« Sagamore | Page d'accueil | Anniversaire de solitude »
06.03.2008
Sandwich

Dans un grand rayon de soleil, le car pourpre s’immobilisa dans une sorte de plainte métallique émanant du freinage hydraulique.
La gare routière de Sandwich était comme une miniature mais elle donnait sur une grande place joliment plantée.
Après m’avoir arraché la promesse de leur rendre visite chez la tante, les deux jeunes femmes s’éloignèrent avec la légèreté d’écolières.
Je regardais leurs silhouettes gracieuses s’élancer dans le contrejour.
« Il n’y a pas dire, la démarche de certaines femmes, c’est encore mieux que de la danse, le spectacle de la vie qui recommence…"
Machinalement, je commençais à déchiffrer les affiches et les indications touristiques qui fleurissaient sur les baraques et les panneaux tout autour de la place.
Sur le plan du centre ville, j’essayais de repérer les principales attractions touristiques :
le Sandwich Glass Museum édifié à la gloire de l’industrie locale du verre ne me tentait guère pas plus que les Heritage Museums & Gardens consacrés à la glorieuse histoire américaine, je trouvais que c’était toujours un peu pareil.
Avec une voiture j’aurais pu parcourir les soixante dix hectares de la Lowell Holly Reservation plantée d’American holly tree, rosebay et rhododendrons, mais j’étais à pieds et il commençait à faire chaud.
Donc je tournais résolument le dos aux affiches recommandant la visite guidée du Thornton Burgess Museum ou l’excursion au Cape Cod Canal Visitors Center et je me dirigeais d’un pas résolu vers l’Historic Sandwich Village.
Je sentais le soleil qui se baissait pour m’accompagner, la température dépassait maintenant les trente degrés à l’ombre.
Baissant la tête, je marchais, j’avançais contre la chaleur du début de l’après-midi, je n’allais quand même pas enlever mon polo Ralph Lauren, un cadeau de Jennifer, couleur sable, trop beau pour moi !
Je me disais, je me parlais… Discours d’idées décousues, une suite de suite, géométrie de l’absolu :
« Si j’étais un écureuil, je sauterais dans les arbres… Un petit écureuil gris, comme à Central Park, ceux qui regardent passer les dernières calèches, ou alors un gros écureuil rouge du Middle West, bien en chair, chipmunk joufflu. »
En face de moi, de l’autre coté du carrefour que j’abordais, au milieu d’une dizaine d’indications de direction de couleurs variées, un panneau retint mon attention :
« Auberge du Cape, cuisine soignée, chambres confortables ».
La rue était plutôt sympa et surtout ombragée, c’était une invite, « si vero », je bifurquais à droite, ciao les filles, ciao !
Lundi 25 février 2008
18:49 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

