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19.06.2008

Noir et blanc

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Des éclairs noirs dans le ciel.

Mon désir pour Jenny était si fort, que je me sentais tout tremblant, à l’intérieur de moi.

Elle était là, si près de moi, j’étais capturé par son parfum plus sûrement que par une clef au bras ou une technique d’immobilisation.

Sa chevelure rousso-flamboyante me frôlait le visage et m’électrisait, pourtant, juste à ce moment fatidique, je n’avais qu’une seul envie : écrire.

Je voyais des zébrures dorées dans le ciel noir, des goélands géants impressionnaient mes rétines, ils allaient et venaient, en relief.

La mer était d’un bleu soutenu, une couleur intense qui évoquait l’absolu de l’encre de Chine.

Les déferlantes tapaient sur les murailles de notre château ou était-ce un phare ? Le quatorzième phare ? Le phare perdu du Cape Cod.

Ma bien-aimée se serrait contre moi, dans une sorte d’extase terrorisée… Son regard pleurait, ses beaux yeux mouillés me suppliaient, ses griffes me labouraient le bras…

« Aie, tu me fais mal !

- Oh excuse-moi Alex ! Mon Dieu, regarde ton bras, tu saignes ! Mon pauvre chou, ne t’inquiète pas, je vais m’occuper de toi…

- Tu es trop mignonne Jenny, ce n’est rien, ça brûle un peu mais dans cinq minutes on n’en parlera plus…

Bon je vais inaugurer la belle salle de bains à l’ambiance Zen, j’adore la laque rouge avec le noir et le poli du bois satiné…

Tu sais Jenny, c’est tellement beau que j’aimerais dormir dans la salle de bains…

- Oui, c’est une idée mais cela risque de ne pas être très pratique…enfin, je veux dire…si nous, enfin si tu veux, si tu as envie… »

Je m’essuyais les mains et je déposais un baiser sur son front.

« Ma chère Jennifer, je n’ai pas envie, j’ai besoin d’écrire !"

Elle esquissa un sourire :

« Mais oui, bien sûr, où avais-je la tête ! Bon je vais aller me changer ! On se rejoint en bas, d’accord ? »

Elle parlait bizarrement, la voix légèrement cassée…Au moment où elle allait partir, je ne pu me retenir et je la pris dans mes bras.

« Oh Jenny !

- Oui Alex, je suis là…

- Jenny, j’ai envie que tu dormes avec moi ! …Jenny ?

- Oui, Alex. »


Samedi 7 juin 2008

16.06.2008

Béatitude

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J’étais si bien comme ça, la tête posée sur les cuisses de Jenny, une sorte de béatitude.

Je me suis dit qu’être un élu, c’était quand même drôlement bien…

Je sentais la chaleur et la douceur de sa peau poivrée et ambrée. Quelle belle femme !

Je l’imaginais nue, j’essayais sagement de la deviner en train de marcher de son pas souple et tonique, de danseuse pressée.

J’avais envie d’elle, mais pas encore trop, cela restait supportable… Patiente, Jennifer respectait ma paresse bienheureuse.

Sa main légère caressait mes cheveux, son index courait le long de ma nuque puis machinalement elle jouait avec mes oreilles.

J’étais captivé par son odeur, la fragrance de sa peau dorée rehaussée par son parfum aux senteurs de lilas et peut être bien de muguet aussi…

J’étais dans un tel état de bien-être que j’ai dû m’endormir quelques minutes. A travers une brume bleutée, je finis par distinguer les traces d’un message, c’étaient comme des notes :

« Alex, mon Chéri… Tu dors ? Alex ! »

Sa main droite caressait distraitement mon visage. De l’autre main elle agitait son téléphone et donnait des instructions pour la cuisine :

« Oui, c’est cela Teresa, vous faites un menu traditionnel avec les lobsters, de préférence bleu, oui je sais Teresa c’est toujours du homard mais c’est plus joli !

