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28.12.2007

Na asheje’ii Asdzàà

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- Peut être Alex, peut être bien ! Un conte ou une légende ?

- Presque. Je songeais au mythe Navajo de Spider Woman, Na asheje’ii Asdzàà. Celle qui conduisit le premier peuple hors du monde souterrain.

- Ah oui bien sûr, la divinité qui habite au sommet de Spider Rock !

- C’est étrange, non ?

- Ah, tu sais, les mythes sont comme ça. On apprend à les connaître, on les oublie, et puis ils reviennent souvent à l’improviste.

Mais tu sais, c’est normal que Femme Araignée te suive, c’est un des thèmes fondateurs du monde des Navajos et de la nation Apache en général, et puis... »

Je me retournais, Les yeux d’Isabel brillaient de larmes qui n’avaient pas coulé. Je la trouvais, pour la première fois, si fragile, là toute seule, dans sa minceur, face à moi, sans le théâtre de ses gestes.

Je remis d’aplomb une mèche rebelle qui lui balayait le front.

« Mais Isabel, comment se fait-il que tu connaisses toutes ces choses, enfin tu n’es pas Indienne, tu es toujours Canadienne, hein ?

- Yes caro, mais c’est mon job, tu sais, à Princeton je travaille aux Départements Linguistics et Langues comparées.

- Ah, tu n’es pas enseignante de Français, alors ?

- Non, pas vraiment. J’anime just quelques séminaires à Charlottesville mais ici à Princeton il n’y a même pas de filière autonome, le Français est regroupé avec l’Italien...

- Ah, ce sont presque déjà des langues mortes, alors ?

- Non, pas encore...Mais il y a très peu d’heures d’enseignement. Par contre, si tu as envie de te spécialiser dans les mathématiques appliquées à la finance, alors là, il y a une pléthore de débouchés.

- Mais pourquoi tu me dis ça, c’est marrant, c’est...

- Et bien, parce que c’était ton ancien métier, la finance, non ?

- Yes, yes, c’est dingue, vous connaissez tout de moi, toutes ! Comment vous faites ?

Et Shankari aussi elle sait que je me brosse les dents avant de prendre mon petit déjeuner et que je dors sans pyjama, et que...

- Alex ! Je t’en prie. Tu connais Ludie, ce n’est pas de sa faute, elle sait tout, sur tout ce qui vit depuis toujours, alors...

- Yes, je vois, même quand elle n’est pas là, elle est là quand même !

- Oui, c’est sûr, elle est avec toi depuis que tu as quitté ta maison et qu’elle t’a choisi. Avant même que tu montes dans l’avion, elle était près de toi.


Dimanche 23 décembre 2007

23.12.2007

Partir

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Parfois, je me disais :

« Si j’avais un sac à dos, je pourrais partir, faire la route... »

Et je me disais ça, sans rire, alors que je n’avais jamais supporté l’odeur de plastique aigre des tentes ou la tristesse en polyester blanchi des caravanes immobiles.

Pour ça, je n’ai jamais été très sauvage, j’ai dû faire l’amour une fois sur le sable et une autre fois dans l’herbe, ça m’a suffit.

En vrai, c’est beaucoup moins confortable que dans les films. Et puis, à l’époque j’étais mince, sans un poil de graisse pour arrondir les angles.

Il faut dire, que je baisais tellement... J’avais beau manger comme un ogre, je transformais toute mon énergie en amour, c’est Lavoisier qui aurait été fier de moi :

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! »

Des étoiles au sperme, en ligne directe, à chaque naissance, c’est une star de plus sur la planète.

Pourquoi une espèce, la notre en l’occurrence, montre-t-elle un acharnement aussi considérable à ne pas mourir ?

A quoi servons-nous ? La réponse est là, cachée sous des marées de sagesse et des monceaux de conneries.

Nous ne servons strictement à rien. L’univers peut se passer de nous, il a son propre sens, et même sur terre, les espèces minérales et organiques, les plantes et les animaux peuvent très bien se passer de nous.

Enfin, une planète écologique. Plus besoin de TGV et de centrales atomiques, laissons tomber les téléphones tri-bandes et l’internet trop rapide, retirons nous sur la pointe des pieds, et laissons les vivre.

Pourquoi sommes-nous là, alors ? Pour rien. Donc qu’est-ce qu’on fait ? Et bien, comme rien ne sert à rien, on passe le temps, le plus agréablement possible.

On essaye d’être heureux et de donner du bonheur autour de nous. C’est déjà pas mal comme programme, non ?

Silencieusement, Isa vint me rejoindre. Elle se tenait derrière moi. Je la sentais tellement protectrice, rassurante et rassurée aussi.

« Tu sais à quoi je pense Isa ?


Jeudi 8 novembre 2007

15.12.2007

Norma, une fée ordinaire

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Norma marchait.
La jeune femme aimait sentir l'élasticité de son pas,
comme une souris qui danse, comme une...

Elle s'arrêta.
Elle se trouvait à l'intersection
de la rue Bleue et de la rue de Paradis.

Elle cherchait à se repérer,
cachée par un autobus,
gras et bruyant,
vert et empestant,
elle se protégea le nez
de sa main finement gantée.

Norma se retourna vers les vitrines.
Dans la devanture exposant
des comics d'un autre temps,
elle observa le reflet
d'une jeune femme mince,
vêtue d'un imper blanc,
la large ceinture soulignant sa taille et...
Elle se tourna, de profil : « ...mon gros cul !
Je vais me mettre au régime sérieusement. »

La chaussée était dégagée,
elle piqua droit dans la rue Papillon.

