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18.03.2008
Exquisite

Je suivis Hayatt à l’intérieur de la grande maison blanche.
Nous traversâmes le hall du rez de chaussée pour nous installer dans un des somptueux jardins qui donnaient à l’arrière de la maison un air enchanté.
Notre table était abritée par une tonnelle de rosiers blancs, autour de nous je respirais le parfum des bougainvilliers et des jasmins.
Les filles s’étaient arrêtées en chemin pour saluer un homme d’âge mur, bien charpenté dont le visage hâlé était entouré de longs cheveux gris.
Il avait un rire sonore et semblait se moquer de la sage jeune femme qui l’accompagnait.
C’était peut être un marin renommé ou un écrivain ami de la nature, ou bien… En fait, ça ne m’intéressait pas.
J’avais connu ou approché beaucoup de célébrités, hommes politiques et artistes et je n’y avais trouvé aucun intérêt, j’avais juste gardé un souvenir ému du derrière de deux Sophie, vous avouerez que c’est peu, mais après tout ce n’était pas complètement rien…
Je devais sourire en regardant la carte à laquelle je ne comprenais pas grand-chose, mais je m’en fichais, je me sentais bien, le ciel était d’un bleu sincère et un soupçon de brise marine me rafraichissait les neurones.
Hayatt me conseilla une spécialité de la maison :
« Eggs Benedict with lobster. Tu verras, Alex, les œufs préparés par Annabelle avec le homard, c’est exquisite !
- OK guyette, si tu le dis ! »
Jim le débonnaire serveur vint prendre notre commande complétée par du bacon et des échantillons de saucisses et de poisson séchés à l’ancienne.
J’insistais pour gouter les Belgian waffle with fresh fruit :
« ce n’est pas grave les filles, si vous n’aimez pas les gaufres, moi je les adore, donc vous mangerez les fruits, vous verrez ça sera très bien pour votre régime !
- Un régime, quel régime ! Je n’en ai pas besoin »
dit Awitelin en croisant ses belles jambes ultra bronzées et en se penchant vers sa cousine qui était assise entre nous deux :
« Par contre Hayatt, regarde là, on croirait qu’elle est enceinte tellement sa…, euh, ses pare-chocs sont… proéminents ! »
Et elle pouffa de rire en donnant une tape sur la cuisse nacrée d’Hayatt.
« Tu exagères, Indienne du désert, tu es trop jalouse ! Bon j’ai peut être deux-trois kilos à perdre, mais on verra ça à la rentrée… »
Elle me regarda, l’air boudeur :
« Alex, c’est vrai que je suis si laide que ça, dis Alex ? »
Je pris sa main droite et je l’embrassais tendrement.
« Ne dis pas de bêtises Yayath, tu sais bien que tu es belle comme l’amour, d’ailleurs vous êtes deux véritables beautés et vous le savez très bien, je crois !
Au fait, les filles, c’était qui le poète avec les cheveux longs ?
- Monsieur Barnes, Steve Barnes, un de nos professeurs d’économie à Harvard, un homme très brillant »
Hayatt me regarda :
« il écrit des choses très intéressantes sur les PMA, les pays les moins avancés et ses thèses sur le micro-développement commencent à influencer le FMI…
- Ca c’est vraiment bien, j’ai une grande admiration pour les économistes américains qui se situent toujours dans le réel et le concret, ça me change…
- Mais, intervint Awitelin, le seul intérêt de l’économie, c’est l’action, non ? »
Je ne pu m’empêcher d’éclater de rire et je faillis m’étrangler avec une mini saucisse aux herbes :
« Awitelin, tu as entièrement raison, mais tu sais dans le pays étrange ou j’habite, l’économie est devenue une science morte, confisquée par des fonctionnaires socialistes qui sont terrorisés par des notions aussi révoltantes que : marché, capitalisme, entreprise, travail, bénéfices…
- Ah et toi, tu…
- Et bien je résiste, je fais le show pour l’économie de marché, mais c’est peine perdue, les petits Français sont conditionnés tous petits, à l’école mais aussi par nos pauvres médias et ils ne jurent que par la protection de l’Etat car ils n’ont pas les outils pour comprendre l’évolution du monde…. »
Hayatt posa sa main si douce sur ma cuisse, j’étais en short, moi aussi.
Elle s’amusait avec les poils de mes jambes. Son expression était sérieuse, sa voix légèrement rauque :
« Mais tu ne te décourages jamais, tu n’as pas envie de tout laisser tomber parfois, de…partir ? »
Samedi 15 mars 2008 - 1h15
20:23 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonsoir,
^_______________^
Very délicious story...
Bonne soirée,
Ecrit par : Expresso... | 18.03.2008
Bonne nuit,
J'aime beaucoup tes dessins, même si le sens m'échappe.
Mais c'est comme l'écriture traditionnelle en Chine, on n'a pas besoin de comprendre le sens pour admirer les signes.
C'est marrant, quand je relis les textes après toi, ça me plait assez. Et puis la nuit, je trouve le ciel si beau, les nuages sont moelleux comme des oreillers...pour les fées !
A bientôt.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 19.03.2008

