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28.02.2008

Sagamore

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Le premier moment de grande émotion arriva juste après l’arrêt dans la petite ville de Sagamore, c’est là que nous laissâmes le continent, le South Shore, pour traverser le Canal Cape Cod par le Sagamore Bridge, l’autre voix de passage est le pont de Bourne, plus au Sud qui est emprunté par les gens qui arrivent directement du Connecticut ou de New York, sans passer par Boston.

A ma grande surprise, les filles qui terminaient la préparation de leur doctorat International à la prestigieuse Ecole de Droit de Harvard, parlaient plutôt bien le Français et semblaient contentes de pouvoir pratiquer.

Elles avaient fait leurs études secondaires à Hyannis à la Sturgis Charter Public School où elles avaient préparé ensemble l’International Baccalaureate (Baccalauréat international).

Maintenant elles allaient séjourner quinze jours chez la tante d’Hayatt qui avait une maison sur la côte, à Sandwich qui était le prochain arrêt.

Elles étaient adorablement patientes, car j’avais parfois un peu de mal à les suivre, surtout quand elles parlaient en même temps…

A elles deux, les Indiennes constituaient une encyclopédie vivante de la région. Awitelin était la géographe alors que sa cousine se passionnait pour l’histoire.

La jeune Navajo m’expliqua en détail la cartographie du Cape :

« Bon alors tu vois, le Cape Cod est une péninsule qui fait saillie du continent dans l’océan atlantique. Ca fait environ cent dix kilomètres à partir des ponts du Canal Cape Cod, en passant par son coude courbé à Chatham et à son poing serré qui aboutit à Provincetown…

- C’est vrai que c’est marrant, c’est comme un bras replié pour faire gonfler les biceps ! »

Awitelin me souriait sérieusement, satisfaite de mon intérêt. J’étais fasciné par ses mains, ses longs doigts fins et ambrés, assurément elle n’était pas un être ordinaire, j’écoutais ses lèvres :

« Alors tu vois, le Cape Cod est divisé en trois régions. Là où nous sommes maintenant, c’est Upper Cape, la région qui borde le Canal, avec le deuxième pont qui est située à Bourne et la ville historique de Sandwich…

- qui est la plus vieille ville du Cape »

ajouta Hayatt, en posant son doigt sur l’emplacement de Sandwich.

« Oui, tu pourras bientôt nous révéler tous les secrets de ce monument…Bon, je reprends :

on continue et on arrive au Mid Cape qui est le centre géographique et économique de la péninsule. En fait c’est la Ville de Barnstable qui comprend sept villages dont les plus importants en dehors de la star Hyannis sont Yarmouth, Dennis et Harwich.
La mer entre cette région et les Iles s’appelle le Nantucket Sound, alors qu’au Nord Barnstable est baignée par la Cape Cod Bay.

- Et d’ailleurs, l’eau est presque chaude près de la côte, ajouta Hayatt

- Ah oui, alors on peut se baigner ?

- On préfère ne rien te dire, mais tu verras, peut être si tu viens… »

Les deux cousines rigolaient, Hayatt était tout excitée et elle pinçait sa cousine, mais quand elle me regardait, la douceur incroyable de ses grands yeux noirs, humides et brillants me faisait perdre le sens des réalités…

J’étais en train de me demander où j’étais lorsque la voix cristalline d’Awitelin me ramena dans le car violet.

« Bon après tu vois, on arrive sur le coude où commence le Lower Cape avec la ville de Chatham puis on remonte en traversant le Cape Cod National Seashore qui est une prodigieuse réserve naturelle d’où on peut observer quantité d’animaux sauvages dont les baleines et ensuite après avoir on arrive tout au bout de la péninsule, la route côtière parsemée de phares débouche sur Provincetown.

