« Dorothy Smith | Page d'accueil | Amarante »

14.05.2008

Evidence

b84252160e77ac7804c5b099548504e9.jpg


Encore stupéfié parce que j’avais vu ou deviné… je m’approchais de Kasey.

Elle se tenait debout, à côté du loup. Elle ne disait rien mais j’étais certain qu’elle conversait avec lui depuis un moment déjà.

Quand elle me vit tout près, la bête blanche aux yeux d’or regarda la petite fille puis se leva lentement.

D’une impulsion, il se tint debout sur ses pattes arrière, il s’appuya contre la base de mon cou et me dit bonjour à sa manière, en me léchant les oreilles.

« Wikita, arrête, tu me chatouilles ! »

A chaque fois, c’était la même cérémonie, je sentais son cœur battre de bonheur.

« Kasey, tout va bien ? Tu crois que tu les as… éliminés ?... Kasey, tu étais obligée de faire ça ? »

La petite fille me regardait avec une infinie douceur. La tension qui l’habitait s’était enfuie, évanouie.

« Ils devraient savoir que Wikita est un Intouchable, tout le monde devrait le savoir… »

Je regardais autour de nous, devant la maison toute la végétation était aplatie, les arbres pliés dans un rayon de cinquante mètres. Aucune trace des hommes en noir, volatilisés…

« Mais Kasey, qu’est-ce que tu en as fait ? »

Elle me regarda, mi-surprise, mi-amusée :

« Moi, mais je n’ai rien fait, heureusement pour eux ! C’est La Toute Puissante qui les a enlevés de là, pour les protéger…

Qu’est-ce que tu croyais Alex, que Wikita serait là, tout seul, sans que la présence de Ludivine ne se fasse sentir ?

- Ah, je comprends ! J’aurais du me douter évidemment, les vacances, comme ça dans un coin perdu, évidemment… »

Je levais les yeux vers le ciel gris, un soleil voilé, une légère brise, des arbres immenses au loin, comme des cèdres rouges de Californie. Je plissais les yeux, je me disais :

« Elle est là, elle regarde, elle écoute, elle nous respire, elle…Elle. »

Kasey me prit la main :

« Ne t’en fais pas Alex, tout va bien. C’est quand même un peu les vacances, et puis…

- Oui, Kasey ?

- et bien, Jennifer est tellement, tellement heureuse de t’avoir retrouvé, en bonne santé et tout. Tu sais, elle était morte d’inquiétude, elle avait si envie de te voir, que tu la vois aussi…

- Ah oui ! Tu crois ?

- Bien sûr. Tu penses que c’est pour qui qu’elle s’est changée avant de venir nous rejoindre en bas, hein ? Tu crois que c’est pour épater tes copines ?

- Non, non bien sûr, tu as raison, Jennifer est trop… sûre d’elle… Kasey, tu crois sérieusement qu’elle… ? »

Nous partîmes vers l’entrée du parc, à la recherche de la voiture.

Au bout de l’allée donnant sur un porche en bois blanc sympathiquement vermoulu, nous reconnûmes le Commandant qui était blême, genre livide, tendance décomposé…

Le pauvre homme essayait de se redresser mais visiblement il était terrorisé par la présence de Kasey.

Il tenta de réprimer un tremblement convulsif lorsque la petite Indienne s’avança vers lui. Il devint si rouge, les veines du visage toutes gonflées que j’eus peur qu’il explose soudainement.

Kasey lui prit la main et la posa sur la tête du loup. Je savais qu’elle lui faisait passer plein de choses, dans le cerveau, partout.

L’officier supérieur finit par se détendre. Il remercia Kasey avant de se mettre au garde-à-vous et de nous saluer réglementairement.

Lundi 7 avril 2008

Ecrire un commentaire