24.10.2008

UN HOMME MARCHE 18ème épisode

Terrasse.jpg




Paris, 31 mai,



Ce matin là, jour du Saint patron de San Pietro,

petit village niché au flanc des Abruzzes,

Giovanni Alberto, 11 ans, était parti vers la colline.



Son père et sa mère discutaient dans la suite,

Clara, la grande sœur, repassait son chemisier

et le chien, Diego, digérait ses spaghetti matinaux.



« Tu ne t’éloignes pas trop, Gianni ! »

lui cria sa sœur.

« Non, non, Claretta, je reviens dans cinq minutes ».



Le chemin était libre.

Il faisait bon.

Les oliviers parfumaient la campagne.



C’était le 12 mai.

D’après les journaux locaux, c’est à 9h30

que se fit sentir la première secousse,

suivie d’une vague d’ondulations et de plissements.



Gianni ne s’était pas trop inquiété.

Sur la petite colline du Mont Cassino qu’il gravissait,

l’onde de choc s’était heurtée à la base.



Il avait senti comme une grande ondée de vent chaud et de poussière

qui faisait plier les arbres en contrebas du sentier.

Mais, tout à son effort de robuste marcheur,

il ne se laissa pas distraire.



Après tout, il était petit fils de montagnard,

il ne pouvait donc qu’avancer.

L’air était de plus en plus sec

et c’est avec une grande joie qu’il atteignit le but de son escapade.



La petite terrasse ombragée où coule la source de la Madone,

dernière étape avant le sommet.


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