« La ville des ormes | Page d'accueil | Arabesque »
01.11.2007
Wolf whistle

Depuis New Haven, nous avions quitté l’horizon de la mer.
Après avoir bifurqué à gauche pour rejoindre la I-91 N,
nous roulions grand train en direction de Hartford/Boston.
Je jetais un coup d’œil sur le tableau de bord. L’horloge ronde indiquait 9h40.
« Tu te rends compte Isa, cela fait exactement cent minutes que nous avons quitté New York !
- Ah oui, Darling, tu comptes en minutes, maintenant ?
- Darling toi-même ! Si tu m’embêtes je t’embrasse les pieds et ensuite... »
Je ne pouvais m’empêcher d’apprécier le galbe soyeux de ses
cuisses, Isabel me regardait la regarder tout en faisant voleter
sa robette en mousseline de soie, vert émeraude, d’une main légère.
« Et ensuite, tu fais quoi, ensuite, Français sauvage, tu me donnes un wolf whistle ?
- C’est sûr que tu le mérites Isabel, mais je ne sais pas siffler. Je devrais peut être apprendre, tu ne crois pas ?
- Si, Alex, bien sûr, c’est important ça dans la vie, tiens tu devrais demander à Marcia, je suis sûre qu’...
- Tu connais Marcia, aussi ?
- Oui, non, je ne sais pas, tu m’embrouilles, arrêtes de faire cette tête là, tu as faim, tu veux, de la musique, tiens c’est bien ça, j’adore le Nabucco de Verdi... »
Elle parlait, elle parlait. Les femmes font ça quand elles sont
sur la défensive, elles vous encerclent dans un flot de paroles,
on ne sait même plus ou est le début et la fin, un piège
irrésistible qui vous entraîne vers le fond, le néant de la pensée, une sorte d’asphyxie du cerveau, redoutable ?
Perdu dans mes pensées, je regardais passer le paysage,
nous roulâmes encore une bonne demi heure avant d’atteindre
Hartford, la capitale du Connecticut.
Dans les reflets de la vitre j’observais les turbulences d’air
chaud, je croyais voir les longs cheveux noirs de Ludie, elle me manquait tellement, je me sentais vide dedans.
Je m’étirais et je fixais la route, les yeux humides.
La circulation était encore fluide malgré les camions
de plus en plus nombreux, colorés et disparates.
Isabel avait soif, j’avais envie de me dégourdir les jambes,
nous fîmes halte dans une grande station service,
à la sortie de Hartford, sur l’autoroute d’Etat.
Mardi 30 octobre 2007
13:15 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
toi qui aimes voyager je t'invite à jetter un petit coup d'oeil sur mon Blog et...de choisir!
@+++
El Greco
Ecrit par : elgreco | 01.11.2007
Mission accomplie !
Tutto al posto,
ciao, ciao
a presto.
Ecrit par : laportesansporte | 02.11.2007