En entrée vous nous faites votre délicieux Clam chowder, et pas la version allégée qu’on sert aux étrangers de New York, vous nous préparez le complet avec le bacon, les clams, la crème fraiche et les pommes de terre.

Bien sûr Teresa que c’est bon aussi avec les palourdes, mais vous croyez que ça s’appelle un Clam chowder, juste pour meubler les discussions !

Mais oui Teresa, je sais que vous faites au mieux et que ça sera parfait comme toujours !

- Jennifer !

- Oui Alex, tout va bien, ne t’inquiète pas.

- C’était qui, la cuisinière ?

- Oui, c’est Teresa une des cuisinières de la famille. Elle est excellente mais par principe, elle discute toujours un peu…

- Ah Jennifer, je t’admire, tu es une vraie Chef !

- Ah oui, tu trouves ? »

- Je me redressai pour la regarder :

« Oui, je trouve que tu es une patronne parfaite. Tu sais exprimer ta volonté en respectant l’autre, c’est vraiment bien… »

Jennifer souriait, ses yeux pétillaient d’une joie mystérieuse.

« Tu es mignon Alex, mais tu sais quand on aime les gens c’est beaucoup plus facile de se faire comprendre…

- de les faire travailler ! Tu veux dire ? »

Je me mis debout et je l’aidais à se lever :

Finalement Jenny, si tu ne m’aimes pas, c’est peut être aussi bien, non ? »

Elle éclata de rire et s’agrippa à mon bras pour remettre ses sandales. Puis elle se serra contre moi…

« Alex, je t’en prie, ne dis plus rien…J’ai une folle envie de toi ! »

Mardi 3 juin 2008

15.06.2008

The Voyage Out

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Jennifer descendit se préparer, je me dépêchais de chercher mes affaires pour me changer.

J’étais pressé, un sentiment d’urgence. Plein de choses à faire, une foule de questions à lui poser…

Mes affaires avaient déjà été rangées dans un petit dressing attenant à la salle de bains.

Je pris une douche expresse, un coup de serviette, déodorant, eau de toilette, peigne. Les cheveux courts c’est pratique.

Tiens j’ai une sale tête, des cernes sous les yeux…Je me reculais, de loin, avec le bronzage je faisais illusion.

J’enfilais un pantalon blanc en coton et un polo marron. J’allais m’asseoir sur le lit pour chausser mes Docksides.

Le lit était large et chaleureux avec un joli couvre lit en soie et des motifs Indiens orange et vert. Sur la table de nuit, un livre comme oublié, avec une couverture à l’ancienne.

Mon cœur se mit à accélérer quand je reconnu sur la jaquette un des dessins typiques exécutés par Vanessa Bell pour la Hogarth Press et notamment pour illustrer les livres de sa sœur, Virginia Woolf…

Je m’approchais discrètement de la table de nuit. C’était effectivement une édition des années trente du premier grand roman écrit par Madame Woolf : The Voyage Out

J’ouvris l’ouvrage avec précaution. J’étais ému et je tournais machinalement les pages, je lisais sans lire…

Chapter II : ... The table was cheerful with apples and bread and eggs. Helen handed Willoughby the butter, and as she did so cast her eye on him and reflected, “And she married you, and she was happy, I suppose.”

Dingue, c’était de la vraie magie, comme si Virginia me parlait, m’appelait… C’était si beau et si fort dans mon cerveau…

Je m’allongeais sur le lit et je répétais la phrase et j’essayais de monter ma voix pour dire et redire :

“And she married you, and she was happy, I suppose.”

Le bonheur absolu, voilà j’étais en train de vivre un « Moment of Being » comme disait Virginia, un instant de plénitude.

Merci mon dieu, merci Jenny !

Je me levais d’un bond, j’embrassais le livre et je sortis de l’appartement en courant et en criant comme un fou :

"Jenny, devine ce que j’ai trouvé, Jenny !"

Nous nous retrouvâmes tous en bas dans le grand salon, Kasey était en discussion avec un homme blond, grand et mince, portant cheveux courts et fines lunettes à monture métallique.

