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21.11.2007
Distraction possible

J’avais du mal à ne pas me laisser distraire par les petits seins spirituels d’Isabel.
Les deux frères de Shankari s’étaient montrés pleins de curiosité pour la France, pour Paris, pour Jim Morrison, leur idole.
Ils connaissaient tout de lui, de sa formation artistique, de ses origines un peu indiennes et de ses penchants poétiques.
Ils étaient captivés par le récit des années où j’habitais une petite maison d’artiste, près du cimetière du Père Lachaise.
Le samedi ou le dimanche, quand j’étais en mal d’impressions à photographier, amoureux décadent d’un romantisme décalé, j’allais arpenter cette oasis urbaine où les pavés sentaient encore le dix neuvième siècle.
Devant moi, je contemplais des nuées d’oiseaux, assez gros, des pigeons ramiers se rassemblaient dans de majestueux châtaigniers.
Des arbres plus que centenaires, d’après le diamètre impressionnant de leur tronc, un bon mètre et des formes élégantes et puissantes, élancées vers le ciel, mais sans se presser, avec l’assurance que donne la force de l’immobilité quand tout bouge, remue et s’agite.
Un filet d’air entrait par fenêtre ouverte donnant sur notre petit box. Les cheveux d’Isabel frémissaient, ses boucles délicates s’agitaient.
Son visage si fin et si délicat était tellement expressif que c’était un régal rien que de la regarder, comme la télé, en mieux.
Et puis, son odeur, son parfum... J’étais presque certain qu’il s’agissait de Diorissimo mais je n’osais pas le lui demander.
Et puis ses mains si fines et ses pieds si troublants. Comme dans l’avion, elle avait enlevé ses chaussures, comme à ce temps là, je l’admirais pour sa grâce et le naturel de sa beauté.
Jeudi 8 novembre 2007
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