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18.10.2007

Flying saucer

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Sarah vint s’asseoir sur l’accoudoir du canapé, elle posa ses pieds nus sur mes genoux.

Elle mangeait une crêpe avec de la confiture pomme-cannelle.

« Tu as bien préparé tes affaires ? Tu n’as rien oublié ?

- Hum.

- Tu penseras à moi ?

- Oui, tu le sais. Je pars avec toi, avec ton empreinte sur moi. »

Et j’appuyais ses pieds sur mon ventre. Elle se mit à me masser, avec les orteils, comme une chatte.

Elle aurait pu ronronner, mais elle n’était pas un félin domestique. Sarah était une panthère noire dont l’ombre démesurée recouvrait l’horizon bleuté de mes pensées.

Je pris ses pieds dans mes mains, je les caressais et les embrassais. C’était curieux, pour la première fois je voyais des pieds maquillés.

Ses orteils étaient peints en noir et blanc et sur le dessus du pied, un rond noir cerclé d’or se détachait sur la pureté d’un fond bleu de mer.

« Ca te plait ?

- J’adore, ce sont des couleurs de guerre ?

- C’est pour toi. Un jour, je te dirai.

- Sarah, que tu es...

- Chut ! J’ai juste besoin de t’entendre le penser très fort. Tu sais Alex, le silence, c’est l’ouragan du cœur...

- Yes. Peut être ? Sarah, j’aimerai tellement savoir qui tu es, commencer...

- Don’t worry, tout va bien, tout baigne, comme tu dis en français. C’est ta copine Virginia qui disait :

N’être jamais soi-même et en même temps l’être toujours, voilà tout le problème. »

Voilà. Cette femme qui savait tout, qui était partout. Si près et si loin, aussi proche que lointaine, trop belle et trop bonne pour exister vraiment.

Je la regardais et je voyais l’Océan à travers elle, je contemplais béat, un univers de perplexité.

La flamme de son regard m’obligea à tourner le visage de côté. Je vis passer Wikita, le loup rapide et silencieux, comme monté sur coussin d’air.

Je sus alors qu’elle était là, qu’elle avait atterri comme une soucoupe volante venant du pays de la féminité.

Légèrement fébrile, je me levais pour débarrasser la vaisselle de notre petit-déjeuner. J’ai rangé les assiettes, les tasses et les couverts dans le lave-vaisselle.

Quand je me suis redressé, Isabel était là, elle caressait mes cheveux.

« Tu as l’air en forme Alex !

- Et toi, femme des airs, tu es superbe, toujours bronzée...Tu travailles toujours, ou tu ne travailles jamais ? »

Isabel se recula pour me regarder de loin :

« L’air de New York te convient, on dirait ?
Bon ! Ah Sarah, tout est OK, j’ai une voiture en location illimitée...

- Ah, c’est la Tucson couleur sable, elle est plutôt jolie...

- Oui, je la trouve plutôt à mon goût et finalement très pratique... Bon, on y va ? »

Lundi 1er octobre 2007

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