grattais entre les deux yeux, sur le nez...

« Il aime ça, tu vois... Au fait, tu parlais de qui, de quoi ?

- Ta copine Isabel, tu ne te rappelles pas ? Genre un peu mince, presque Française, sûrement belle, non ?

- Tu es jalouse ? »

Sarah me dévisagea sans sourire, avec une intensité croissante, presque douloureuse.

Ses yeux verts brillaient dans la nuit, les vagues qui éclataient près de nous se tintaient de phosphorescences rosées.

« Que c’est beau ici, Sarah ! C’est plus que grandiose, c’est humain...

- Ah, alors tu te sens bien chez moi, chez nous, chez toi... »

Je pris sa main en caressant ses longs doigts, l’un après l’autre, puis je la posais sur mon visage, je la respirais.

« Sarah, je... »

Ma voix s’étranglait dans la gorge, je ne pouvais pas en dire plus, je ne savais plus où tout cela se passait, quel pays, quel rêve ?

J’allais peut être me réveiller au fond de mon jardin, endormi sur un vieux transat, à la toile verte décolorée, abimé par le temps, le simple temps qu’il fait, qui passe, les jours, une convention d’heures et de signes, deux cent soixante dans le calendrier des Mayas, pas le Long, celui qui était dédié à Vénus.

Je posais la main étoilée sur ma poitrine, sous le tissu noir de la chemisette crocodilée.
Est-ce que l’économie allait bien ? Comment se portait le monde ?

Tout d’un coup, j’avais des envies, comme ça, de me rebrancher, encore un départ, toujours ailleurs.


Mardi 18 septembre 2007

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