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07.05.2008
Machin chowder

Rockport Harbor
« Ah, vous êtes du Maine, tout s’explique ! Je crois que le français est encore un peu parlé, là-bas, non ?
- Si Alex, vous avez tout à fait raison, c’est encore la deuxième langue maternelle, même si 90% de la population parle anglais.
Au fait, pendant que j’y pense, j’ai un petit présent pour vous, c’est trois fois rien, vous savez ! »
Je pris le paquet, recouvert d’un joli papier gris, j’étais certain que c’était un livre.
« It’s wonderful Dorothy, il ne fallait pas, quel bonheur vraiment ! »
C’était une magnifique édition datant de 1952 de Croisière, chez Marin Robert, avec un magnifique dessin à la plume en couverture.
« C’est peu de chose, mais je suis content que cela vous fasse plaisir Alex.
- Merci Dorothy, mais cette édition est très difficile à trouver surtout que maintenant « The Voyage out » a changé de nom.
Depuis une trentaine d’années, ce livre de 1915 qui était le premier vrai roman de Virginia Woolf, ne s’appelle plus Croisière, mais « La traversée des apparences » ce qui entre nous, ne veut pas dire grand-chose…
- Effectivement, c’est étrange. Bon comme nous avons fini nos verres, nous allons pouvoir rejoindre nos amis.
- Bien sûr Dorothy, permettez juste de vous embrasser pour vous remercier…
- Mais avec plaisir dit la commandante »,
en relevant ses cheveux et en me tendant la joue gauche.
Je l’embrassais chaleureusement sur les deux joues quand on entendit une voix chantante :
« Heu, si on vous dérange, on peut repasser plus tard ! »
C’étaient Hayatt et Kasey, main dans la main, qui partirent d’un immense éclat de rire.
"- Mon Dieu, que je m’amuse ! Quand nous revoyons-nous Alex ? »
Et là Dorothy Smith fut prise d’un fou rire foudroyant auquel nous nous joignirent immédiatement. J’en pleurais des larmes de rire.
Kasey vint se coller contre moi et se mit à me chatouiller le ventre :
« Ca y est tu as encore grossi, Frenchie, il va falloir que je te surveille ! Madame Smith, il va falloir arrêter de lui donner du homard et du clam chowder, les spécialités de chez vous !
Dorothy rougit. Je lui demandais :
« Qu’est-ce que c’est exactement, le machin chowder ?
- Et bien, c’est un velouté préparé avec des clams, du bacon, de la crème fraiche et des pommes de terre…
- Hum, je m’en lèche les babines !
Hayatt me regarda de ses beaux yeux noirs de biche sensuelle :
« Mais, tu sais on le prépare ici également, chez Martha’s ils le font avec des palourdes, c’est vraiment bon !
- Hayatt, tu es vraiment trop belle, aujourd’hui !
- Tu dis des bêtises Alex ! »
Elle haussa les épaules et s’éloigna pour aller inspecter les bibliothèques de la Commandante.
Dorothy me sourit :
« C’est incroyable Alex, vous savez, à chaque fois qu’on rencontre un Français, il est entouré de jolies femmes…
- Ah oui ! Je ne sais pas, ce doit être un genre de maladie !
- En tout cas il faudra que vous veniez nous voir à Rockport ! Si vous aimez le Cape Cod, la côte du Maine vous plaira, c’est encore un peu sauvage, vous verrez.
- Et il y a des phares ?
- Oui, il y a beaucoup de phares célèbres et d’ailleurs dans les années Trente, quand Edward Hopper ne travaillait pas ici, il venait souvent du côté de chez nous où il a peint : Portland Head Light et aussi The Lighthouse at two lights…
- Génial ! Des phares, je viens tout de suite ! »
Dorothy rigolait, Kasey avait rejoint Hayatt et elles regardaient un grand volume illustré.
C’était étonnant comme je me sentais proche de cette femme qui, derrière un mur d’apparences, avait conservé la spontanéité timide d’une adolescente très éveillée.
« C’est extrêmement tentant Dorothy ! Et comment fait-on pour aller chez vous, dans le grand Nord ?
- Et bien c’est simple, pour aller chez moi, depuis Boston, vous remontez la côte vers sur une centaine de miles, vous arrivez à Portland et puis vous continuez vers le Nord sur une dizaine de kilomètres et puis vous arrivez chez moi, à Rockport.
- C’est une grande ville ou…
- Oh que non Alex ! Rockport est une toute petite ville. Elle est connue uniquement pour son port de plaisance qui est fort bien abrité car il est caché au fond d’une anse.
- Donc c’est un port ?
- Oui en fait c’est une localité balnéaire qui a toujours inspiré les artistes que ce soit au début du siècle dernier et même encore de nos jours. »
Lundi 5 mai 2008
22:45 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