- Génial les filles, ça fait terriblement envie… et les baleines, il y en a vraiment beaucoup ? »

Hayatt avait repris le ton posé d'une jeune fille de bonne famille :

"Ah les baleines ! Tu sais, elles font partie de notre histoire, de la vie des gens d’ici. Imagines que pendant très longtemps Nantucket était considérée comme la capitale mondiale de la pèche à la baleine, alors tu imagines…"

Mardi 12 février 2008

24.02.2008

The Boston Globe

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Après avoir roulé près d’une heure et demie d’un trajet sans histoire, d’un paysage sans grand intérêt et puis la route 6 suivait la cote mais d’un peu trop loin. Je me plongeais donc dans le supplément illustré du Boston Globe qui était consacré au « Cape » et à ses îles.

A chaque arrêt que nous faisions, je serais bien descendu, mais je n’étais pas sûr que les cinq minutes d’arrêt durent vraiment cinq minutes.

A Rockland, nous embarquâmes un groupe de jeunes en uniforme qui devaient fréquenter un des collèges ultra chics de Hyannis, comme les présidents John F. Kennedy et George W. Bush, d’ailleurs.

A l’arrêt suivant, nous perdîmes un groupe de retraités joyeux et vêtus de couleurs vives qui allaient se recueillir sur les sites historiques de Plymouth.

Justement, le magazine du Boston Globe consacrait une double page à l’épopée du Mayflower :

Le 16 décembre 1620, les 102 voyageurs dont 35 Pères pèlerins (Pilgrim fathers) du Mayflower, détournés de la Virginie par une tempête, débarquèrent, après une traversée de 66 jours, à New Plymouth après avoir fait escale à Provincetown.

Au printemps 1621, la moitié d’entre eux étaient morts et les autres survécurent grâce à l’aide des Indiens Wampanoag. La première récolte de maïs en novembre fut un succès célébré par le 1er Thanksgiving Day de l’histoire (tous les 4ème jeudi de novembre).

Les familles indiennes invitées purent déguster : Gibier d’eau, dinde sauvage, morue, airelles, maïs et citrouille…

J’étais en train de repérer sur la carte du dix septième siècle l’implantation des différentes tribus indiennes qui peuplaient la région lorsque je perçus un échange de voix, étranges et inattendues, provenant de la rangée de fauteuils précédant mon emplacement.

C’était bizarre, je croyais reconnaître des accents, je… je m’avançais jusqu’au bord du siège pour apercevoir deux silhouettes minces portant des cheveux si noirs, si longs, si fins, des chevelures vivantes ! Exactement comme Ludie.

Je fermais les yeux, pris d’une sorte de vertige, la faim, peut être ? Juste à ce moment, le car redémarra sans souplesse, déséquilibré, je laissais choir toutes mes affaires et mon épaule gauche heurta violemment le siège de devant.

« I’m sorry, excusez-moi, je suis vraiment désolé, je lisais l’article sur le Mayflower, je vous ai entendu parler et…boum, j’ai perdu l’équilibre et… »

Elles se tournèrent en même temps, souriantes et anxieuses :

« Mais non, c’est notre faute, nous parlons toujours trop fort, nous sommes si excitées de revenir ici… »

Elles étaient belles comme le jour, je suis sûr que celle qui se taisait, qui avait la peau très foncée et un regard lumineux était une Navajo…

Mon interlocutrice reprit :

« Je me présente, je m’appelle Hayatt et je suis originaire d’ici, de l’île de Martha’s Vineyard exactement…

- Ah, une Wampanoag, alors !

- Oui, tout à fait, quant à Awitelin qui est ma cousine par alliance, elle vient de beaucoup plus loin, c’est une…

- Oui, je sais une Navajo, je connais…

- Oui, c’est ça, une sorte d’Apache, quoi ! »

Elle se moquait de sa cousine et ça la faisait rire aux larmes.

Awitelin me regarda avec une douceur déterminée, son haussement d’épaules signifiait qu’elle était intouchable, et je le croyais, absolument. J’étais envouté par tant de grâce et de naturel.

Mais laquelle était la plus belle ?

