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04.07.2008
Ensemble

Il faisait bon, il faisait doux. Nous étions installés sur la terrasse du premier étage au Rooftop Café.
Le ciel prenait des teintes roses et grises que j’imaginais exotiques.
Maintenant tout était redevenu normal, animé et bruyant comme dans une station balnéaire amusante et recherchée.
Par contre, à notre entrée dans le café j’avais ressenti une intense impression de silence, comme une sorte de gêne confortable.
Et puis, dans l’escalier, nous avons croisé deux gaillards grands et blonds, habillés de polos noirs et de Ray ban et j’avais compris la raison d’un tel blackout dans un endroit qui, cinq minutes auparavant avec le regard de la rue, semblait si joyeusement animé, festif.
On s’habitue à tout et c’est vrai que je commençais à ne plus accorder trop d’attention à ces particularités entourant l’existence de Jenny.
C’est vrai qu’ici, plus qu’à New York ou ailleurs, je m’apercevais que Jenny était une célébrité, une des femmes les plus recherchées des Etats Unis.
Le Directeur de l’établissement se fit un plaisir de nous mener à notre table sur la terrasse qui était bien sûr réservée.
Mes amis semblaient contents d’être là et cela me faisait du bien de les écouter discuter joyeusement pendant qu’on nous servait des mets apéritifs à la présentation originale et soignée.
Je dégustais une cuvée spéciale de Jack Daniel’s, avec la robe ambrée et l’arome inimitable du Tennessee Whiskey.
J’avais faim et je fis honneur aux innombrables appetizer, aux salades variées et je me régalais de délicieux nachos.
Jennifer m’accompagnait avec un étonnant Cabernet Sauvignon du Cape Cod, il me semblait voir des étoiles dans ses yeux.
« Ca va Jenny, tu n’es pas trop fatiguée ?
- Tu rigoles mon Chou, c’est ma première journée de vacances depuis trois ans et tu es là, alors !
- Excuses-moi Jenny, mais tu te donnes toujours tant de mal pour que tout soit parfait ! Nerveusement, ce doit être usant, non ?
- Oh, tu sais… J’ai l’habitude et puis tout ce que je fais pour toi, je le fais pour mon propre plaisir, tu comprends Frenchie ?
- Yes American Woman, yes. Mais des fois je me dis que si tu étais moins riche, moins intelligente, moins belle, moins…parfaite !
- Et alors si j’étais pauvre moche et conne, ça changerait quoi ? Tu me ferais le coup de la grenouille ou du prince charmant ! »
Maintenant, elle se moquait de moi :
« Hey Alex, tu caches bien ton jeu, tu dois être un genre d’intello social démocrate qui s’extasie devant les pauvres ouvrières en haillons, non ?
- Tu as raison, je ne suis qu’un pauvre con !
- Et alors, la suite c’est… »
La voix de Jennifer était tendue, aigue, l’expression de son visage était dure et affolée en même temps.
Je levais les yeux vers elle. Je tournais le large verre vide entre mes mains.
J’avais envie de le poser sur la table basse devant mon fauteuil mais en même temps j’en aurais bien pris un autre.
A vrai dire, je ne savais pas trop. Je sentais les larmes venir dans mes yeux et ma gorge se serrer.
Jennifer s’avança au bout de son siège pour me prendre la main :
« Qu’est-ce que tu veux faire, Alex ? »
Les mots s’entrechoquaient dans ma bouche, les larmes brouillaient ma vision…
"Alex, tu veux partir ? »
Je m’agenouillais près d’elle et je hochais la tête :
« Je veux rentrer à la maison…
- Oh, mon chéri, pardonne-moi, je suis si maladroite, viens-là…»
Je m’empressais de poser ma tête sur ses cuisses bronzées, sa peau était douce et chaude.
Sa main dans mes cheveux était légère, je pensais à ma mère.
Quelle délivrance de tout oublier comme ça de plonger dans le rien, absorbé par la tendresse millénaire d’une femme qui donnait la vie qui redonnait la force, l’envie.
Je me redressais au bout de quelques minutes :
« Merci Jenny, merci »
Elle me serra dans ses bras, elle sentait si bon et j’étais si bien le visage enfoui dans la tiédeur de son cou de satin.
Ensuite, à ma grande surprise, elle redressa ma tête et ses lèvres se jetèrent sur les miennes avec la folie de l’amour.
C’était sucré, c’était nacré, c’était divin, c’était…
J’étais bouche bée…
« Mais Jenny… C’est la première fois que tu m’embrasses comme ça, et en public, et c’était… incroyable ! Tu m’as embrassé comme si tu m’…
- Oui Alex, je sais. Je crois que je t’aime !
- Jenny, Jenny, dis moi-moi ce que tu veux que je fasse, Jenny !
- Et bien, si ça ne te dérange pas, on va diner ici, ça ira plus vite, et puis après…
- Après, Femme trop belle ?
- Après, nous rentrons nous coucher !
- Yes Jenny, nous rentrerons ensemble !
- Oui Alex, nous dormirons ensemble."
Mardi 1er juillet 2008
18:04 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


Commentaires
Quel programme !
Bisous mutins Alex ;-))
Ecrit par : pseud | 04.07.2008
Elles sont toujours aussi belles, ces photos ...
Ecrit par : pseud | 04.07.2008
Hello Comtesse des cîmes,
C'est marrant, je pensais à toi ce matin,
j'avais la nostalgie de ta si tendre mutinerie,
toi qui savait si bien m'attendre...
Oui, j'aime bien les photos de ces femmes qui sont belles et qui savent transmettre de vraies émotions, tu sais bien que mon amour des femmes est une maladie sans vaccin.
Je t'embrasse tendrement
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 04.07.2008
pourquoi parles-tu au passé ? je t'attends toujours.
Tendresses de la nuit.
Ecrit par : pseud | 05.07.2008
Je sais Comtesse,
Tu es une femme,
tu es belle
et tu m'attends.
What'else ?
J'arrive !
A toi.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 05.07.2008
Je relève quelques mots dans tes commentaires
* nostalgie
* maladie sans vaccin
* j'arrive !
je ne voyais pas l'amour des femmes comme une maladie, mais pire ! une malédiction ! c'est un exorciste qu'il te faut, j'ai bien dit "un" pas "une" !!!
Baisers tendres d'une femme exorcisée .. je t'adore Jean.
Ecrit par : pseud | 05.07.2008
Hello Comtesse,
Si c'est une malédiction, j'assume mon statut d'homme maudit, je ne connaîtrai donc jamais le bonheur...
D'un autre côté, ça ne me dérange pas vraiment, car je n'y crois pas.
Et puis, ça m'occupe, tu sais, aimer les femmes, même si je n'en aime qu'une à la fois, c'est un vrai job à temps complet !
Quand tu me racontes des trucs bizzares, c'est sympa, mais quand tu m'embrasses, c'est encore mieux.
Ta tendresse me manque.
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 05.07.2008
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