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10.05.2008
Dorothy Smith

Une femme qui lit - Jean-Jacques Henner
Bientôt, nous retrouvâmes tout le monde à l’entrée de l’Otis Air Force Base où Le Commandant Roger Smith et Dorothy, sa charmante épouse, tout de rose vêtue, rendaient les honneurs à Mademoiselle Watt-Myers.
Comme toujours, Jennifer était élégante et souriante, et comme toujours elle inspirait la déférence d’une façon incroyablement naturelle, très américaine me dis-je en moi-même.
Madame la Commandante était visiblement ravie d’avoir de la visite.
Elle semblait superviser l’ensemble des opérations et comme elle trouvait notre aéronef un brin poussiéreux, elle redemanda un nettoyage poussé et en attendant elle nous proposa de prendre le tea dans son salon de réception.
C’était une belle pièce meublée avec gout dans un style fin 19ème plutôt intéressant et je fus aussitôt attiré par les toiles de marine accrochées aux murs.
Comme je le prévoyais, le premier contact entre les deux cousines, Hayatt et Awitelin et la canadienne Helen fut extrêmement froid et bref.
Il faut dire que les deux cousines habillées par Jenny étaient resplendissantes tellement leur féminité déjà mure triomphait dans les jolies robes en mousseline, noire pour Awitelin et blanche pour Hayatt, et je ne pu m’empêcher de leur avouer :
« Les filles, vous êtes belles à croquer !
- Merci Alex, tu es trop gentil !»
Et leur sourire rayonnait sur toute la pièce. Jack aussi semblait subjugué, mais Helen entreprit de lui remettre les idées en place :
« Tu as vu, les deux spécimens qui se sont échappées de leur réserve !
- Ah, tu crois Helen ? Pourtant je trouve… que…heu
- Oui, c’est ça, elles ont des avantages à faire valoir ! On dirait deux laitières allaitantes, c’est dégoutant !
- Oui surement ma chérie, bien sûr. »
répondit Jack qui, résigné, baissait les yeux sur les petits seins frémissants d’indignation de sa compagne…
Au regard que Kasey me lança de l’autre bout de la grande pièce je réalisais qu’elle n’avait pas besoin d’être là pour tout entendre…
Même si Helen était souvent caustique, j’étais presque inquiet pour elle car je commençais à réaliser que Kasey ne connaissait aucune limite et qu’elle ne supporterait aucune injustice.
Les deux cousines étaient fascinées par Wikita. Elles avaient déjà entendu des histoires sur le Loup Blanc qui faisait le lien entre les mondes mais elles ne s’attendaient pas à le voir, ici, si près et amical et en même temps, si loin…
Kasey leur avait présenté l’animal, en précisant qu’il comprenait tout et même qu’il communiquait avec les initiés… Négligemment Hayatt lui demanda
« Et il y en a beaucoup des initiés ?
- Oui, répondit Kasey, nous sommes trois ! »
Awitelin fronça les sourcils, intriguée, elle demanda :
« Tu as combien de mères, Kasey ?
- J’ai deux mères, sœur Navajo, cela suffit ! »
Alors Awitelin devint toute blanche et poussa un profond gémissement en se prosternant aux pieds de Kasey. Hayatt, bouleversée s’agenouilla à côté de sa cousine et demanda d’une voix rauque :
« Alors, alors tu es la fille de Celle… la fille de Celle qui illumine les astres ;
- Celle qui fait pâlir le soleil »
ajouta Awitelin en regardant Hayatt qui compléta :
« Celle qui voit toutes choses… »
Kasey les regardait en souriant doucement. Elle étendit les mains vers elles, les paumes ouvertes dans leur direction :
« Oui, c’est exact, ma mère est l’Astre de l’Infini. »
Sans se retourner, elle demanda à Helen d’approcher. L’indienne Mi’kmaq, le teint livide mais l’allure décidée se joignit aux filles agenouillées, embrassa le sol devant les pieds de Kasey, et se redressa pour déclarer d’une voix claire :
"Oh Kasey tu es la fille de la Reine Noire, Ta mère se nomme Teteo Innan, elle est la Mère des dieux ! »
Dans le grand salon, le silence était d’une blancheur étourdissante.
Au bout d’un moment Kasey se retourna, les trois Indiennes se relevèrent, à côté de moi j’entendis madame Smith s’exclamer :
« C’est un prodige, mon Dieu, un véritable prodige ! »
Elle porta la main à son front et me regarda intensément, pas inquiète, curieuse. Je lui souris :
« C’est la vie Madame, c’est juste la vie !
- Bon, très bien, j’ai juste besoin d’un verre. Vous me suivez ?
- Bien sûr madame Smith, j’arrive ! »
Je commençais à la trouver attachante, cette drôle de dame.
Dimanche 4 mai 2008
19:31 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
et quelle vie, Monsieur !
bises
Ecrit par : pseud | 10.05.2008
Hello Madame la Revenante,
Quelle joie de te revoir. Je t'imaginais perdue sur une île au milieu de tes forêts, un mirage sûrement, ou alors c'était plutôt une oasis flottant au dessus des montagnes, tout là-bas, dans le brouillard.
Je t'embrasse.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 11.05.2008
Non, pas de brouillard, un grand soleil dans un ciel tout bleu, les sapins sont toujours là, viens t'y rafraîchir ... la bise souffle vers toi, moi aussi je t'embrasse.
Ecrit par : pseud | 11.05.2008
Ma chère Comtesse,
Toi qui es si belle, tu ne devrais pas me tenter avec des bises soufflantes...
Tenderness.
Pensées sylvestres
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 11.05.2008