Elle me le présenta comme le Responsable du bureau de Boston de l’Agence Fédérale chargé de notre sécurité…

Tim Sailers semblait être un fonctionnaire discret et zélé, connu et apprécié par tout le personnel de la maison.

Tout le monde, sauf... La Maîtresse des lieux qui fit irruption comme une tornade.

Elle se planta à côté de moi et tendit le bras en direction de la porte d’entrée massive et pourtant accueillante…

Je ne l’avais jamais vu aussi glacialement violente. Ses yeux verts magnifiques lançaient des flammes.

D’une voix métallique, elle jeta :

« Out Mr Sailers, you are chucked out ! »

J’ai cru que le pauvre homme allait tomber, balayé par la rafale verbale. Il se tassa légèrement, rentra les épaules et baissa la tête.

Comme s’il se dissolvait, il se glissa vers la sortie sans prononcer un mot.

Tout le monde s’était rassemblé autour de Jenny mais à distance raisonnable, ce n’était pas le moment de la chatouiller ….

Kasey me sourit, cela me redonna courage :

« Mais Jenny, tu ne crois pas, ce pauvre petit fonctionnaire fédéral…

- Ne t’inquiètes pas, il n’est pas à plaindre. C’est le Patron de l’Agence pour toute la Nouvelle Angleterre, et d’ailleurs c’est un très bon officier, on lui trouvera un bon job ailleurs…

- Mais alors ?

- Alors ? Je lui avais interdit de venir ici, c’était simple comme consigne, non ! »

Elle tapa du pied et fouilla dans son sac. Je sentais la pression remonter…

« Bon Jenny, qu’est-ce que tu fais ? Moi, je m’en vais, j’ai envie de sortir, d’aller me promener, tout le monde vient ? Où est Kasey mon Ange Indienne ?

- Je suis là Alex ! »

Effectivement en me tournant de trois quart j’aperçu la petite Indienne qui tenait la main de Jennifer et lui parlait doucement, je crois même qu’elle s’exprimait en Navajo, ce devait être une formule magique comme le Synthol qui apaise toutes les douleurs…

Kasey était toujours égale à elle-même, l’image sereine de la bonté. Parfois je me demandais si elle n’était pas notre mère à tous.

Elle me dit en souriant :

« Allez-y, on vous rejoint dans cinq minutes !"

Elle dit quelques mots à Awitelin en Navajo puis se tourna vers moi, tout sourire.

"Bon tout va bien, tu vas suivre Hayatt, elle connaît le coin comme sa poche !

- Mais Kasey, je ne suis plus un bébé quand même ! »

Jennifer à coté était tordue de rire. Kasey reprit, plus sérieusement :

« Ecoute Alex, on t’a déjà perdu une fois, ça suffit largement ! Tu dois comprendre, j’ai une mère, moi ! »

Je soupirais. Tout d’un coup, j’avais les jambes coupées. Je serais bien monté me coucher.

Bien sûr, Elle. Bien sûr, Elle était là, toujours là. Je fermais les yeux. Ludivine me regardait.

Son image remplissait le ciel. Elle était le ciel.

L’intensité de son regard me bouleversa comme une lame de fond qui m’envoyait au sommet de l’Amour.

Awitelin et Hayatt m’attendaient, elles étaient si gaies et si gracieuses, j’avais envie de m’envoler avec elles, planer au dessus des falaises et m’enfoncer dans le ciel.


Dimanche 8 juin 2008

10.06.2008

Sandcastle

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Cape Cod Watchtower

Kasey se pencha en avant, en appuyant ses mains sur mes genoux.

« C’est vrai Alex, tu penses juste. Le Cap Cod est une formation géologique récente car il date environ de dix huit mille ans et il est habité par les Indiens depuis plus de neuf mille ans…

- Effectivement ça fait un bail ! Et les Européens ont débarqué il y a près de quatre cent ans, c’est ça, hein ?

- Oui, ça a commencé en 1620, avec les Pèlerins du Mayflower qui ont débarqué à Provincetown et qui au bout d’un mois sont partis s’installer à Plymouth.

