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06.07.2008

Phantom of the sea

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Devant la grande maison en pierre, les filles rigolaient, les garçons blaguaient.

Awitelin assise sur un muret serrait la bride de ses sandales. Elle était superbe dans sa robe blanche légère.

Une large ceinture noire mettait en valeur sa silhouette aérienne et ses formes si féminines.

Hayatt s’approcha de moi, un large sourire illuminant son beau visage :

« Alors Français, elle te plait tant que ça ma cousine… Tu es accro aux femmes Navajo, hein Alex, c’est ton point faible ?

- Hayatt, tu es trop mignonne… Alors comme ça, tu es jalouse !»

La jeune femme piqua un fard et fit mine de me flanquer un grand coup de pied.

« Eh attend, Hayatt je t’en prie, tu vas finir par te faire mal ! »

Ses grands yeux noirs me fixaient, interrogateurs…

« Tu exagères quand même Alex, tu profites de la situation pour, pour… »

J’ai bien cru qu’elle allait me pleurer dans les bras.

« Mais Hayatt, voyons, je regardais juste les pieds de ta cousine…

- Tu regardais simplement ?

- Oui, enfin non, tu sais comment c’est… Bon OK, j’admirais ses pieds si fins, si gracieux, si…

- OK, ça va, on a compris, tu es complètement gaga avec ton fétichisme parisien !

- Ah !

- Oui, ça ne s’arrange pas !

- Oh Hayatt, tu es injuste, tu sais bien que si Jennifer n’était pas venu me chercher, je ou plutôt nous, enfin tu sais bien… »

Elle poussa un profond soupir.

« Oui, je sais. Tu m’aimes mais simplement je ne suis que la cinquante troisième sur la liste, what a pity ! »

Je lui pris la main et la portai à mes lèvres. C’est vrai qu’il y avait en elle quelque chose d’émouvant.

Même si sa silhouette était moins aérienne que celle de sa cousine qui avait des allures de danseuse Indienne ou de princesse du Sri Lanka, Hayatt était bien faite, mais en plus il y avait dans son regard mouillé, troublé, curieux, comme une flamme vacillante mais jamais éteinte.

Ses yeux noirs avaient un pouvoir étrange…

Elle posa sa main sur mon bras, en s’appuyant sur moi :

« Tu sais Alex…Le problème… ce sont les femmes… Non ?

- Hayatt, mon Cœur, je t’adore ! Tu viens, j’ai envie de voir le phare.

- Mais les autres sont tous descendus vers la ville…

- Et alors Indienne du 21ème siècle, qu’est-ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans une localité qui se résume à un boulevard en bord de mer, avec des restaurants et des boutiques à touristes ?

- Je ne sais pas Alex, les gens peut-être ?

- Ah oui, on va regarder passer les couples gays comme s’il s’agissait d’un défilé de cachalots !

- Alex, tu exagères !

- Oui toujours, c’est la règle chez moi. Allez viens, je suis venu pour respirer l’Océan les yeux dans les vagues pour…

- C’est bon, c’est bon j’arrive ! »

Cette fille là, avec ses grands cheveux noirs, elle avait un sourire à lézarder la muraille de Chine !

Au bout du chemin, le phare, comme une bougie sur l’Atlantique…Grandiose.

Le phare en briques blanches était d’accès libre, planté dans la lande. Une pancarte indiquait une première construction en 1826, puis la Tour actuelle, haute de trente huit pieds qui fut achevée en 1875.

Le phare a été automatisé en 1952 et l’entrée dans la tour est en principe interdite au public.

En fait dès qu’on était avec Jennifer, de près ou de loin, il semble que les règles habituelles ne s’appliquent plus. Aussi je ne fus pas vraiment surpris de voir un homme jeune, athlétique et bronzé sortir du phare pour venir nous saluer en nous proposant de visiter le Lighthouse.

Bien sûr il était habillé en noir et portait des Ray Ban.

Hayatt m’expliqua que c’étaient les gros durs de notre équipe de sécurité qui étaient logés là, car Jennifer ne voulait pas les voir au « Château »…

« Et bien dis donc, on mène une vie drôlement risquée, tu te rends compte Hayatt, une dizaine d’adultes abandonnés tous seuls dans une grande maison, comme ça !

- Heu…

- Ah, je me suis réjoui trop vite… Bien sûr, la normalité ce n’est pas pour nous…

C’est comme ce colonel là, cet Amiral où je ne sais quoi, c’est marrant il semblait parfaitement connaitre…

- Tout le personnel !

- Ah !

- Et oui. Enfin si ça peut te rassurer ils ont une solide qualification de personnel de maison, mais en même temps, ils appartiennent tous à l’Agence…

- Nom d’un… Loup ! »

Tout d’un coup, j’étais songeur. Et si finalement je rentrais dans ma petite bicoque de la modeste banlieue parisienne…

Un petit jardin, une maison sympa au toit pointu et caché derrière : un immense jardin, comme un début de forêt avec une centaine d’arbres, des oiseaux partout, à tous les étages, qui me parlent qui s’engueulent, qui houspillent la chatte obligée dignement de déguerpir…

Just un coup de blues, comme ça en passant.

« Et toi Hayatt et les autres, vous aussi vous faites partie…

- Non Alex, rassure-toi, je suis seulement ton amie et j’en suis assez fière… Non, je sais que ma vie a été épluchée, j’ai été interrogé, ainsi que ma famille. Je suis même passée au détecteur de mensonges…

- Dingue ! Comme dans les films !

- Non Alex, c’est pire.

- Mais pourquoi ils font tout ça, ce n’est pas exagéré ?

- Oui et non. Il faut voir qu’avec les élections à l’élection, ça chauffe pas mal en ce moment.

- Oui j’ai vu ça dans le Boston Globe. Il y a du tirage chez les Démocrates, hein ? je crois que la famille Kennedy soutient Obama contre les Clinton…

- Et bien oui, justement l’équipe de campagne de Barack Obama aurait bien vu Jennifer en colistière...

- Et oui, pourquoi pas ?

- Et bien elle a refusé tout net. Elle ne partage pas l’analyse de la famille et pense que seule Hilary pouvait gagner…

- Donc ?

- Donc elle a proposé que ce soit sa cousine Caroline qui s’engage dans ce combat là.

- Quelle famille ! Bon Hayatt, Sirène Cape Codienne, raconte moi une histoire horrible de marins disparus, de bateaux fantômes, de baleines volantes…

- Et bien c’est vrai. Tu as raison Alex, l'histoire du bord de la mer inclut également des naufrages et le sauvetage.

- Allez raconte !

- Et bien je me rappelle d’une histoire vraie, enfin qui a du arriver, que racontait mon grand père à Martha’s Vineyard.
Cela s’appelait :

Le marin sans rivage.


Mercredi 18 juin 2008