04.09.2008
Cranberry

L’arrivée des desserts fut marquée par des soupirs de joie. Je me contentais de grignoter quelques très bons biscuits au miel pour accompagner le champagne Mumm que Jennifer m’avait demandé de choisir.
Comme souvent quand j’étais heureux comme ça, j’avais envie d’écrire tout en sachant que je ne le ferai pas car je me sentais trop bien pour ça !
« C’est compliqué les hommes ! Tu ne manges pas de tarte Alex ? »
Kasey était debout à côté de moi, une part de tarte à la Canneberge à la main, elle louchait sur le plateau de biscuits, juste derrière mon assiette…
« Je suis désolé Kasey mais tu sais moi, les desserts !
- Ah oui, Frenchie, tu me donnes ta part alors ? »
La petite Indienne remuait son étonnante chevelure noire, elle souriait de toutes ses dents. Elle s’adressa à la très riche héritière :
« Tu permets Jenny ? »
Et hop, elle grimpa sur ma chaise et s’assit sur moi, face à la table. Je sentis aussitôt un fort courant de complicité s’établir entre elle et Hayatt qui était maintenant très réservée.
D’ailleurs, elle ne tarda pas à la solliciter :
« Bon Hayatt, toi qui es du coin, explique à nos gens des grandes villes pourquoi on nous sert des tartes aux Cranberries !
- Et bien c’est simple répondit Hayatt en rougissant, vous savez que la canneberge est un fruit au goût acide et astringent.
C’est l’un des trois fruits indigènes de la Nouvelle Angleterre avec les Concord Grapes et les blueberries. On en compte une centaine de variétés, y compris des baies blanches !
- Et oui dit Olena je me rappelle, il y a même une histoire avec les Pilgrims …
- Oui exact, continua Hayatt, les indiens Wampanoag leur firent découvrir ce qu’ils appelaient « sasemin ». L’offrande de sasemin était, pour eux, un symbole de paix. »
Je souriais à Hayatt :
« Et tes ancêtres ils les mangeaient comme désert les cranberries ?
- Non pas vraiment Alex, ils mangeaient le sasemin cru, réduit en poudre, ou mélangé avec de la farine de maïs et cuit sous forme de pain qu’ils appelaient le Pemmican,
une sorte de ration de survie qu’eux-mêmes et, plus tard, les colons emportaient pour les longs voyages.»
Awitelin qui dans la pénombre du soir ressemblait de plus en plus à une déesse Hindoue, interrompit sa cousine :
« C’était considéré comme un produit magique, non ?
- Et bien en fait on utilisait énormément le jus de sasemin : pour teindre les tapis et les couvertures, comme médicament pour calmer les nerfs et comme cicatrisant pour les plaies et blessures de flèches !
- Incroyable, c’est vraiment un produit miracle ! »
Je me tournais vers Jennifer :
« Tu te rends compte Jenny, tout ce qu’on pouvait faire avec des petites baies comme ça, c’est dingue !
- Oui mon chou, c’est étonnant, mais tu sais, on utilise toujours les propriétés antibiotiques du jus de cranberries, notamment pour combattre les infections urinaires. N’est-ce pas Hayatt, c’est bien à ça que cela sert ? »
Le ton de Jennifer n’était pas vraiment inamical, elle avait utilisé sa voix de velours mais son attitude était plus caustique qu’affectueuse…
Hayatt se retourna vers le haut dossier de sa chaise et se leva. Elle vint se planter tout contre moi, sa poitrine plantureuse à hauteur de ma bouche.
J’étais plus que troublé et je levais le visage pour tomber dans l’intensité de ses grands yeux noirs. Tout en me possédant du regard, Hayatt répondit à Jenny d’une voix retenue :
« Et puis c’est un produit parfait pour la ligne car c’est une baie, riche en vitamine C et en anti-oxydants qui est très peu calorique !
- Très bien Hayatt, je vous remercie de la démonstration, je m’en ferai des tartines au petit déjeuner !
Bon, tu viens Alex quand tu auras fini de gouter les produits laitiers, tu me rejoindras, je quitte l’étable ! »
J’étais scié, comme si j’y étais pour quelque chose, moi, quand même ! Hayatt, me sourit, complice :
« Tu vois, Alex, je crois qu’elle n’aime pas mes seins !
- Hayatt !
- Chut, Alex, vas la rejoindre. »
Je lui souris et n’eu pas le temps de lui dire merci qu’elle avait déposé un baiser humide sur mes lèvres et était partie en chantonnant pour se mêler à la gaité du groupe qui l’attendait.
Mercredi 9 juillet 2008
17:05 Publié dans Virginia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire