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15.02.2008
At the time

Le car violet arriva, moins typique que les « Chiens gris » il sentait bon comme le parfum d’une bourgade de province baignée par l’Océan où on sent l’éclat de la mer et des embruns dans les yeux des passants.
Et puis violet c’est original surtout dans ce ton là qui était soyeux comme du velours.
Nous étions une bonne dizaine de voyageurs, aussi nous avions nos aises. Je m’installais confortablement au milieu de la voiture, près de la vitre.
J’attendais, j’étais prêt pour tout et pour rien, destination nulle part.
Machinalement, je sortis mon carnet et je commençais à écrire. C’était comme une maladie chronique ou un tic, pas toc, un tic-toc ?
Dès que je posais mes fesses dans un train, un avion, un bus ou un métro, hop je me mettais à écrire ! C’est dingue non ?
Je regardais autour de moi, tout allait bien, de toutes façons je me sentais tellement insignifiant, qui aurait pu faire attention à ce touriste entre deux âges, à l’allure vague ?
Comme j’avais toujours plusieurs histoires en route, j’hésitais un moment et puis je me relâchais complètement enfoncé dans le moelleux du fauteuil bleu, je fermais les yeux et je n’étais plus seul, Virginia Woolf était là avec moi, toujours aussi grande mince parée de sa beauté étrange, elle jouait machinalement avec les plis de son ample jupe marron en laine, elle m’observait, inquiète de savoir si on pensait encore à elle et qu’est-ce qu’on pouvait dire ?
J’aimais plus que tout son visage fort qui surmontait ses angoisses alors que son corps se laissait agiter d’émotions.
J’avais envie qu’elle prenne ma main, qu’elle me parle avec son phrasé inimitable d’Anglaise très éduquée qui presque toujours s’animait, se retenait, puis ses yeux brillaient, puis elle souriait et toute l’intelligence du monde coulait de ses lèvres, elle parlait trop vite pour moi mais le seul son de sa voix accomplissait la jouissance de la vie.
Assis dans le luxueux pullman violet, je revoyais le film de ma journée, comme en accéléré, les images défilaient :
je marchais ou je courrais, je ne sais pas, je ne sais plus, je ne me rends pas compte, je ne vois que l’enfilade des maisons de brique rouge et blanche. Il fait chaud, normal, l’été la température est élevée, même ici à Boston où le climat est, parait-il, déroutant…
Je dépassais la gigantesque concession automobile Lexus que j’avais aperçue en arrivant dans la capitale du Massachussetts, que de luxe, my god, que de luxe !
Il me semble avoir aperçu tout à l’heure, comme dans un flash, l’indication d’une sorte d’embranchement pour le Cape Cod, le machin des morues, à la sauce comment je vous le fais ? Piquante, très piquante ! Merci, ça ira pour aujourd’hui…
Jeudi 7 février 2008
01:39 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

