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13.03.2008

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« Merci Alex, je suis contente que tu sois troublé, on se demandait avec Hayatt, comme tu n’as pas d’alliance…

- Dingue ! Vous êtes curieuses comme des femmes ! »

Awitelin ne put s’empêcher de rire, et en même temps je la sentais frémissante d’impatience.

« Oh tu sais, les femmes moi…

- Oui c’est ce qu’on se disait, tu en as trop…trop eu ? »

J’éclatais de rire, je me levais et je lui tendis la main.

Je la contemplais pendant qu’elle recoiffait ses longs cheveux noirs. Elle portait juste une petite robe beige en coton.

« Awitelin, tu sais que tu es drôlement jolie, comme ça ?

- Arrête, beau parleur, viens, Hayatt nous attend, on va déjeuner dans un endroit sympa, ou plutôt prendre un brunch, si ça te va ?

- Bien sûr très chère, bien sûr. Attend je vais juste régler les Moustiques et j’arrive. »

Hayatt nous attendait de l’autre côté de la place. Elle avait garé à l’ombre une Toyota Prius d’un joli gris perle.

« Hey, une voiture écolo, une voiture d’Indienne, non ? »

Hayatt sourit, comme gênée, peut être émue : « C’est ma tante, tu sais elle pense que c’est la responsabilité des Indiens de préserver la planète…

- Et en plus vous êtes des femmes ! »

Hayatt qui venait de démarrer se retourna brusquement vers moi, ses yeux si noirs brulaient d’une mystérieuse énergie :

« et alors, nous sommes des femmes, où veux-tu en venir ? »

Je commençais à me sentir tout bête. Comme d’habitude, je parlais trop, je disais n’importe quoi et après, voilà…

Les larmes m’étaient montées aux yeux, je m’attendais si peu à une telle agressivité, j’étais si heureux d’avoir retrouvé Hayatt et puis voilà, elle ne comprenait pas et puis je n’avais pas la force d’expliquer, je n’étais plus capable de parler, je voulais simplement fuir, partir, descendre de cette voiture trop silencieuse, sortir, courir, et puis…

« Tu descends ou tu restes là ? »

Awitelin me secouait l’épaule, me tirait par la main, me parlait avec douceur, comme à un enfant malade.

Elle m’aida à me relever et s’élança vers la grande maison blanche, une sorte de Bed and Breakfast nommé At Annabelle.

Je regardais autour de moi, légèrement étourdi. L’endroit était ravissant et la vieille maison coloniale bénéficiait de magnifiques jardins. Il n’était pas trop tard, je pouvais encore…

Mais je sentis derrière moi, une main qui prenait mon poignet, puis un bras autour de ma taille, puis Hayatt qui était là tout contre moi qui me regardais apeurée et je la serrais si fort dans mes bras…

« Oh Alex, Alex…

- Hayatt, mon Hayatt ! Ne bouge pas, reste là, reste avec moi ! »

Je ne sais plus si elle rigolait ou si elle pleurait, ses yeux exprimaient un tel sentiment de plénitude.

« Je suis là Alex, tu vois je suis là ! »


Jeudi 13 mars 2008 - 23h31

Commentaires

Vous savez, votre post me fait penser à ce très beau film (l'avez-vous vu ? Il vous plairait) qui s'intitule "2 garçons, 1 fille, 3 possibilités"
Après, vous inversez les polarités au choix, le résultat est le même ! Délicieux, donc.
Très jolie, la photo. Tentant d'y entrer.

Ecrit par : Sens Aiguisés | 13.03.2008

Bonsoir,
j'apprécie la grande délicatesse de vos mots, un peu comme le frolement d'une pensée esquissée.
La nuit me rend bavard, c'est vrai. Je n'ai pas vu le film avec des garçons des filles et des possibilités et ce n'est pas étonnant car le cinéma ce n'est plus trop mon truc, trop voyant, trop bruyant... Je me rappelle d'une situation de ce genre avec le magnifique Jules et Jim de Truffaut, mais mon écriture est inculte, sans référence, je ne fais que vivre les situations, sans plus mais à chaque fois je pars et je me perds. Suis-je vraiment rentré ?
La photo est sympa mais c'est surtout la maison qui est d'une beauté imposante. C'est le Bed & Breakfast, At Annabelle, à Sandwich au Cape Cod où on mange des oeufs au homard et des gaufres belges, yes !
A bientôt sur votre blog de Sens

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 13.03.2008

Tout un programme !!! Je reprendrai bien une bouchée de gaufre liégeoise ... mais je vous laisse les oeufs au homard...

A bientôt.
Je vais marcher un peu dans votre sable de ce matin.

Ecrit par : Sens Aiguisés | 14.03.2008

Hello Canèle,
La vie est ainsi faite, comme de la poésie. C'est comme Antiopette, disparue chez les Kangourous qui avait fait rougir mon blog lorsqu'elle évoquait Blaise Cendrars.
Et puis aujourd'hui, tu es là, les pieds dans le sable, un peu loin d'ici, mais le ciel appelle la nuit, les étoiles jouent avec le soleil dont les éruptions irradient l'univers si grand et si petit. Un regard étonné, le chuchotement d'un merci, comment te dire...
P. S. C'est gentil pour le homard, mais est-ce que je suis vraiment obligé de déguster toutes les spécialités locales ?

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 14.03.2008

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