12.08.2008

Night and other things

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Ralph Lauren Collection Printemps Eté

Après avoir dégusté un dernier café et bye-byer l’assistance je rejoignis Jennifer qui m’attendait au pied de l’escalier, les yeux brillant de fatigue.

Je gravis les marches derrière elle. Elle s’arrêta sur le palier desservant sa chambre.

Je me sentis devenir tout triste mais je n’eu le courage de rien dire, je baissais juste la tête, attendant la sentence…

Je sentais son parfum, son odeur, son corps, ses cheveux, sa peau. Je frissonnais. C’était triste et beau.

Elle s’accrocha à mon bras, je fermais les yeux pour ne pas voir venir le baiser d’adieu, mais rien ne vint, sauf le bruit de son talon sur le carrelage, comme un sautillement.

J’ouvris les yeux. Elle me fixait avec l’expression d’une petite fille prise en faute, le visage penché, ses magnifiques cheveux défaits, une sandale dans chaque main, elle s’avança sur la pointe des pieds.

« Oh, Alex, excuse-moi, ce sont des chaussures neuves tu vois…

- Oui mon Ange, je vois que tu souffres et cela me fait mal…

- Non ?

- Si, Jenny. C’est insupportable, tes pieds sont si…

- Tu es fou.

- Oui ! »

Ses yeux étaient remplis de larmes, elle me tendit la main, je la sentais plus qu’émue, fragilisée, mise à nu.

Mon cœur bouillonnait de joie, je l’attirais contre moi et je la tins prisonnière, abandonnée dans mes bras.

« Ca ira Jenny, tu veux que je te porte ? »

Ses yeux riaient de moi, elle prit ma main, la retourna et embrassa la paume d’un tendre baiser.

« Ca ira, merci Alex, tiens, prend-les ! »

Elle me tendit ses sandales en crocodile vert d’eau et elle s’élança dans l’escalier en relevant gracieusement les bords de sa jupe de soie.

« Quelles jambes ! »

Je montais les marches deux par deux, elle était déjà devant la porte de ma chambre.

« Mon Trésor, je n’ai pas bien entendu ce que tu disais …

- Ah ! Et bien, je parlais … au ciel.

- Oui, c’est ça, c’est bien ce qui me semblait, tu… Allez viens !

La chambre était accueillante, grande et calme. Les murs blancs étaient ornés de tableaux du 19ème, des paysages italiens et des marines de facture anglaise.

Jennifer marchait comme une chatte sur les tapis persans, rouge et or, qui mettaient en relief la patine des parquets anciens.

Elle me rejoint et s’appuya doucement contre moi, le visage contre mon épaule.

Je soupirais, plein de souvenirs me revenaient…

« Qu’est-ce que tu as mon Chou, tu as vu un fantôme ou quelque chose d’approchant ? »

Jennifer, riait. Elle était heureuse et sa joie me touchait. Ma mélancolie se fit plus douce.

« Et bien je pensais à une autre vie, dans les grands lacs du nord de l’Italie et…

- Tu es de la famille de Stendhal, alors ?

- Et une autre vie avant, sur une île qui était le Paradis, et…

- Et un fragment de vie avec moi au Cape Cod, tu crois que c’est faisable ? »

Elle éclata de rire et s’éloigna vers la salle de bains. Je la suivis de loin, mes yeux restaient accrochés à un point invisible, là-bas, dans les îles Borromée.

« Ouh la-la, c’est incroyable, incredible ! Alex !

- Yes mon Cœur, mon diamant, mon émeraude, ma…

- Mais quelle salle de bains, Alex ! Il n’y a rien ! Comment peux-tu vivre avec si peu ? »

Bon, c’est vrai, cela faisait un peu nu, mais la salle de bains était si grande aussi !

- Et bien ma chère, j’ai tout ce qu’il faut : une brosse à dents électrique, le dentifrice, le savon et un machin qui fait le shampooing, la douche et tout !

- C’est tout, tu n’as rien oublié ?

- Heu si, mon eau de toilette et le déodorant, ça ne suffit pas ?

- Et bien mon cher, c’est le nécessaire de survie dont tu me parles ! »

Et avec malice, elle ajouta :

« Moi qui croyais que tu étais un gentleman !

- Ah… Je ne savais pas Jenny. Excuse-moi si j’avais su… »

En fait je ne savais plus trop quoi dire, quoi faire ? Me cacher ? Plonger dans la cuvette des WC, la tête la première ?

« Allons, grand garçon, tu ne vas pas pleurer quand même ! Un Français, c’est orgueilleux, donc interdiction de verser une larme en public !

- Mais Jenny on n’est pas… Enfin, nous sommes juste tous les deux, non ?

- Si peut être, mais on répète !

- Ah, alors, ça me rassure.

- Bon c’est bien. Maintenant explique moi comment tu vas te raser demain matin, avec ta brosse à dents, c’est un modèle spécial ?

- Mais Jenny, je croyais que j’étais en vacances ! »

Jennifer qui se tenait face à la grande glace au dessus de la vasque du lavabo, se redressa et se tourna vers moi.

Un large sourire illuminait son visage de Princesse lointaine.

« Mon cher Alex, parfois tu te montres un peu trop intuitif. Just a little bit ! »


Dimanche 27 juillet 2008

Commentaires

tu écris bien ...

Ecrit par : pseud | 12.08.2008

Tu es gentille, ça me manque, mais en ce moment il y a trop de gens chez moi, trop de femmes qui ont des attentions pour moi, j'ai soif de calme, l'agitation m'étouffe.
Je t'embrasse, sans façon.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 12.08.2008

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