Elle aimait bien se promener,
dans les rues de Paris.
Le parfum des boutiques,
les créateurs d’envies,
les femmes élégantes
et les enfants rieurs.
Les hommes, trop sérieux
et les livreurs qui se partagent les trottoirs
avec les balayeurs, secondés par les facteurs.

Elle ne connaissait pas encore très bien Paris,
mais elle adorait sa nouvelle vie.

14.12.2007

Vent doux

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La côte était déserte. Isabel, sur le sable, semblait fragile.

Un vent doux et léger se reflétait sur la peau lisse et bronzée de ses jambes et de ses bras nus.

En rigolant à l’intérieur, je me dis :

« Trop belle pour être honnête ! »

Elle a du remarquer un éclat de malice dans mon regard qui la traversait, porté vers le lointain.

Elle m’observa tout en tournant vers moi son buste gracieux et honorablement pourvu en rondeurs.

La main en visière, elle me dévisageait. Elle attendait, inquiète ?

Non, Isabel n’était pas du genre à s’inquiéter. C’était un bloc qui glissait dans les flots, que rien ne freinait.

Elle avait cette sorte d’intelligence innée des femmes qui leur fait comprendre dès l’adolescence que la vie est courte et fragile, et qu’il faut tout dévorer, vite, sans se laisser arrêter par quoi que ce soit.

Il faut continuer jusqu’au port et faire halte simplement quand c’est la fin, quand on a tout donné et que le carburant est épuisé.

« Alex ! »

Je la regardais. Elle avait posé sa main sur mon bras, elle s’amusait à caresser les poils à rebrousse poil.

C’était une caresse éolienne, sous le soleil, la mer devenait grise.

« Alex !

- Oui Isa, tu veux me griffer, tu veux me mordre, tu veux...

- Oh arrête Alex, j’ai faim. »

Elle regardait mon sexe tendu contre la toile du pantalon de coton, elle me sourit.

« Moi aussi, j’ai faim !

- Bon alors, tu viens ? »


Mercredi 12 décembre 2007

11.12.2007

Piège

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J’ai adoré Boston, une ville belle et accueillante, avec le charme de l’authenticité.

« Tu as l’air de bien connaître, Isa ?

- Oui, tu sais j’ai fait une partie de mes études ici...

- ... Et l’autre à Yale ?

- Oui, comment tu sais ça ?

- Oh je ne sais pas, une intuition je crois... Je trouve que c’est très chic : étudier à Yale et à Harvard et ensuite enseigner à Princeton, c’est un parcours de star !

- Tu te moques de moi, Alex !

- Non, c’est impossible, tu es bien trop belle...

- Ah, tu trouves ? »

Et ses yeux brillaient et ses jambes nues et bronzées se croisaient et se décroisaient.
J’avais envie d’elle. Elle le savait.

« C’est dans ta mission, l’opération séduction ?

- Quelle mission ? Je dois juste m’occuper de toi !

- Ah oui ! Et comment ?

- Et bien, Ludivine, ou plutôt Sarah, m’a dit : tu lui donnes tout ce qu’il veut. Je veux que tu t’occupes bien de lui !

- Tout ?

- Tout. »

Et elle m’a serré dans ses bras.

« Alex, tu sais qu’elle t’aime vraiment, c’est tellement incroyable de la voir comme ça... C’est comme si elle était piégée par l’amour.

- Ah !

- Oui, je crois que ce n’est pas une situation facile pour elle.

- Mais... »


Mardi 23 octobre 2007

09.12.2007

Instant

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On roulait, comme ça tranquillement. Isabel parlait, je rêvassais... Le bonheur, quoi !

Elle me décrivait les sociétés andines qui avaient le culte des momies royales.

L’Inca étant une divinité immortelle, sa momie royale continuait d’habiter son palais...

« Dingue ! Et elle se baladait la momie, elle allait au supermarket et...

- Bien sûr Alex, la momie était traitée comme une personne vivante. Elle conservait son palais et ses biens ainsi que les serviteurs qui la promenaient sur une litière, assise sur son trône...

- Génial ces bêtes là, et tant qu’à faire, je suis sûr qu’elles devaient parler aussi, non ?

- Bien sûr, mon Grand : En fait, les momies s’exprimaient par le biais de femmes médiums qui représentaient les courtisans vivants de la dynastie royale. »

Tout à coup, j’ai eu envie de la mer. Envie, besoin, urgence...

« Isa, Isa... Dépêche toi, Isa, Isa...

- Oui mon Chou, ça vient, ça va aller. Retiens toi, nous arrivons. Encore quelques minutes moelleuses et je te libère, je te pousse dans les vagues, dans ta mer promise. Mon canard nageur, tu seras mon cygne ?

- Isabel, tu es si... Tu es...

- Oui je sais, Trésor, je suis une mère pour toi, enfin une femme, quoi ! Un truc femelle avec de la douceur et... Il te faut des plumes, aussi ? »

Et elle riait, riait à n’en plus finir, à ne plus rien sentir.

Le rire d’Isabel était un don du ciel, comme l’eau vive d’une fontaine céleste, comme une colonnade de fruits jaunes pétillants de pulpe et de saveurs acides et suaves, douces et folles...

C’était tout à fait ça, un rire qui pouvait mener à la folie, un rire qui...

« Isabel je... Isabel j’ai envie, Isabel...

Lundi 26 novembre 2007

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