Mardi 12 février 2008

21.02.2008

Norma marchait

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Norma marchait.
L’air de novembre, blanc de lumière grise
avait reculé devant le givre décembral.
La Saint Nicolas, c’était quand déjà ?

A un feu rouge, rue Lamartine,
elle s’arrêta : souris pointue, souris souriante.
Une souris qui sourit,
quel est le rapport ?

Norma voulait toujours comprendre.
Le sens, il devait bien y avoir
un sens à tout ça.

Dès qu’elle avait déniché une énigme à résoudre,
elle se pourléchait les babines (en rêve ma vieille, en rêve.
Car, avec le rouge, en plus c’est du Christian Dior, trop cher
pour mon budget alimentaire) :

« Bon alors, c’est pas le tout,
des souris et des hommes,
et c’est tout ?

Comment ça ... »

Un oiseau chanta, pas très loin, pas assez près.
Par moments, elle avait la nostalgie de la forêt,
des paysages vallonnés, aux douceurs surlignées
par les teintes chaudes de la Champagne cachée
au creux de son cœur.

Mais Norma n’était pas mélancolique,
un peu seule parfois, le Dimanche
au réveil, sans même un chat pour lui ronronner
dans les jambes et effrayer ses collants.

En fait, elle avait toujours de grands projets de lassitude,
trainer comme ceci et paresser comme cela, se gaver
de magazines et de clafoutis (une faiblesse),
regarder la télé et écouter la radio en séchant
sa chevelure de Carmen des temps à venir,
bohémienne de la poésie, amoureuse de la vie :
« c’est tout moi ? »

Et Norma éclata de rire, claqua la porte
de son deux pièces romantique
sous les toits.

Elle dévalait les escaliers, elle chantonnait.
Elle se dépêchait d’aller flâner
au Marché aux Oiseaux.

Norma dansait, Norma flirtait avec le temps,
nonchalant.

Mardi 12 février 2008

15.02.2008

At the time

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Le car violet arriva, moins typique que les « Chiens gris » il sentait bon comme le parfum d’une bourgade de province baignée par l’Océan où on sent l’éclat de la mer et des embruns dans les yeux des passants.

Et puis violet c’est original surtout dans ce ton là qui était soyeux comme du velours.

Nous étions une bonne dizaine de voyageurs, aussi nous avions nos aises. Je m’installais confortablement au milieu de la voiture, près de la vitre.

J’attendais, j’étais prêt pour tout et pour rien, destination nulle part.

Machinalement, je sortis mon carnet et je commençais à écrire. C’était comme une maladie chronique ou un tic, pas toc, un tic-toc ?

Dès que je posais mes fesses dans un train, un avion, un bus ou un métro, hop je me mettais à écrire ! C’est dingue non ?

Je regardais autour de moi, tout allait bien, de toutes façons je me sentais tellement insignifiant, qui aurait pu faire attention à ce touriste entre deux âges, à l’allure vague ?

Comme j’avais toujours plusieurs histoires en route, j’hésitais un moment et puis je me relâchais complètement enfoncé dans le moelleux du fauteuil bleu, je fermais les yeux et je n’étais plus seul, Virginia Woolf était là avec moi, toujours aussi grande mince parée de sa beauté étrange, elle jouait machinalement avec les plis de son ample jupe marron en laine, elle m’observait, inquiète de savoir si on pensait encore à elle et qu’est-ce qu’on pouvait dire ?

J’aimais plus que tout son visage fort qui surmontait ses angoisses alors que son corps se laissait agiter d’émotions.

J’avais envie qu’elle prenne ma main, qu’elle me parle avec son phrasé inimitable d’Anglaise très éduquée qui presque toujours s’animait, se retenait, puis ses yeux brillaient, puis elle souriait et toute l’intelligence du monde coulait de ses lèvres, elle parlait trop vite pour moi mais le seul son de sa voix accomplissait la jouissance de la vie.

