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21.10.2007
Curves and glances

Un regard, le début de...
De quoi c’est fait une femme ? De quelle texture magique ?
De l’or et des mots, des perles de larmes et de sang, un truc dont on fait les femmes, les mères, les épouses, les maîtresses, les filles, tout ça ensemble dans la même.
On réunit les ingrédients, on touille et on obtient cet être indéfinissable, venu d’ailleurs, tombé du ciel, expulsé du ventre de la terre, traversant les océans à pieds, avec des ailes, comme des baleines aériennes.
Un corps de ballet de l’éther, des points, des pieds à aimer, à dévorer, des courbes et des regards, de la douceur comme de la soie, polie, lisse, sans aspérité, sans faille...
Et puis, tout à coup, une ouverture inexpliquée, inexplicable.
Une faiblesse provoquée, calculée, tout un art, mieux qu’un métier, un artisanat, une vocation, ce qui nous fait vivre, la lumière dans nos cœurs, le tout, l’immensité sans nom, comme un océan sans consistance, un nuage de bonheur.
C’était sympa et déconcertant de retrouver Isabel, comme ça, un hasard maîtrisé ?
Je commençais à croire que mes déesses indiennes contrôlaient tout, depuis que j’étais arrivé ici.
Parano ? Peut être, mais tout allait si vite et était si bizarre...
Je regardais le profil d’Isabel qui conduisait en s’amusant.
« Alors, tu m’avais oubliée ? »
Elle posa la main sur mon avant bras, elle souriait en découvrant à moitié ses adorables petites dents.
Elle se retenait avec une sorte d’élégance naturelle et raffinée.
« Mais non, Isa, tu sais bien, presque tous les jours j’ai pensé à toi, je me demandais où tu étais, si je te reverrai...
- Et tu n’as jamais répondu à mes messages !
- Ah ! Et bien, tu sais...
- Ce n’est pas grave, laissons cela. Alors, ça te plait l’Amérique ? Et ... les Américaines ?
- Oui, ça me plait. Je me sens bien ici, je respire. Quant aux femmes, je ne sais pas trop... Tu sais, à part Ludivine et maintenant Sarah, je...
- Ah oui ! Et Dawn, et les autres, déjà oubliées, tes anciennes conquêtes de l’Ouest ?
- Tu exagères Isabel, je ne suis pas, je suis... Au fait, ça fait longtemps que tu les connais, les déesses indiennes ?
- Ah, oui, un peu. En fait Ludivine ou Sarah, pour moi, c’est pareil, c’est la même.
- Ah ?
- En fait, je la connais depuis quatre ans maintenant...
- Ah ! Tu travailles avec elles.
- Non, je ne travaille pas avec ou pour elle. Simplement, elle m’a rendu service, un jour d’hiver, comme ça, elle m’a sauvé la vie, je ne la connaissais pas.
Cela se passait à Phoenix, Arizona : j’étais poursuivie par une bande de filles, des junkies déjantées qui avaient décidé de me tuer, pour chasser l’ennui, pour passer le temps.
Ludie passait par là. Le taxi s’est arrêté, elle est descendue, s’est approchée, toute habillée de noir, ses yeux brillaient comme des étoiles, elle a mis une main au dessus de moi, j’étais accroupie dans le caniveau, tassée contre un bac à ordures.
Aussitôt les cinq filles se sont mises à pleurer, à gémir, à se tordre de douleur.
C’était horrible, elles tremblaient de partout et changeaient de couleur, du vert au blanc en passant par le violet, elles vomissaient et se vidaient.
A un moment, j’ai osé regarder Ludivine, je crois qu’elle était très en colère mais qu’elle essayait de se retenir...
Finalement, elle me releva et laissa partir les loubardes qui se traînaient et rampaient sur la chaussée en se dirigeant vers la rivière.
C’était une scène hallucinante, comme si un fantôme les avait terrorisées.
- Et après ?
- Et bien j’étais plutôt mal en point, tu sais les filles avaient des barres de fer et des chaussures à clous, en fait je ne sentais plus rien et j’étais profondément choquée.
La femme en noir avait des cheveux qui me semblaient vivants. Elle me prit dans ses bras, je me suis sentie comme aspirée, en fait elle m’a réparée.
Pour plus de sûreté elle m’a déposée au Memorial hospital. Quand j’ai voulu la remercier, elle était partie.
- Et alors?
- Envolée, disparue. Je l’ai retrouvée six mois après, par hasard dans les allées d’un Salon de littérature..."
Lundi 19 octobre 2007
22:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
ahhhhhhhhhh les femmes
eternelle et belle enigme
La vie
Ecrit par : elgreco | 21.10.2007
Bonjour elgreco,
Oui, je crois que c'est une passion
que nous partageons,
la flamme de la vie.
A bientôt.
Ecrit par : laportesansporte | 22.10.2007

