11.08.2008

Soirée

b11a28618b22d4e0a40eb08104354507.jpg

Rooftop cafe by Siennaf1

La soirée était gaie et animée. La nourriture servie au Rooftop Café était correcte et abondante.

Le patron nous proposa des chicken fingers accompagnés de fries, des shrimp scampi avec des spaghetti ou des steaks garnis de vegetable et potatoes, servis avec du garlic bread.

Comme j’avais envie de frites, je choisi les beignets de poulet alors que les filles prirent des écrevisses avec des garnitures variées, Jenny opta pour un assortiment de légumes, les deux garçons prirent des steaks et seule Kasey se décida pour le poulet accompagné de maïs frit.

Le tout arrosé d’eau glacée, d’un vin blanc du Maine qui se boit légèrement vert et d’un magnifique rouge de Californie qui me fit penser à un Gigondas au gout subtilement fruité.

Je n’avais jamais vu Jennifer aussi détendue, peut être l’effet du vin, les étoiles dans le ciel ou la pleine lune qui s’annonçait… Peut être ?

Je la regardais et j’admirais sa beauté si féminine. Je ne pouvais m’empêcher de lui sourire.

Maintenant qu’elle m’avait dit… qu’elle m’avait confié ses sentiments, c’est comme si enfin elle pouvait se relâcher, se libérer de toute cette tension qui l’accompagnait.

J’avais du mal à détacher mon regard de son corps bronzé mis en valeur par l’imprimé délicatement coloré de sa robe d’été courte et sans manche.

Elle portait des sandales à talon d’un vert pale qui me donnait encore plus envie de la douceur nacrée de ses pieds.

Elle était assise en bout de table, je me tenais à sa gauche, Kasey à sa droite et Hayatt était juste à côté de moi.

La discussion s’anima lorsqu’il fut question de comparer les mérites de la Californie, la Silicon Valley et l’Université Stanford, où enseignait Jennifer,

avec ceux de la région de Boston et ses joyaux que sont Harvard, le MIT ou encore le Boston Consulting Group.

Finalement, c’est Olena que le vin blanc rendait encore plus Slave qui mit tout le monde d’accord en exprimant son inclinaison pour Yale qui forma les deux derniers Présidents des Etats Unis.

Quand ils me demandèrent mon avis sur la primauté des pôles technologiques, je répondis par une devinette :

« Pour moi, le centre intellectuel du pays réunit un dieu des chiffres et une déesse des lettres !

- Ah !!!

- Bon pour vous mettre sur la voie, je peux vous dire que les meilleurs spécialistes des marchés financiers de New York et de Chicago sont issus de cet endroit…

- Trop facile ! » Cria Jenny.

« C’est Princeton » ajouta Kasey,

« où enseigna Einstein » précisa Angelo.

« Et aujourd’hui c’est là que Joyce Carol Oates règne sur la littérature anglaise »

dit fermement Hayatt en me regardant de ses grands yeux noirs brulants.

Je vis sa main avancer et se poser sur mon avant bras, mais je n’eu pas le temps d’être content, interrogatif ou excité car aussitôt la voix mélodieuse et décidée de Jennifer retentit,

pour me réclamer une larme de ce délicieux vin rouge qu’elle avait finalement envie de gouter, "peut être ! »
prit-elle le soin d’ajouter dans un éclat de rire cristallin.

Avant le dessert, l’intérêt général se porta sur le Maine qui me semblait un peu mystérieux, comme un trait d’union sauvagement froid entre le Canada et les USA.

Helen en bonne historienne nous rappela que le Maine avait fait partie intégrante du Massachusetts, avant d'obtenir le statut d’État en 1820.

L’octroi de cette faveur était destiné, à l’époque, à contrebalancer l’entrée dans l'Union de nouveaux États esclavagistes.

Pendant tout ce temps, Jennifer ne me quittait pas des yeux, elle avait légèrement décalé son siège en osier blanc, en arrière de la grande table,

puis avait négligemment décroché ses adorables sandales pour poser ses pieds sur le bord de ma chaise, puis sur mes cuisses, puis sous mon polo contre mon ventre…

Pendant ce temps, elle participait à la conversation générale où il était question de la nationalité de Marguerite Yourcenar, elle réglait l’ordonnancement des desserts avec le directeur et elle donnait les consignes pour le retour au responsable de la Sécurité…

Awitelin semblait se passionner pour l’auteur de L’œuvre au noir :

« Et toi Alex, tu la considères comme une écrivaine française ?