Depuis le déboisement presque total effectué par les colons Européens entre 1650 et 1900, la lande est prédominante.

- Malgré tout, le paysage est plutôt sauvage. »

Hayatt me sourit :

« En fait le Cape Cod est surtout habité dans sa partie basse, de Sandwich à Chatham, avec le centre économique qui est à Hyannis.

Le Cape Cod National Seashore qui s'étend, depuis Chatham jusqu’à Provincetown est bordé de plages, de hautes dunes de falaise et de marais de sel.

A l’intérieur il y a des étangs, des marais, des forêts de chêne et de pin et la lande à perte de vue.

- Et il y a des bêtes sauvages ?

- Non, pas énormément, les vingt-cinq espèces protégées dans le parc sont principalement des oiseaux comme le pluvier siffleur. »

Nous étions maintenant sur la Province Lands Road qui longeait la côte. La mer en bas scintillait des derniers feux de l’après midi, le spectacle s’annonçait grandiose depuis la falaise.

Jim avait considérablement ralenti l’allure. Nous arrivâmes à un embranchement et nous traversâmes la route nationale Six qui était la voie principale qui traversait tout le Cape Cod.

Au lieu de prendre à gauche vers la ville de Provincetown, nous primes la route côtière en direction de Wood End. En fait, c’était un gros chemin, qui longeait la mer.

Les yeux de Kasey brillaient de plaisir :

« Regarde Alex, ton premier phare du Cape Cod, c’est le Wood End Light !

- Mamma mia, les filles, quelle merveille ! »

Je revoyais les images du très beau volume consacré aux phares du Cape Code et du Maine que j’avais souvent feuilleté chez la tante d’Hayatt, à Sandwich.

Je demandais à Hayatt :

« Celui-là il n’a pas été déplacé, au moins ?

- Non Alex, ce sont Highland Light et Nauset Light qui ont été déplacés, à cause de l’érosion des falaises.

Par ici, il reste deux phares en plus de Wood End. Il y a le Race Point Beach qui était du côté de l’aéroport et le plus impressionnant, à l’extrême pointe du Cape, le Long Point Light !

- Ah ! Kasey, tu crois qu’on va le voir ce Long là ?

- Je ne sais pas Alex, on va demander : Excusez-moi Jim, vous pouvez nous dire où nous allons, précisément ?

- Bien sûr, Mademoiselle Kasey, nous allons au milieu de nulle part !

- Ah ! Et encore ?

- Et bien, nous nous rendons à la Cape Cod Watchtower !

- Ah oui ! La Tour de guet, je croyais qu’elle était inhabitée depuis fort longtemps ?

- Vous avez raison. Elle était, elle était… »

Je m’inquiétais à mon tour de notre destination :

« Et elle est loin de la mer, cette Watchtower-là ?

C’est Hayatt qui me répondit ;

« Tu rigoles Alex, elle est juste à côté du phare de Long Point ! »


Dimanche 18 mai 2008

08.06.2008

Vinland

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Rockport Center

Finalement le voyage se passa mieux que je ne l’appréhendais.

Nous étions installés à l’arrière de l’appareil dans une sorte de coin salon dont l’aménagement spartiate me faisait penser à l’intérieur d’un bateau de croisière.

Une fois le choc passé de la terrible puissance des turbines en action, on finissait par s’accoutumer au ronron lancinant de l’énorme coléoptère mécanique.

L’excitation et un sentiment d’angoisse plus ou moins accentué avaient resserrés les liens entre nous et Helen jouait un rôle vraiment positif.

Discrètement, j’entrepris de me confier à Jenny :

« Et bien voilà, Jack m’a parlé un peu d’Helen et de ses activités. Au départ elle se destinait à une carrière de musicienne.

C’était une pianiste brillante, sur le point de devenir une concertiste de premier plan quand elle décida de tout laisser tomber…

- Curieuse fille ! m’interrompit Jennifer.

- Oui, en fait elle ne supportait plus d’avoir le trac, cela finissait par lui gâcher tout son plaisir.

