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08.11.2007

Shankari

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Pour accompagner les cafés, nous commandâmes un énorme club sandwich, avec du poulet et du jambon et du cheddar, et de la salade, des tomates, des oignons, des cornichons et une bonne dose de mayonnaise crémeuse...

Mon accompagnatrice qui avait la gourmandise fine ajouta une portion de tarte aux myrtilles et un beignet à la poire.

Les voyages ça me donne faim.

Isabel était gaie, elle avait retrouvé tout son allant. J’étais presque intimidé par cette femme qui m’avait fortement impressionné, dès le premier contact mais que je connaissais à peine.

Nous primes place dans un box donnant sur les camions sages et au-delà sur une belle montagne bleue. Je crus entendre défiler un train, j’ai du faire un songe... Mais je rêve tout le temps, alors ?

« Tu débutes par quoi, Alex ?

- Heu, et bien, je commence et je finis par le sandwich, si ça ne t’embête pas, tu sais le sucré, moi...

- OK, OK guy, mange le sandwich, je te donne ma part.

- Merci, tu es trop cute Isabel, tu ne devrais pas trop me gâter, tu sais, j’ai pris de très mauvaises habitudes depuis que je suis ici... Je me laisse vivre.

- Ah, tu crois ! Non problem, mon cher, tu sais les femmes adorent s’occuper des hommes, cela doit être un substitut maternel, une chose de cette sorte qui... nous rassure. »

Je commençais à mordre prudemment dans mon sandwich géant, lorsqu’une jeune fille accompagnée de deux garçons, vint se poster devant notre table.

La jeune Orientale écarta ses voiles multicolores, légers et soyeux. Je l’avais remarqué en arrivant, au milieu du groupe animé d’une euphorie électrique.

Elle regardait Isabel, sans prononcer une parole, toutefois son attitude traduisait une demande, une attente.

Isabel, très grande dame (femme professionnelle, une experte !) s’essuya lentement les lèvres et pointa l’index sur sa joue :

« Mais, c’est Shankari, mon étudiante de tête ! Qu’est-ce que tu fais là, Princesse, ce sont tes deux frères ?

- Oh oui, madame ! Bonjour monsieur. »

Elle inclina la tête vers moi :

« Je vous présente Ravi et Shanki, mes deux frères, ils sont musiciens... »

J’étais intrigué par la perspective de voir Isa en situation avec des jeunes. Son attitude chaleureuse, décontractée et sans retenue me surprit quelque peu.

Je n’étais pas habitué à une attitude aussi « naturelle » car toutes les prof femmes que je côtoyais en France m’amusaient souvent par leurs poses enfantines, comme de grandes petites filles jouant à la maîtresse d’école.

Peut être qu’elles sont trop maternelles et qu’elles sont obligées de se protéger derrière une posture académique.

C’est vrai que plus je m’enfonçais dans la vie et plus j’avais conscience de la prééminence de la fonction maternelle chez les femmes, les gardiennes de l’espèce...


Vendredi 2 novembre 2007

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