- Je ne sais pas trop, pour moi c’est une femme de la modernité, une habitante du monde qui était Belge de par sa mère et sa naissance en Belgique, elle était française de par son père et son enfance en France et elle était aussi américaine car elle a fini sa vie à coté d’ici, dans le Maine sur l'île des Monts-Déserts.

- Et elle a pris la nationalité américaine, ajouta Awitelin,

- Oui c’est vrai, je crois que c’était en 1947… »

Helen me regarda bizarrement :

« C’est aussi un symbole de la place prise par les femmes dans la littérature…

- Oui surement Helen, tu…

- D’ailleurs Marguerite Yourcenar a été la première femme élue dans votre panthéon des hommes de lettres…

- Oui assurément, cela a été un évènement considérable, même si personnellement, la lecture de ses œuvres ne m’a jamais emballé…

- Ca y est, le mauvais Français est revenu ! »

Je me tournais vers Jack qui ne pouvait plus s’empêcher de rigoler…

« Ok, Jack, j’avoue que je me suis réintéressé à Madame Yourcenar depuis que je suis fou de la Woolfette et que je baigne dans la civilisation anglo-saxonne.

C’est pour cela que 1937 fut vraiment une année charnière pour la « mère » d’Hadrien qui rencontra à Londres, Virginia Woolf, dont elle devait traduire The Waves.

Juste après, elle fit la connaissance de l’américaine Grace Frick avec qui elle s’installera en 1950 dans le Maine. »

A un moment, pour compter les desserts, Jenny s’était levé, notre tablée était bruyante et excitée, après avoir réussi à faire la synthèse des commandes de tartes et de desserts,

elle vint s’appuyer contre moi en posant un genou sur mes cuisses. Elle soupira :

« Viens, gentil Frenchie, viens me secourir…

- Jenny, Jenny, je t’adore et je veux te remercier pour cette délicieuse soirée, avec tous mes amis d’ici, c’était vraiment sympa, tu ne trouves pas ?

- Si c’est vrai Alex, tes amis sont vraiment agréables.

- Et puis tu as vu comme les filles étaient mignonnes ce soir, avec leurs robes de femme et toute la panoplie ?

- Ah oui, ta bande de grognasses !

- Mais comment ça Jenny, tu ne les aimes pas ?

- Si un peu ca va, mais enfin ce sont des filles, tu sais Alex ! Tu crois à l’innocence des filles toi ?

- Je ne sais pas Jenny, mais même Hayatt, tu ne trouves pas que… Elle, enfin…

- Ah non ! ne me parle surtout pas d’elle !

- Mais Jenny, pourquoi ?

- Elle est bien trop belle ! »

Vendredi 4 juillet 2008

Commentaires

j'ai appris avec étonnement hier soir que j'étais un spam sur ton autre blog aux tournesols... grrrr !
j'avais voulu retirer mon adresse mail, c'est sans doute pour cette raison, je suis déçue, mais déçue ...
sinon, bisous tristounets ... sous la pluie de plus ...
(je suis bien d'accord pour les grognasses ... *rrr*)

Ecrit par : pseud | 11.08.2008

Encore en train de râler...
Je sais, ce n'est pas de ta faute, tu es une femme !
Je ne comprends rien à ton truc de spam frite aux oignons.
Ton commentaire est très bien passé, que veux-tux de plux ?
Bisoux

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 12.08.2008

Hé vi ! dit-elle en rougissant ;-))

ça y est, j'ai enfin pu aller sur ton autre chez toi.

c'est toi que je veux ... et je t'aurai, dussé-je t'emmener dans un champ de tournesols à pied ...
tendresses, Jean-Alex puisqu'on est dans les x ...

Ecrit par : pseud | 12.08.2008

C'est une déclaration... d'intention ?
Je te préviens, si tu me veux, tu devras me donner tes petits pieds en premier. J'attends l'invite.
Baisers for you.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 12.08.2008

Ecrire un commentaire