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05.07.2008
Rêve de mère

« Allez Hayatt, raconte le marin sans rivage !
- Et bien mon grand père nous racontait comme ça que ce marin, un fier baleinier, encore jeune patron pêcheur…
- Il a été mangé par une baleine !
- Non Alex, c’est bien pire que ça ! Ecoute-moi bien : C’est la mer. La tempête l’a pris pendant qu’il dormait. En fait il ne s’est jamais réveillé.
- Comment est-ce possible ?
- D’après les témoins qui ont vu la scène, le bateau essayait de rentrer au port, il luttait à mort contre la folie de l’Océan jusqu’à ce qu’une grande vague le rattrape, le ramène en arrière, le retourne complètement et l’engloutisse d’un seul coup dans la fosse marine qui est à deux trois miles de la cote.
C’était un 23 aout. Tous les ans, on dit qu’il revient…
- Ah oui ! Il avait oublié quelque chose ?
- Oui on dit qu’il n’avait pas trouvé sa promise, avant de partir, là où il la retrouvait à la sortie de l’église… C’est triste, tu sais…
- Bon, alors on a perdu la fiancée aussi… Ah je comprends, elle est partie voir ailleurs la…
- Et bien la dernière fois qu’on l’a aperçue, elle était en costume traditionnel et elle se rendait derrière le cimetière, et après plus rien, elle a disparu pour toujours. C’est affreux, non, tu ne trouves pas ? »
Hayatt était si mignonne, là debout dans le vent, elle essuya ses grands yeux noirs, en essayant un sourire…
« Excuse-moi Alex, ce n’est pas ma faute !
- Oui mon Cœur, je sais, le vent, les embruns, cette beauté sauvage me donne le vertige.
Viens, Indienne, on va rejoindre les autres…"
Nous primes le sentier esquissé au milieu de la lande, qui nous amena à l’autre phare, le Wood End Light qui lui est relié à la terre ferme par un breakwater, une promenade de presque deux kilomètres de long.
Le paysage était exceptionnel, c’était comme si on était en haute mer. Quand on était là dominant l’immensité bleuté des flots, on comprenait mieux pourquoi les habitants appelaient Wood End l’Extrémité de la Terre !
A travers le parfum salin je voyais briller les yeux d’Hayatt, je suivais la démarche souple et ondulante de son corps bronzé, je me sentais bien, en vacances, de nouveau.
Je repensais à sa voix chaude qui me racontait l’histoire du Marin sans rivage. J’avais envie de la réentendre, de comprendre…En même temps, progressivement un rêve de la nuit précédente me revenait :
J’étais là avec ma chemisette mauve à rayures, blanches, vertes et violettes. Il faisait beau.
Il faisait chaud, 28° à l’ombre, il faisait bon. La mer était comme un lac, en plus clair, une sorte de bleu émeraude.
Je mis l’embarcation à l’eau, il me semble que c’était un voilier léger, type dériveur. La mer était si calme que je me voyais, je me sentais partir au bout du monde.
J’ai du m’assoupir ou penser fort à quelqu’un d’un autre monde.
Quand je suis revenu sur l’eau, j’étais assis sur le tableau arrière d’un canot en plastique.
sur le banc de nage, au milieu de l’esquif une jeune femme blonde à taches rousses grelottait de froid.
Elle se mit à farfouiller dans le coffre moulé en creux dans la coque arrière, à la recherche de chaussures.
Sa combinaison de plongée était bien trop grande pour elle, notamment le bas où ses pieds flottaient.
Attend, je vais regarder avec toi.
Je me levais et allai m’asseoir sur le banc à côté d’elle Ses cheveux longs et blonds étaient mouillés, défaits, elle était trempée.
Le coffre était pratiquement vide, il ne contenait rien pour la réchauffer. Son visage me bouleversait, je la pris dans mes bras et je la serrai très fort contre moi pour l’enlever au froid.
Au bout d’un moment elle leva vers moi son visage mince et ses grands yeux bleus apeurés.
Je l’embrassais éperdument, je léchais les gouttes salées sur ses lèvres, sa bouche était chaude, contre moi je sentais son corps se réchauffer.
Quand je revins à moi, j’étais dans une petite chambre aux murs transparents, à l’ambiance grise, légère, vaguement triste.
La femme que j’embrassais avait le nez pointu et le regard perçant, ce n’était plus la même, je ne l’avais jamais vu alors que j’étais sûr de connaître ma blonde inconnue. Et alors…
- Oui, et alors ?
- Et bien Jennifer était penchée sur moi. Machinalement, maladivement je tendis les lèvres pour attraper le bout d’un sein tendrement offert et je tétais goulument.
- Et alors ?
- Et bien elle me tint serré contre sa poitrine en ébouriffant mes cheveux et d’une voix basse elle me demanda :
Alors Alex, c’est bon, ils te plaisent mes seins ?
- Oui Jenny, c’est trop bon, tu sais, ils sont salés…
- Alors, c’était ça ! »
Et Hayatt éclata de rire en s’accrochant à mon bras.
Mardi 24 juin 2008
11:02 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

