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24.02.2008
The Boston Globe

Après avoir roulé près d’une heure et demie d’un trajet sans histoire, d’un paysage sans grand intérêt et puis la route 6 suivait la cote mais d’un peu trop loin. Je me plongeais donc dans le supplément illustré du Boston Globe qui était consacré au « Cape » et à ses îles.
A chaque arrêt que nous faisions, je serais bien descendu, mais je n’étais pas sûr que les cinq minutes d’arrêt durent vraiment cinq minutes.
A Rockland, nous embarquâmes un groupe de jeunes en uniforme qui devaient fréquenter un des collèges ultra chics de Hyannis, comme les présidents John F. Kennedy et George W. Bush, d’ailleurs.
A l’arrêt suivant, nous perdîmes un groupe de retraités joyeux et vêtus de couleurs vives qui allaient se recueillir sur les sites historiques de Plymouth.
Justement, le magazine du Boston Globe consacrait une double page à l’épopée du Mayflower :
Le 16 décembre 1620, les 102 voyageurs dont 35 Pères pèlerins (Pilgrim fathers) du Mayflower, détournés de la Virginie par une tempête, débarquèrent, après une traversée de 66 jours, à New Plymouth après avoir fait escale à Provincetown.
Au printemps 1621, la moitié d’entre eux étaient morts et les autres survécurent grâce à l’aide des Indiens Wampanoag. La première récolte de maïs en novembre fut un succès célébré par le 1er Thanksgiving Day de l’histoire (tous les 4ème jeudi de novembre).
Les familles indiennes invitées purent déguster : Gibier d’eau, dinde sauvage, morue, airelles, maïs et citrouille…
J’étais en train de repérer sur la carte du dix septième siècle l’implantation des différentes tribus indiennes qui peuplaient la région lorsque je perçus un échange de voix, étranges et inattendues, provenant de la rangée de fauteuils précédant mon emplacement.
C’était bizarre, je croyais reconnaître des accents, je… je m’avançais jusqu’au bord du siège pour apercevoir deux silhouettes minces portant des cheveux si noirs, si longs, si fins, des chevelures vivantes ! Exactement comme Ludie.
Je fermais les yeux, pris d’une sorte de vertige, la faim, peut être ? Juste à ce moment, le car redémarra sans souplesse, déséquilibré, je laissais choir toutes mes affaires et mon épaule gauche heurta violemment le siège de devant.
« I’m sorry, excusez-moi, je suis vraiment désolé, je lisais l’article sur le Mayflower, je vous ai entendu parler et…boum, j’ai perdu l’équilibre et… »
Elles se tournèrent en même temps, souriantes et anxieuses :
« Mais non, c’est notre faute, nous parlons toujours trop fort, nous sommes si excitées de revenir ici… »
Elles étaient belles comme le jour, je suis sûr que celle qui se taisait, qui avait la peau très foncée et un regard lumineux était une Navajo…
Mon interlocutrice reprit :
« Je me présente, je m’appelle Hayatt et je suis originaire d’ici, de l’île de Martha’s Vineyard exactement…
- Ah, une Wampanoag, alors !
- Oui, tout à fait, quant à Awitelin qui est ma cousine par alliance, elle vient de beaucoup plus loin, c’est une…
- Oui, je sais une Navajo, je connais…
- Oui, c’est ça, une sorte d’Apache, quoi ! »
Elle se moquait de sa cousine et ça la faisait rire aux larmes.
Awitelin me regarda avec une douceur déterminée, son haussement d’épaules signifiait qu’elle était intouchable, et je le croyais, absolument. J’étais envouté par tant de grâce et de naturel.
Mais laquelle était la plus belle ?
Mardi 12 février 2008
22:40 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