- Alors elle est retournée à la fac…

- Exactly Jenny. Elle avait déjà fait un doctorat en Histoire, alors elle choisit de doubler la mise et de préparer une thèse en histoire de l’Art, sur la symbolique du phare dans la peinture américaine contemporaine.

- Ah, donc elle doit bien connaître la région ?

- Yes, avant de devenir gérante d’une importante galerie de Montréal elle venait effectivement très souvent dans le coin, pour repérer tous les phares depuis la pointe du Cape Cod où nous allons jusqu’à l’extrême nord de l’Etat du Maine. »

Jennifer était silencieuse et concentrée. Ses beaux yeux verts pailletés d’or me fixaient intensément…

« Alex !

- Oui Jenny ?

- Alex, je suis heureuse !

- Ah oui ! Ca te prend comme ça ! Et hop, tout d’un coup, tu es heureuse. Tu me donneras la recette, pour que…

- OK, je te la donne, French guy, tu l’auras voulu ! Bon, et bien voilà, je suis heureuse d’être là avec toi, c’est une recette toute simple, tu vois ! »

Elle se détourna de moi, baissa les yeux et se figea en attendant que ma réponse lui tombe sur la tête…

« Jenny, Jenny tu es trop mignonne, tu sais. J’adore quand tu as ta tête de petite fille capricieuse ou romantique ou les deux, pourquoi pas ? »

Jennifer prit ma main gauche et la porta contre sa poitrine entre les seins, ensuite avec ses deux mains elle appuya fort sur mon bras.

« Jenny, qu’est-ce que tu fais ? C’est une nouvelle manière de relever les d’empreintes ?

- Idiot ! C’est juste pour prendre un peu de toi ! »

Je lui souris. Je ne l’avais jamais vue aussi gaie et cela me rendait heureux.

« Allez, viens Alex, on va écouter ce qu’Helen va raconter sur le Maine. »

Effectivement, la spécialiste des phares était en train de raconter l’origine d’un Etat plutôt récent :

« Au XIème siècle, ce que nous appelons aujourd’hui le Maine était occupé par des Vikings et leur Chef Leif Ericson désigna la contrée sous le nom de Vinland, c’est-à-dire terre du vin, en raison de son abondance en airelles.

Les envahisseurs nordiques furent ensuite décimés par des épidémies, même si les survivants finirent malgré tout par s'intégrer aux nations autochtones qui étaient … »

Hayatt répondit la première :

« de la famille des Iroquois ! »

« Et principalement des Mohawk ! »

ajouta Kasey en faisant signe à Helen de continuer.

« Et bien ensuite la colonisation prit un tout plus traditionnel avec l’arrivée des Basques, des Français puis des Anglais. »

Je regardais intensément Helen qui me sourit interrogativement. Je lui demandais :

« Et le nom ? Est-ce qu’on sait d’où vient le nom ?

- Plus ou moins, répondit Helen. En fait, il y a deux thèses : Selon la première, l'origine du nom de l’État proviendrait de la province française homonyme.

Selon la seconde, les marins nommaient cette partie du continent « the Main » pour la distinguer des nombreuses îles en bord de côte…

- Ok, j’ai compris, it’s the Main Land !»


Samedi 10 mai 2008

03.06.2008

Two women

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« Oh lui, il n’aime que deux femmes, c’est tout ! »

Dans la pièce à côté, Jennifer laissa Jack et le Commandant Smith commenter l’incidence du réchauffement climatique sur la croissance des baleineaux, et se rapprocha du groupe des filles, manifestement Kasey parlait d’un homme qu’elle connaissait bien.

Awitelin tout sourire affirma :

« Deux femmes, ça ne peut être que tes deux mères ?

- Non, ce n’est pas à elles que je pensais !

- Deux Indiennes plus jeunes ! »

dit alors Helen avec une grimace en imaginant les deux cousines papillonnant autour d’Alex…

« Non Helen, je ne pensais pas à Hayatt et Awitelin… Bon pour vous aider, je peux avouer qu’une seule est encore vivante !