Assis dans le luxueux pullman violet, je revoyais le film de ma journée, comme en accéléré, les images défilaient :

je marchais ou je courrais, je ne sais pas, je ne sais plus, je ne me rends pas compte, je ne vois que l’enfilade des maisons de brique rouge et blanche. Il fait chaud, normal, l’été la température est élevée, même ici à Boston où le climat est, parait-il, déroutant…

Je dépassais la gigantesque concession automobile Lexus que j’avais aperçue en arrivant dans la capitale du Massachussetts, que de luxe, my god, que de luxe !

Il me semble avoir aperçu tout à l’heure, comme dans un flash, l’indication d’une sorte d’embranchement pour le Cape Cod, le machin des morues, à la sauce comment je vous le fais ? Piquante, très piquante ! Merci, ça ira pour aujourd’hui…


Jeudi 7 février 2008

07.02.2008

Sécession

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« Ah oui ! Et bien moi, ma chère Isa, ça ne me convient pas du tout cette histoire là ! Ca commence à me fatiguer grave de ne jamais être seul, de ne jamais pouvoir faire ce que je veux !

- Mais Alex, mais…

- Ce n’est pas de ta faute Isabel, au contraire avec toi je me repose, mais le cirque avec les plumes, j’en ai marre, je me tire ! Ne bouge pas, je descends et je prends mon sac. »

Je profitais de l’arrêt de la Tucson à un feu tricolore pour sauter hors de la voiture et arracher mon sac de voyage du coffre cossu de la grosse voiture grise.

Je partis aussitôt dans le sens opposé. Je voyais rouge, j’étais froidement surexcité et je me sentais prêt à marcher jusqu’à la lune.

Je savais que nous étions dans Back Bay, le nouveau quartier chic bostonien, car j’avais eu le temps d’apercevoir la monumentale esplanade de la Christian Science church, puis le complexe immobilier, genre années soixante, du Prudential Center et ensuite sur la gauche j’avais entrevu une sorte de temple bizarre qui, a tous les coups, devait être la grande Bibliothèque Publique de Boston.

Je continuais de marcher, sans faiblir, résistant à l’envie de me retourner pour mieux me repérer. Au bout de dix minutes je finis par arriver en vue de la gare, Back Bay Station.

Je pris à gauche dans la East Berkeley Street, j’arrivais dans le quartier du South End et je me sentais soulagé car j’allais dans la bonne direction, vers le Cape Cod, finalement, c’était pour ça que j’étais venu, non ?

Arrivé à un croisement avec Albany Street, je m’arrêtais pour reprendre ma respiration, légèrement perplexe. Devant moi, j’apercevais le Broadway Bridge et sur la droite la route importante devait être la I-93 qui allait en direction de Quincy, Plymouth et le Cape Cod.

Je n’étais pas trop perdu et je savais qu’une ligne de bus régulière faisait le trajet depuis l’aéroport de Boston, jusqu’à Provincetown, tout à l’extrémité du Cap et comme ça représentait en gros 150 km et que je n’avais qu’une seule paire de chaussure et que je voulais voir les baleines et autres merveilles sauvages, il fallait que je trouve une station de bus ou un genre de gare routière comme il y a partout aux Etats Unis.

Le plan de Boston à la main, je réfléchissais tout haut (en anglais, ce n’est pas facile) quand sur le mur jouxtant une jolie supérette jaune, j’aperçus une affiche avec un magnifique bus violet, les flancs parés de cadres rectangulaires blancs soulignés par de larges bandes jaunes.

C’était une publicité pour la Plymouth & Brockton Cie, la société de transport desservant le Cape Cod. J’appelais le numéro de téléphone indiqué où l’opératrice avait avoir insisté sur les tarifs qui étaient avantageux mais qui allaient bientôt augmenter, finit par m’indiquer deux possibilités pour attraper un bus violet, soit à Park Square, soit au South Station Bus Terminal…

Je l’aurais embrassée, car sur mon petit plan, j’avais repéré le terminal des bus de la gare Sud, et je n’étais pas trop loin.

