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07.11.2007
Arabesque

Après avoir quitté l’Interstate 91 South, nous avions parcouru rapidement la capitale de l’Etat.
J’avais aperçu le gigantesque Capitol du Connecticut de style gothique et d’autres constructions moins grandioses mais encore plus massives.
J’ai appris que le Connecticut c’était aussi le fleuve traversant la ville d’Hartford.
Nous étions descendu de voiture, j’attendais Isabel qui appuyée contre moi, changeait de chaussures.
C’était une sorte d’essayage en fait... Elle se redressa se passa la main dans les cheveux et elle m’entraîna vers le monumental magasin restaurant d’autoroute.
« Alors ça t’a plu Hartford, c’est une vieille ville qui a été construite vers 1600 je crois par des Hollandais...
- Oui, j’aime bien, ce mélange d’ancien et de moderne, de géant et de...normal, avec un beau fleuve au milieu, ça me fait penser à Québec, un peu...
- Ah oui, tiens tu connais le Canada ?
- Non et je le regrette mais j’ai un ami autrichien et photographe, marié avec une sublime Américaine qui a aussi du sang français et indien et qui est mannequine à Paris et...
- dont tu es amoureux !
- j’étais ma chère, j’étais...Et donc ils ont vécu longtemps à Montréal et nous avons partagé beaucoup de souvenirs visuels.
- Tiens au fait quand nous reviendrons, si nous revenons... Si les gros poissons du Cape Cod ne t’ont pas dévoré tout cru, je te montrerais une jolie construction rigolote, la maison de Mark Twain.
- Ah oui, le père fondateur du roman américain, génial ! Ca me donne faim tout ça, pas toi Bella ? »
Isabel riait, Isabel marchait. Elle était si femmement élégante et en même temps elle était si attentive aux autres, si humaine, je la trouvais émouvante.
La grande station service était presque déserte, à l’exception d’une dizaine de camions gigantesques tranquillement endormis derrière la boutique restaurant bar salon de tea.
Une grande animation régnait près de la caisse du restaurant self-service. Un groupe coloré de jeunes adultes Indiens ou Pakistanais portant turbans, voiles et autres draperies enflammées de teintes de coucher de soleil.
Une jeune femme aux yeux noirs se retourna vivement à notre arrivée. Surprise, elle nous sourit et me figea sur place :
« Mamma mia, quelle belle Arabesque !
- Arrête Alex, tu es incorrigible ! Je te rappelle que tu es avec moi et que, même si je n’ai pas les voiles, les couleurs et les bracelets partout, je reste une fille présentable... non ? Tu veux me faire pleurer, alors ?
- Zabel, cesse de râler ! Tu sais bien que je sais que tu sais que je trouve que tu es bellissima et que je suis plus qu’attiré par toi, tu le sais, non ? »
Elle se frotta le nez, superbement coquette, mutine, femmement femme.
« Alors, comme ça, je te plais ? »
Elle afficha son sourire le plus ravageur, des nuances de larmes semblaient briller aux coins de ses yeux sublimes.
Et, d’un coup, elle se retourna, penchée dans la contemplation des desserts, salades de fruits et autres crèmes glacées qui recouvraient une surface impressionnante de la vitrine réfrigérée.
C’est vrai qu’elle était belle et j’étais fier de l’accompagner, ma « Pretty Woman ».
Je connaissais mon bonheur. Je pensais à mes filles.
Mercredi 31 octobre 2007
10:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