- Ah ! firent en chœur les trois femmes qui entouraient la petite Indienne.

Jennifer, se sentait un peu perturbée mais gaiement elle lança :

« Je propose Ludivine et Maryline ! »

Jennifer attendait sans attendre, la phrase de Kasey lui revenait dans la tête :

« Oh Alex, il n’aime que deux femmes, c’est tout ! »

Elle estimait que la première place revenait de droit à Ludivine, mais ensuite, ensuite…

« Moi je connais la réponse ! »

Une voix d’homme, une voix gourmande. Jack s’approchait suivi du commandant.

« Ah ! Dis-nous alors ! »

Jack regarda Kasey qui lui fit un signe d’approbation.

« Et bien je peux affirmer qu’Alex est complètement fou de Virginia Woolf et de Joyce Carol Oates »

Les filles se regardèrent désappointées puis prirent le parti d’en rire, avec le Commandant qui riait aussi, de bon cœur, sans savoir pourquoi…

Kasey se précipita vers Jennifer et l’emmena avec elle près d’une fenêtre.

« Excuse-moi Jenny, ce n’était pas très malin, mais… »

Jenny baissait la tête et regardait ses mains. Kasey voyait bien que l’illustre héritière était perturbée, presque triste, elle ajouta :

« Ne t’en fais pas, je sais qu’à sa façon il t’aime et tu ne dois pas l’oublier. Tu me pardonnes, Jenny ?

- Oui mon Ange, bien sûr ! Kasey, oh Kasey, qu’est ce que je ferais sans toi ? »

Jennifer souleva la petite fille et la serra fort dans ses bras. La vie était redevenue belle, elle avait envie de partir, d’aller lui montrer la mer, dans la maison qu’elle avait choisie pour lui.

Après des remerciements chaleureux nous quittâmes les Smith, franchement épatés par la qualité de leur accueil.

J’étais plutôt impressionné par notre moyen de transport car ma claustrophobie s’accommodait généralement mal de l’avion, petit ou gros, alors un hélico…

Le pilote nous expliqua qu’il s’agissait d’un Chinook CH-47, un hélicoptère de transport lourd, muni de deux rotors en tandem pouvant transporter 44 personnes.

La bête pesait plus de dix tonnes et les 3750 chevaux développés par chacune des deux turbines permettant à l’engin ver de gris, de foncer à 295 km/h.

C’était une vraie Ferrari ce truc là. Le bruit au décollage était un peu assourdissant, mais par contre je dois admettre que les deux rotors avant et arrière procuraient une stabilité parfaite.

"Here we go !"

Jennifer donna ses dernières recommandations à l’Aide de camp, mis à notre disposition et elle revint s’asseoir à côté de moi.

Elle posa sa main sur mon bras. Je la sentais inquiète comme une mère et excitée comme une petite fille.

« Ca ira Alex, tu vas tenir le coup ? Je sais que tu n’aimes pas trop ces engins là mais tu vas voir, on sera bientôt arrivés et…

- Déjà ? Mais on vient de partir !

- Dans vingt minutes, nous serons enfin arrivés, j’espère que tu ne seras pas déçu…

- Mais Jenny ! Comment tu peux dire une chose pareille ? Je sais que c’est impossible !

- Ah, tu crois ?

- J’en suis sûr.

- Mais tu sais, tout a été si vite, et puis tu avais disparu et j’étais si inquiète, c’était horrible ! »

Et Jennifer commençait à bafouiller, des sanglots plein la voix, des hoquets dans son corps.
Je la saisis par les épaules :

« Jennifer, regarde-moi, c’est fini maintenant.

- Ah oui ?

Oui, tu es là et je suis là. C’est tout ce qui compte.

- Oui Alex, tu as raison. »

Elle réussi à ébaucher un sourire. Je pris ses deux mains et je les embrassais avec passion.
Je me sentais si proche d’elle, comme jamais auparavant, cela me faisait presque peur.


Mercredi 7 mai 2008

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