Je remis mon sac sur l’épaule, heureusement une légère brise ventilait l’atmosphère et je passais sous la route I-93, puis au bout de cinq minutes je bifurquais à gauche dans la South Boston Bypass Road et après un bon quart d’heure de marche tranquille, je tournais de nouveau à gauche dans la Summer Street qui débouchait sur le terminal de bus, en faisant un angle droit avec Atlantic Avenue.

Le bureau de la Plymouth et Brockton était fermé aussi je me dirigeais là où il y avait un semblant de vie, au Greyhound Ticket Desk, le comptoir de la fameuse société des cars gris qui sillonnent l’Amérique de part en part.

Par chance, ils étaient habilités à vendre les billets des autres compagnies donc je pris un aller simple à onze dollars pour Plymouth.

Ce n’était pas l’endroit où je rêvais de m’installer mais c’était une étape stratégique qui me permettrait de réfléchir pour savoir si j’allais sur la côte sud, du côté de la grande ville balnéaire de Hyannis et des iles légendaires que sont Martha’s Vineyard et Nantucket, ou alors je continuais par la route Nord jusqu’à l’extrémité de Provincetown plongée dans les mystères de la haute mer.

Je m’assis sur un banc à l’ombre en méditant sur la sagesse de ma décision et en fouillant partout dans mes poches et mon sac, je vérifiais que j’étais quasiment sans argent, donc c’était doublement sage d’épargner les dix-huit dollars demandés pour Hyannis ou pire les vingt huit dollars nécessaires pour atteindre le but ultime, l’extrémité extrême de Provincetown qui m’attirait par son aspect sauvage et ses nombreux phares, Cape Cod Lighthouse, Race Point Lighthouse, Wood End Lighthouse et Long Point Lighthouse.

J’étais seul et sans argent. Les vacances ou l’absence ? un caprice, peut être ?

Jeudi 10 janvier 2008

01.02.2008

Boston

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Boston : quinze miles, Boston : cinq miles, les panneaux gris défilaient, la capitale de la Nouvelle Angleterre, se rapprochait à vue d’œil.

« Hey Isa, peut-être qu’on verra John Irving ?
- Ah oui tu crois qu’il est par ici ?
- Non, je ne sais pas, mais dans « Le monde selon Garp » il raconte bien l’enfance de sa mère à Boston et la sienne dans le New Hampshire.
- Ah oui c’est vrai, je me rappelle une émission sur CBS, j’avais été surprise par son accent très soigné de professeur bostonien.
- C’est vrai qu’il se revendique comme un véritable Whasp, ce qui en Nouvelle Angleterre n’est pas neutre, même les Kennedy ont eu du mal à se faire accepter par la bonne société, n’étant pas anglais…
- Oui, quelle revanche, quelle belle illustration du rêve américain…
- Isabel, tu crois à ces trucs là, toi ?
- Bien sûr, j’y crois mon frenchie. Tu sais, nous ne sommes pas très forts pour la thèse et l’antithèse, je te l’accorde, par contre, nous agissons, nous « mouvons », c’est ça la philosophie américaine, c’est « bouge toi le cul et le ciel t’aidera ! » Et ça ne marche pas trop mal, non ?
- Oui tu as raison, un peuple qui bouge, c’est une nation qui espère !
- C’est de toi ?
- Oui ma biche canadienne, j’ai envie de tes pieds, si tu savais !
- Retiens-toi, on arrive !
- Tu es trop belle… »

Finalement, nous arrivâmes à Boston à 12h30. Isabel poussa un grand soupir, de soulagement, de plaisir ou de fatigue ? Et puis elle s’étira. Comme une femme félinement féminine. Son élégance m’attirait, l’or fin de ses bracelets transformait ses bras et ses mains, en œuvres d’art délicieusement bronzées. Elle se tourna vers moi, sereine et souriante :
« Nous y sommes, Alex, ça y est, enfin…
- Seuls ! C’est une blague. Non ?
- Oh tu sais, il faut prendre les choses du bon côté, tout le monde a envie de te connaître, c’est tout ; c’est…

Jeudi 10 janvier 2008

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